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  • : Gérard de Sélys, Réflexions, analyses et délires sur l'actualité et les médias.
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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 10:08

ARKITISSasbl

Description : LogoJ 

en collaboration avec

"Le goût d’autre chose "

 

propose :

Un stage d’écriture nourri par un travail corporel.

« Corps et Graphie »

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Quand le corps et l'écriture se déploient, se nourrissent, se questionnent, se jouent de...,

Corps objet, corps sujet de l'écriture.

 

La pratique corporelle sera en lien avec les consignes d’écriture :

Nous proposerons des allers- retours entre des moments de découvertes du corps et des temps d’écriture reliés à l'imaginaire.

 

 Nous passerons, en alternance, de la sphère individuelle de l'écriture,

 à une dynamique plus "collective" où seront proposées des activités autour du corps, à la portée de tous.

 

Georges Perrec, Valère Novarina, Régine Détambel, Pascal Quignard, Antonin Artaud… Nourries par ces auteurs les propositions d’écriture auront pour objectif d’amener les participants  à « éclairer le corps de leur écriture ».

 

 Mon corps est un enfant entêté, mon langage est un adulte très civilisé "Ce que cache mon langage, mon corps le dit …"

Roland Barthes, Fragment d’un discours amoureux.

 

 

Animatrices :

Cathy Gorjan (ateliers d’écriture)

Nora Touati (travail corporel)

 

NORA Touati : Description : Description : Macintosh HD:Users:katigorjan:Desktop:DSC_0046_pt-new+19-04-2012+20-04-23.jpg

 

Comédienne-animatrice, formatrice et éducatrice spécialisée, anime des ateliers culturels depuis de nombreuses années dans vos institutions, associations, dans les écoles au sein d’une équipe de médiation scolaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 16:47

justice2-copie-1.jpg

 J’ai écouté, ce samedi 12 mai, un reportage radio diffusé par la RTBF et enregistré dans une salle d’audience de la 20e chambre correctionnelle du tribunal de Charleroi. J’ai entendu la présidente du tribunal et le substitut du procureur du roi se livrer à des commentaires injurieux à l’égard des prévenus, jeunes ou paumés. Des propos dignes du parti le plus populiste, grossiers, insultants, formulés à la manière d’une conversation de bistrot après un match de foot controversé. En un français approximatif (c’est un euphémisme). Aucune humanité, aucun respect pour les prévenus, des peines disproportionnées (et les prisons sont sursaturées).

 

J’ai assisté à de nombreux procès intentés à des personnalités du monde des affaires. Ce qu’on appelle la « criminalité en col blanc ». Une criminalité qui coûte infiniment plus à la société que la criminalité ordinaire. Une criminalité portant un préjudice financier énorme à l’Etat et entraînant des désastres sociaux considérables. Juges et procureurs y étaient d’une politesse exquise et d’un « doigté » exemplaire. Leurs propos relevaient des manuels du « bon usage » et, sur la forme, s’alignaient sur le « Bon usage » de Grevisse. Ces prévenus là ne se faisaient généralement pas condamner.

 

Il existe d’autres formes de justice dans le monde. Des justices coutumières respectueuses. En général basées sur des jurys populaires proches du prévenu. Ne détruisant pas la vie des délinquants.

 

Cette « justice », notre justice, doit être bannie. Tout comme les prisons. Nos prisons.

 

 

 

 

Sur le site de la RTBF:

justice2.jpg"Un reportage de Jean-Christophe Adnet. Tous les lundis, au Palais de Justice de Charleroi, l'audience de la 20è Chambre Correctionnelle s’apparente à un véritable défilé de la petite délinquance urbaine. Petits voleurs, maris violents et trafiquants débutants se succèdent : ils comparaissent moins de 2 mois après les faits qui leur sont reprochés, dans le cadre d’une procédure accélérée.

Le reportage est un remontage d’une enquête menée pour le magazine télévisé " Devoirs d’enquête ".  Il fourmille de dialogues tragi-comiques, de répliques " à la Audiard " émanant de la présidente du tribunal ou  du  substitut du Procureur du Roi, Philippe Dujardin. Les prévenus se font littéralement sermonner, lors de réquisitoires musclés. Le magistrat refuse pourtant l’étiquette de " répressif "… Ce reportage révèle aussi que la justice accélérée est celle des exclus de la société, des marginaux, ce qui lui vaut le surnom de "Cour des Miracles" !"

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 14:55

 

Le propre du texte de presse est d'aller à l'essentiel, ce qui n'exclut pas une liberté de ton et d'approche.

 

Produire des textes courts de type éditorial sur les enjeux sociétaux actuels et développer la pratique de la lecture à voix haute, tel  sera le travail réalisé dans cet atelier d'écriture.

 

Cinq jours durant lesquels, par des applications ludiques, nous observerons la presse, découvrirons des démarches alternatives,  nous décortiquerons les  « règles » journalistiques, rédigerons des « billets » en accordant une attention toute particulière à l'accroche et la musique du texte.

 

Comprendre, écrire, lire, et écouter,  débutants ou non, toute personne adulte qui a  le désir, la curiosité et l'envie de découvrir les dessous de la presse et de s'essayer à cette forme d'écriture est la bienvenue.

 

Formateur : Gérard De Sélys, journaliste radio, réalisateur, auteur, coauteur et directeur de différents ouvrages collectifs, animateur d'ateliers d'écriture.

 

Dates : du lundi 09 au vendredi 13 juillet 2012

Heures : de 9h30 à 16h30

Lieu : Bibliothèque de Rixensart François de Troyer, rue Croy, 2 à 1330 Rixensart

Prix : 175 €

 

Organisé par le CESEPjournaliste1.jpg

 

 

 

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 15:09

 Croixgammee.jpgSi les seconds se sont ravisés, les premiers experts en psychiatrie à avoir examiné Anders Behring Breivik ont conclu à une «schizophrénie paranoïde», et donc à sa non-responsabilité. Ils se basaient notamment sur l’emploi, dans son manifeste politique, de néologismes — un symptôme fréquent dans ce type de pathologie marqué par une distorsion de la communication.

 

Mais les termes visés se rapportent en réalité au vocabulaire et à la culture politique de l’extrême droite. Ainsi de l’expression «national darwinist», bien présente dans cette mouvance. Si les «experts» témoignent ici de leur ignorance du discours et de la pensée de la droite extrême, ce n’est pas le cas de Breivik. Ses contacts avec ce milieu sont avérés. Par exemple, avec l’English Defence League : un groupe nationaliste polarisé par la lutte contre l’islam. Peu avant son acte, il a dès lors soin d’informer du sens de son combat, ceux qu’il considère comme sa famille idéologique. C’est ainsi que son manifeste atterrit dans la boite de courriel d’un député du Vlaams Belang. Après la tuerie, les groupes extrémistes prennent leurs distances. À un journaliste qui lui fait remarquer que Breivik écrit la même chose que lui, Filip Dewinter (tête pensante du Vlaams Belang) rétorque : «Non, sa lutte n’est pas la mienne. Mon arme est la boite aux lettres, son arme un fusil. La différence ne pourrait pas être plus essentielle» (Het Laatste Nieuws, 26 juillet 2011). Il est permis d’en douter : il est clair que l’écriture de Mein Kampf (1925) n’est pas étrangère aux exactions de la «Nuit de Cristal» (1938).

 

Apparemment clivé de ses émotions et peu capable d’empathie, Anders Behring Breivik n’est pas un modèle d’épanouissement. Pourtant, on aurait tort de le prendre pour un fou. En réalité, son épopée meurtrière s’inscrit on ne peut plus logiquement dans la radicalité de droite. Plus précisément, Breivik s’avère le prototype même du héros «schmittien». Pour éclairer cette affirmation d’apparence aussi abrupte qu’énigmatique, il faut évidemment rappeler qui était Carl Schmitt (1888-1985).

 

Théoricien réputé du droit, conseiller juridique du parti nazi, ce penseur (qui reste une référence pour nombre d'idéologues) évolue en fait dans le même univers mental que le tueur norvégien. Sa philosophie politique est essentiellement fondée sur la notion sociale d’«ami» et d’«ennemi» (Der Begriff des Politischen, 1932). Selon Schmitt, la notion de «politique» surplombe celle d’«État». Ce dernier, en effet, n’est jamais qu’une mise en œuvre particulière du politique dont la fonction spécifique, quel que soit son mode d’organisation, est d’assurer «la discrimination de l’ami et de l’ennemi». En dernière analyse, le pouvoir repose entre les mains de ceux qui peuvent désigner les ennemis. Concrètement, entre celles de tout qui peut enjoindre à quelqu'un d’aller en tuer un autre, au risque de sa propre vie. «Dans la situation extrême où il y a conflit aigu», précise Schmitt, «la décision revient aux seuls adversaires concernés ; chacun d’eux, notamment, est seul à décider si l’altérité de l’étranger représente, dans le concret de tel cas de conflit, la négation de sa propre forme d’existence, et donc si les fins de la défense ou du combat sont de préserver le mode propre, conforme à son être, selon lequel il vit». Notons qu'à la même époque, son compatriote le philosophe Martin Heidegger, ne dit pas autre chose (Vom Wesen der Wahrheit,1933-34).

 

Cette discrimination proprement vitale (car c’est l’«être» même qui est mis en jeu) devient problématique, on s’en doute, dès qu’il s’agit de désigner des ennemis de l’intérieur — c’est-à-dire protégés, la plupart du temps, par les mêmes lois que ceux dont ils troublent la quiétude identitaire (par exemple, les juifs allemands). En cas d’urgence, l’État ne tiendra donc plus compte des règles de droit qui protègent l’ensemble des citoyens : il proclamera des «lois d’exception» (ce qui fut le cas non seulement sous Hitler mais aussi sous Pétain). S’il est décidément trop faible pour ce faire, les plus résolus parmi les citoyens fomenteront un coup d’état ou réaliseront un coup d'éclat pour résoudre eux-mêmes le problème. C'est exactement ce que fit Anders Behring Breivik dont on peut imaginer qu'il avait sur sa table de nuit, à côté de la console de jeu où s’identifier inlassablement aux guerriers de Call of Duty (Modern Warfare 2), les œuvres complètes de Carl Schmitt. On comprend que, pour ce dernier, le politique s’étende loin au-delà du droit constitutionnel : il ne faut pas confondre, il est clair, légalité et légitimité. Pour le juriste nazi, celle de mettre les juifs hors la loi. Pour Breivik, celle de combattre le péril islamique.

 

Au plan psychologique, le journal de Schmitt (Glossarium, 1947-1951) révèle une personnalité interprétative plutôt morbide et un antisémitisme délirant. Du côté de l'écriture, l'œuvre a le mérite de la clarté et l'apparence du bon sens. Car un groupe ne survivra pas longtemps, il est vrai, s'il s'avère incapable d'identifier ses ennemis. C'est même pour cela - pour rendre compte de notre improbable survie - que les sciences humaines poussent la réflexion un peu plus loin que Schmitt et Breivik. Ainsi d'Edward Tylor, un des pères de l’anthropologie sociale, qui caractérise de façon lapidaire le dilemme des premières sociétés humaines, organisées sur le mode précaire de petits clans autorégulés : soit aller «se faire tuer au dehors», soit aller faire alliance en «se mariant au dehors» (Primitive Culture, 1871). Dans cette foulée, Claude Lévi-Strauss ramène le florilège infini des systèmes matrimoniaux traditionnels à la rigueur quasi mathématique de quelques structures d’échange (Les structures élémentaires de la parenté, 1949). Plus radicalement, il définit la «société humaine» en tant que système d'alliance et de coopération fondé sur l’échange, ce dernier étant garanti par la réciprocité. En pratique, l'éthique de la solidarité débouche sur une politique fondée sur la recherche des alliances plutôt que sur la désignation paranoïde des ennemis. Ce n'est pas un système naïf, car c'est précisément la dangerosité du monde et la précarité de l'espèce humaine qui lui fait choisir par principe la coopération. Au regard de la théorie des jeux, il se trouve que c'est aussi la meilleure des stratégies (Robert Axelrod, The evolution of cooperation, 1984).

 

Désigner des ennemis ou promouvoir des alliances, là réside l’opposition la plus radicale entre les sensibilités de «droite» et de «gauche». Mais, si celles-ci s’incarnent en mouvances politiques, leur clivage s’inscrit tout d’abord au cœur singulier de chaque existence. Tantôt tétanisé par la crainte de l’autre, tantôt mobilisé par la nécessité de s’y appuyer, l’être humain est couturé d’ambivalences. La fragilité du corps, le peu d’ancrage de l’identité, font le lit de sa xénophobie (sa peur de l’étranger). En période de précarité matérielle, de vacillement des repères culturels et d’affaiblissement de l’état de droit, cette crainte d’une altérité - ressentie à la fois comme trop proche, trop semblable et trop concurrente - peut mener à son extermination préventive — de même qu’à celle des «traîtres» à la nation. Breivik, de son point de vue, ne fit pas autre chose que de protéger l’«être norvégien» d’une mainmise fatale de l’islam. Ce pourquoi, sans être un monstre, il ne manifeste aucun remords. Or, le discours identitaire qui a nourri ce héros schmittien nous entoure de toute part. Faute de remise en question, la dérive du monde néolibéral excelle à faire surgir les boucs émissaires. Le voile, la viande hallal sont appelés à la rescousse. Tout comme le juif des années trente, l’«arabe» se voit sommé de prouver son innocence.

 

Dans l’espèce humaine - mieux vaut le savoir - rien de plus normal en même temps que de plus destructeur que la xénophobie. Dans le village planétaire - si nous voulons survivre - nous n’avons politiquement d’autre choix que la solidarité.                                                                                                                                                                   Francis Martens

in La Libre Belgique, avril 2012

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 12:17

 

Le soleil dégouline.

Les nuages passent vite et sans bruit.

Avez-vous déjà entendu le bruit des nuages?

Qu'ils courent, marchent, dansent ou sautillent

sur place, les nuages ne font jamais de bruit.

Le soleil dégoulinant, oui. Il fait le bruit des

gouttes frappant la fenêtre ou les bords de mon

chapeau. Il fait le bruit des feuilles et de l'herbe

arrosées. Le bruit de mes pensées frappées

par la grêle. Les nuages passent vite et sans

bruit dans un étrange ciel flanqué de soleil.

 

nuages2.jpg

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 18:28

 

BIENVENUE EN PALESTINE :
LE GOUVERNEMENT D'ISRAEL SORT LA GROSSE
ARTILLERIE!hiba-age-15-naplus.jpg

Ils sont plus d'un millier d'amis de la Palestine dans le monde entier (parmi lesquels des dizaines de Belges) à partir pour Bethléem ce dimanche afin de prendre part à un projet consacré au droit à l'éducation pour les enfants palestiniens, avec, notamment, l'inauguration d'une école internationale mais aussi la réfection de puits ou la plantation d'arbres fruitiers.

Ils veulent rencontrer leurs amis palestiniens, confrontés à une occupation de plus en plus dure, au nettoyage ethnique, à des crimes commis par des colons paramilitaires et par l'armée.

Ils sont invités par l'association EJE (Education, Jeu, Enfants) et 24 autres associations palestiniennes les attendent également, ainsi que le gouverneur et le maire de Bethléem. (http://goo.gl/kqcto).

Cette nouvelle mission a également pour but, comme la précédente, de revendiquer le droit d'entrer en Palestine et la libre circulation pour les Palestiniens comme pour tous ceux qui veulent leur rendre visite. Et ceci avec le soutien de nombreuses personnalités telles que Desmund Tutu, Nawal Al Sadaawi, Noam Chomsky, Nurit Peled, Jean Ziegler…

L'an dernier, lors d'une première édition de cette mission, Israël a bloqué plus de 300 personnes voulant se rendre en Palestine dans les aéroports européens. 127 participants à la mission ont également été arrêtés à leur arrivée à l'aéroport de Tel-Avis (hélas point de passage obligé) et incarcérés.

Le gouvernement d'Israël a déjà annoncé qu'il ferait pareil cette année. Il a annoncé qu'avec l'aide des gouvernements concernés, il ferait tout pour « identifier les activistes » et qu'il demanderait aux compagnies aériennes d’empêcher ces personnes de monter à bord. Et les compagnies aérienne ont déjà commencé à obéir : des passagers de la Lufthansa ont été avisés que leur billet est annulé  "sur ordre du gouvernement israélien" !

Israël organise déjà ses forces policières pour une présence massive à l'aéroport Ben Gourion.

Il n'épargne pas ses efforts pour intimider les amis palestiniens et israéliens qui soutiennent la mission. Comme l'an dernier, Israël traite les amis de la Palestine de hooligans et de fauteurs de troubles, alors qu'ils veulent simplement le passage vers Bethléem.

Israël foule aux pieds les traités internationaux, comme la 4e Convention de Genève, qui disent qu'il n'a pas le droit d'interdire l'accès à des personnes qui apportent les preuves qu'ils ne vont pas séjourner sur le territoire israélien.

Le député provincial Serge Hustache a réagi fermement auprès du ministre israélien de la sécurité publique. http://goo.gl/5w3ov

Mais que fait notre gouvernement (http://goo.gl/tzgRh) ? Au lieu de donner son soutien à la mission et d'oeuvrer pour que les participants puissent quitter la Belgique et s’envoler vers Tel-Aviv, au lieu de défendre leur libre passage vers la Palestine occupée, au lieu de protester fermement, de prendre des sanctions contre ces pratiques scandaleuses, au lieu - en résumé - de défendre le respect des droits des population et le droit international, il abonde dans le sens d’Israël en déconseillant aux membres de la mission de se rendre en Palestine, il préconise que les participants abandonnent la mission.

Pour faire face à la complicité du gouvernement et des compagnies aériennes, la mission Bienvenue en Palestine a besoin de vous !

- Envoyez un mail de protestation aux ministres des Affaires étrangères didier.reynders@mr.be et/ou contact.reynders@diplobel.fed.be et de la Coopération : Paul.Magnette@diplobel.fed.be

- Soyez présent ce dimanche à l'aéroport de Zaventem à 7 h du matin afin de protester au cas où certaines personnes ne pourraient embarquer. Ce qui se passe déjà en France maintenant, se reproduira probablement pour une partie du groupe dans les jours qui viennent ou à l'aéroport même. Nous ne pouvons pas accepter qu'Israël déplace ses frontières jusqu'en Europe !

- Tenez-vous prêts pour d'autres actions dans les jours qui suivent. Pour cela, vous pouvez envoyer un SMS mentionnant votre numéro de téléphone portable et votre nom au N° 0495 15 51 43. Vous serez inscrit(e) alors dans une liste d'alerte et vous recevrez si nécessaire des messages d'alerte pendant la durée de la mission "Bienvenue en Palestine". Ensuite, vous ne recevrez plus de messages (et le numéro ci-dessus ne restera pas en service).

- Suivez l'évolution de la situation sur les sites http://bienvenuepalestine.com et www.pourlapalestine.be ainsi que sur Twitter.

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 14:14

Le mardi 3 avril, Mohammed et Oumar m’ont confirmé que les 23 personnes en grève de la faim, qui avaient accepté dimanche ma proposition de me joindre à eux, ont changé d’avis.

Ils ne m’ont pas donné de longues explications.

Ils pensent que c’est peut-être dangereux, que cela pourrait bloquer encore plus la situation.

Ils pensent aussi que c’est un « sacrifice », que c’est trop dur et ça ils ne le veulent pas.

 

Jamal aussi, que je vois régulièrement, et Abdelmalek, qui loge depuis dix jours avec lui dans une minuscule chambre au deuxième étage du bâtiment que la VUB a mis leur disposition, m’ont dit aussi qu’ils ne veulent pas que je me joigne à eux.

 

Jamal a 20 ans, il est le plus jeune des 23 grévistes. Il a eu 20 ans le premier jour de la grève de la faim, le 14 janvier 2012.

Hier, vendredi 6 avril 2012, après 84 jours de grève, il est très faible, il a mal à la tête, au ventre, au dos. Il est aussi stressé et anxieux. Il me dit « je deviens fou » et un peu plus tard « je meurs lentement ».

 

Tous les grévistes ont mal, certains sont malades, ils sont tous affaiblis et restent couchés la plupart du temps, sauf Oumar et Mohammed, qui continuent à manger un peu (toujours en dehors du bâtiment où ils logent) pour assurer le contact avec le comité de soutien, et pour représenter les grévistes dans les manifestations et les délégations.

 

J’ai pourtant lu hier, vendredi, dans la version néerlandophone de Metro, le journal gratuit, que l’état de santé des grévistes est stable, qu’ils ne sont pas en danger de mort, qu’il n’existe pas de risque aigu.

Deux médecins de l’Office des Etrangers sont venus mardi 3 avril, et jeudi 5 avril, pour contrôler la situation. J’étais présente. D’autres, envoyés par Monsieur Paul De Knop, le recteur de la VUB sont venus aussi. Je ne les ai pas rencontrés. C’est leur « diagnostic » que le journal Metro répercute.

 

Je ne suis pas médecin, je ne me prononcerai donc pas à ce sujet. Mais depuis un mois, je vais régulièrement leur rendre visite et je peux témoigner que je les vois dépérir, devenir physiquement de plus en plus faibles, malades, et fatigués. Psychologiquement aussi, ils souffrent. Ils deviennent de plus en plus stressés, anxieux, profondément malheureux.

 

Cela n’enlève rien à leur détermination, je peux en témoigner aussi.

Ils ne veulent plus vivre sans droits, exploités dans le travail, dormant à la rue ou dans des squats, ou encore sous la coupe des marchands de sommeil. Ils ne veulent pas dépendre d’aide sociale, de Fedasil ou d’autres structures. Ils ne veulent plus avoir peur d’être dans l’espace public.

Ils veulent une vie normale. Ils continuent à demander le droit de vivre normalement, de travailler (un permis de séjour d’un an et un permis de travail).

Mohammed me dit souvent « nous ne demandons pas le paradis ni le diamant de l’Afrique du Sud… »

 

Je ne les connais pas tous.

Je croise souvent Moncef, qui comme Mohammed est plus âgé que la majorité d’entre eux, je crois qu’il a un peu plus de 55 ans. Il loge dans le couloir du deuxième étage et il apprécie qu’on lui apporte des journaux.

Je croise aussi Sayidou, Iriyasa et Abou. Tous les trois sont d’origine africaine. Ils partagent une chambre au rez-de-chaussée, à côté de la petite pièce qui sert de pièce d’accueil.

 

Sur les murs de celle-ci s’accumulent des extraits d’articles de journaux. Ils parlent de leur situation, de la grève de la faim, et de la situation générale des sans papier et de la migration en Belgique.

Il y a aussi quelques photos de certains d’entre eux… mais ils ont changé aujourd’hui.

 

La plupart des articles proviennent de la presse néerlandophone. Je ne comprends pas le silence de la presse francophone.

Je me pose beaucoup de questions.

Dont celle-ci : Qu’est-ce-qui est le pire, le silence de la presse francophone ou ce que je lis dans la presse néerlandophone, dans la majorité des cas, des approximations, des mensonges, des manipulations aussi, ou encore les avis d’experts, de politiciens ou de moralistes qui disent s’en tenir à la loi, et pour certains qui accusent les personnes en grève de la faim de « chantage » ou les soupçonnent de « jouer la comédie » ?

 

Une autre question m’est venue à l’esprit.

Que signifie « s’en tenir à la loi » ? La loi est-elle absolue, inébranlable ?

Dans notre pays, comme dans d’autres pays, on a pourtant aboli la peine de mort.

La loi peut, et doit sans aucun doute, rester « vivante »… adaptable, modulable.

Des « exceptions à la loi » sont-elles permises ?

Certainement. On en a vu dans plusieurs domaines.

Mais dans ce cas précis, par l’intermédiaire de Monsieur Roosemont, Directeur de l’Office des Etrangers, la Secrétaire d’Etat dit qu’il est hors de question de l’envisager ou même d’en parler.

 

J’ai rencontré aussi beaucoup de personnes qui soutiennent les grévistes d’une manière ou d’une autre.

Entre autres, Rita Van Obberghen, le médecin qui les suit depuis le début, et aussi beaucoup de jeunes hommes et femmes, néerlandophones et francophones, étudiants à la VUB, à l’ULB, ou dans d’autres universités ou écoles, Amandine, Alexandra, Neal, Lucia, Mara, Karen, Sophie, Kevin… et j’en passe.

Je les admire vraiment de donner, autant qu’ils le peuvent,  de leur temps, de leur énergie, de leur intelligence et de leur amitié.

Tous respectent la décision des 23 grévistes même s’ils souhaitent qu’ils arrêtent la grève de la faim et retrouvent la santé.

 

Et puis vient encore une autre question :

Où sont des organisations comme « La Ligue des Droits de l’Homme », « Amnesty Belgique » ou encore le « Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme » ?

Où sont les organisations syndicales ? Où sont les organisations religieuses, de toutes confessions ?

Si elles ont une opinion, pourquoi ne l’entend-on pas ?

Ne veulent-elles pas la faire entendre ?

Et si elles n’en ont pas, ne veulent pas en avoir, pourquoi ?

 

Comprenez-moi bien, je ne les accuse pas, et je trouve que leur travail ici en Belgique, comme à l’étranger, et bien sûr aussi hors des frontières de l’Europe forteresse qui a été construite et qui se consolide tous les jours, est très important.

Mais je trouve indigne que dans ce cas précis,  en ce qui concerne la problématique de l’asile et de la migration, par leur absence, leur silence, elles prennent de fait le point de vue du pouvoir.

Et dans le cas des 23 personnes en grève de la faim, à mes yeux, leur absence et leur silence a permis que la situation dégénère et soit devenue un véritable scandale.

 

J’ai honte.

Je sais que je n’ « y suis pour rien », que je veux de toutes mes forces un monde meilleur, que j’agis... Mais, comme d’autres je crois, aujourd’hui j’en suis arrivée à ressentir de la honte.

 

Pourtant, par dessus tout, je suis indignée. C’est plus fort que la honte et que la tristesse.

 

J’interpelle tous les indignés.

J’interpelle chacun qui accepte de se laisser interpeller.

 

Je vous le demande, faîtes tout ce que vous pouvez faire.

Ne laissez pas vivre dans l’indignité ou mourir dans l’indifférence des êtres humains qui sont à vos portes, sous vos yeux. Ne détournez pas le regard. Arrêtez vous quelques instants dans vos activités quotidiennes.

 

Comme vous, comme moi, ces personnes méritent la compréhension, le respect, la douceur, la compassion et la justice.

 

Laurette Vankeerberghen  (samedi 7 avril 2012)

 

grevistes.jpg

 

Les sans-papiers veulent VIVRE!

 

De mensen zonder papieren willen LEVEN!

 

 

Il y aura une manifestation ce mercredi 11 avril 2012.

 

Départ à 16h, 115 bd de Waterloo (un peu plus haut que la Porte de Hal) devant le Cabinet de la Secrétaire d’Etat à l’Asile, la Migration, l’Intégration sociale et la Lutte contre la Pauvreté, adjointe à la Ministre de la Justice.

 

Fin au siège du Parti Socialiste, bd de l’Empereur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 13:18
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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 14:45

partisans2.jpgLe Traité de L’union Européenne (T.U.E) tue.

Pour la première fois de l’histoire, un pays, la Grèce, risque de faire faillite. Comme une simple entreprise. Or, un pays n’est pas une entreprise. Il n’a pas pour mission de faire du chiffre d’affaires et du bénéfice.

 

Qui en est responsable ? La dictature européenne. La dictature composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Conseil des ministres européens aux bottes du FMI, de la Banque Mondiale et de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce). Tous aux bottes du monde des affaires. Dirigés par le monde des affaires.

 

L’Etat social (et pas socialiste) belge fait faillite. Il vient de renoncer à dépenser 70 millions d’euros pour la construction d’un Centre Sportif de Haut Niveau. Et tant pis pour la promotion du sport chez les jeunes. Bientôt il renoncera à l’enseignement  public, au financement des hôpitaux, des CPAS, de l’ONEM et des pensions des retraités de l’Etat. Il réduira drastiquement le financement des ministères (dont le  ministère des Finances, le seul à pouvoir traquer la fraude fiscale). Le gouvernement belge « dégraisse », comme une entreprise en difficulté. Avant de faire faillite. Le curateur mettra alors ses biens en vente au meilleurs prix pour l’acheteur les banques.

 

Préparons-nous à la résistance.

Ami, entends-tu les cris sourds des pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 20:09

« La  plus grande folie est d’accepter le monde tel qu’il est et de ne pas se battre pour un monde tel qu’il devrait être. »

Jacques Brel

 

« Tout ce qui  peut être compté ne compte pas nécessairement et tout ce qui compte ne doit pas nécessairement être compté. »

Albert Einstein

 

Ce n’est pas un livre, c’est un outil d’émancipation. Ce n’est pas un livre, c’est une arme, si l’on tient la connaissance pour une arme.

 

C’est le cas de « Comment osent-ils, la crise, l’euro et la grand hold-up » de Peter Mertens et David Pestieau qui vient de sortir en français (Ed. Aden, Bruxelles, 323 pages, 20 €).


Extraordinairement documenté. On y apprend entre autre l’immonde cynisme des « grands » politiques et économiques de ce monde autrefois qualifié d’occidental. Les auteurs nous apprennent comment les dirigeants de ce monde ont mené une « révolution silencieuse » (c’est ce qu’ils disent fièrement eux-mêmes) ces dernières années et envisagent même d’instaurer des dictatures pour se faciliter la tâche d’imposer des « plans d’austérité » partout où il le faut pour sauvegarder le système capitaliste en pleine déconfiture. « Nous avons besoin de suspendre quelques principe démocratiques pendant dix-huit ou vingt-quatre mois afin que des décisions difficiles puissent être prises. »

 

Si vous cherchez à comprendre la crise actuelle, la manière que le « système » emploie pour essayer vainement d’en sortir, les « petits pas » discrets sinon secrets (la grande presse n’en parle pas, les journalistes étant majoritairement complices), qu’il effectue pour y parvenir, tout se trouve dans ce livre, clairement exposé, sans dogmatisme et très respectueusement à l’égard du lecteur.

 

J’ai publié moi-même quelques livres « prémonitoires » paraît-il, sur l’Europe, les privatisations, la marchandisation de l’enseignement mais je n’y proposais pas, comme dans « Comment osent-ils ? », de pistes pour en sortir.

 

Peter Mertens a la grande qualité d’en suggérer (socialisme 2.0) sans marteler de certitudes . Et ce qu’il suggère, c’est que nous nous y mettions tous. Avec un livre-outil de cette ouverture intelligente nous ne pouvons faire autrement que nous y mettre. Tous ensemble, comme il le propose. Je souhaite que ce livre soit lu en Tasmanie, au Zimbabwe, en Terre de feu, au Tibet, au Canada, en Croatie, il peut être compris partout et être le même puissant outil pour tous.

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PS : Je déplore la page de couverture. Le sourire « à la Joconde » de Peter Mertens est assez rébarbatif. Allergique au « culte de la personnalité », je ne comprends pas ce choix. Mais passons, le contenu est un admirable travail.

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Published by gerardselys
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