Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Gérard de Sélys
  • Le blog de Gérard de Sélys
  • : Gérard de Sélys, Réflexions, analyses et délires sur l'actualité et les médias.
  • Contact

Recherche

Liens

16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 11:27

  Honte à vous, Jean Charest

Honte à vous pour vos paroles et vos décisions. Mercredi soir, c’est un homme ordinaire, faisant partie de la manifestation de rue à Montréal et qui avait l’âge d’être le père d’un des jeunes présents autour de lui, qui a eu les mots justes pour commenter votre décision entêtée de continuer à jouer les matamores en refusant d’entendre l’appel au secours des grévistes. Il a commenté votre coup de force législatif en disant qu’« un gouvernement qui a les deux mains sur le volant et qui ne voit pas les milliers de personnes qui sont dans la rue… est dangereux. » Je le crois aussi.

Il aurait probablement suffi qu’au lieu d’éparpiller des sommes d’argent importantes pour améliorer les prêts et bourses, de semer des millions pour améliorer des points que les étudiants n’avaient pas soulevés, vous preniez le temps de vous asseoir avec eux pour parler de leurs préoccupations et de chercher, avec eux, un terrain d’entente qui aurait pu satisfaire les deux parties. Ça se fait chaque jour, dans toutes les petites décisions familiales. C’est Léo Bureau-Blouin qui l’a souligné avec à propos en disant qu’« un bon père de famille, quand il a des problèmes avec ses enfants, n’appelle pas la police à la maison pour les régler. Il s’assoit avec ses enfants pour en parler ». Léo, avec ses 20 ans, a plus de sagesse que vous. Ce qui n’est pas sans effet sur la réaction du public.

 

Je comprends bien que ce que le Québec vous a fait vivre ne doit pas vous rendre très heureux chaque jour. Les Québécois vous ont dit, de façon retentissante, qu’ils ne vous aimaient pas et qu’ils n’avaient pas confiance en vous. Ils vous ont demandé de partir, de façon assez brutale, et la relation de confiance continue d’être à son plus bas. C’est sûrement difficile à accepter pour un homme aussi orgueilleux que vous l’êtes, qui pensait bien avoir réussi à atteindre sa propre « inaccessible étoile » et être devenu une sorte d’intouchable en s’accrochant au sommet. Hélas, ce n’est pas ce qui se produit.

 

Vous avez réagi en vous promettant de bien montrer aux Québécois de quel bois vous vous chauffez. Votre colère s’est abattue sur nous sans retenue. Vous tirez visiblement du plaisir à nous faire mal et à nous diminuer. Votre mépris exprimé de toutes les façons possibles et sur toutes les tribunes quand vous parlez de ce peuple qui, selon vos prétentions, n’a pas su vous reconnaître les qualités exceptionnelles que vous vous reconnaissez vous-même, en est la preuve flagrante. Votre orgueil vous donne envie de régler des comptes. Ce que vous faites en pensant peut-être que nous ne nous en rendons pas compte.

 

Vous faites la « job de bras » à Québec, dans la foulée du rôle que vous avez joué lors du deuxième référendum sur la souveraineté du Québec, comme Stephen Harper fait la « job de bras » à Ottawa parce que nous avons voté NPD. Nous sommes coincés entre les deux.

 

Il se lève dans nos rues une toute nouvelle génération de jeunes qui n’ont pas peur de vous. Ce sont les enfants des parents, et parfois même des grands-parents, qui sont restés avec la Crise d’octobre 1970 de travers dans la gorge. Le Québec a découvert qu’il a une mémoire et que son « Je me souviens » n’est pas juste une phrase vide.

 

Je ne connais pas les gens qui vous conseillent en ce moment, mais je vous assure que vous auriez tous intérêt à venir marcher un soir, dans la rue, avec des milliers de jeunes qui réclament « leur juste part » de cette société si mal foutue qui est la nôtre et qui partageraient volontiers avec vous des idées pour arriver à un meilleur équilibre. Mais je sais que vous ne viendrez pas. Comme je sais qu’il n’y a pas d’abonné au numéro qu’ils ont composé.

 

Je ne sais pas si vous arrivez à dormir la nuit. J’espère que non. Moi, après votre conférence de presse annonçant votre décision d’imposer une loi spéciale à nos enfants, j’ai repassé dans ma tête tous les premiers ministres que j’ai connus. J’ai 80 ans. J’en ai connu plusieurs. Quelques insignifiants, sûrement. Des brillants ? Quelques-uns, mais en moins grand nombre que les précédents. Mais j’ai le regret de vous annoncer que vous êtes le pire ; c’est à se demander si vous avez du coeur.

 

Vous n’aimerez pas cette chronique. J’en suis bien consciente. Alors, si mon droit d’expression vous dérange tellement, je vous pense capable de vouloir me faire taire. Comme dit la chanson : vous pouvez m’envoyer vos policiers. Dites-leur « qu’ils pourront tirer, car je n’aurai pas d’arme ».

 

Les blessures que vous laisserez dans notre peuple, M. Charest, seront longues à guérir. Mais j’ai la certitude que nous y arriverons. Je suis heureuse de savoir que la relève est debout. Ça ira plus vite.

Quebec-13juin1.jpg

Carte rouge de Lise Payette publiée par Le Devoir

 

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 12:27

Carrés rouges, vos papiers!

 

Quebeccontroles.jpgSont-ils réels, ces contrôles d’identité dans le métro pour les porteurs de carrés rouges, dont on entend parler depuis le début du Grand Prix de Montréal? Ceux qui affichent être contre la hausse des frais de scolarité se font-ils désormais fouiller, inviter au poste de police le plus près, comme on le raconte sur les réseaux sociaux depuis plusieurs heures? Samedi, deux journalistes du Devoir ont entrepris de tirer l’affaire au clair en épinglant sur leur poitrine des  carrés rouges avant de s’engouffrer dans la gueule du métro. Résultat? Interpellation rapide, détention pour fin d’enquête. «On fait juste ça, du profilage criminel», a indiqué de suite un des agents du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) lors de la fouille de nos journalistes.

Samedi, 13h50: Sous le plein soleil, les journalistes Raphaël Dallaire Ferland et Catherine Lalonde se retrouvent Place Émilie-Gamelin. Sacs au dos, ils s’épinglent chacun un carré rouge, elle ajoute de plus un carré noir. Lui porte un foulard, rouge, autour du cou, ample, qui laisse son visage à découvert. Elle, sous le bras, trimballe deux grands cartons blancs. Des pancartes? Même pas, ni des affiches. Juste deux larges cartons, vierges. Direction: métro Berri-UQAM.

Dans le métro, avant d’accéder au quai, Raphaël se fait interpeller. Quatre policiers demandent à fouiller son sac «pour raisons de sécurité.» Les agents du SPVM sont fermes et courtois. «On fouille tout le monde, indique l’agente Norbert, parce qu’on s’est fait lancer des bouteilles de bière en feu hier. On a même fouillé un gars qui avait sa poche de hockey.» Pourtant, Catherine est passée sans problème.

Sur les quais du métro, quelques minutes plus tard, nos journalistes, toujours non identifiés, demandent à une demi-douzaine de personnes, de tous âges, portant des sacs plus gros que les leurs, s’ils se sont fait fouiller. Cinq répondent non. Le seul qui a vécu la même expérience est un jeune homme, dans la vingtaine, qui portait le carré rouge au moment où il s’est fait intercepter.

Direction: Parc Jean-Drapeau, sur l’île Sainte-Hélène, où se trouve le site du Grand Prix de la F1. La présence policière est très, très forte. Un agent par wagon de métro, au moins une demi-douzaine à la sortie, certains criant le chemin à suivre pour assurer la fluidité de la circulation. Trois camionnettes de la police sont bien en vue, collées sur les portes du métro. Impossible de faire quinze pas sans croiser un nouvel agent. La foule est dense, familles ou groupes d’amis se dirigent vers l’entrée officielle, plusieurs avec une glacière au bout du bras. Les journalistes, toujours incognito, suivent ce flot sur quelques mètres.

En retournant vers le métro, histoire de rebrousser chemin, les deux journalistes croisent François Arguin, 37 ans, microcaméra au poing, qui filme, dit-il, toutes les manifestations depuis l'adoption de la loi 78, et qui les aborde, étonné de voir des carrés rouges en ce lieu. «Moi je n’ai pas mis le mien exprès parce que je voulais pouvoir filmer sans problème.»

Quelques mètres plus tard, à quelques secondes des portes du métro, plusieurs policiers enserrent le trio, qui poursuivait sa marche, «pour fouiller vos sacs et vous demander de répondre à des questions». Deuxième fouille, donc, en moins de quinze minutes. Un groupe d’agent est formé autour de Raphaël Dallaire Ferland et Catherine Lalonde, un autre autour de François Arguin. Ils sont, en tout, seize agents pour trois individus. L’attitude, pour la même intervention, est beaucoup, beaucoup plus nerveuse que celle adoptée par les agents qui patrouillaient le métro.

Les journalistes coopèrent, mais retournent une question pour chacune qu’on leur pose. Pourquoi nous fouiller? «Parce que vous arborez un signe révolutionnaire», répondra un agent, visiblement excédé, «pis parce que je suis tanné du monde comme vous.». Il porte une gaze à l’avant-bras, qui semble protéger une blessure. Pourquoi nous? N’est-ce pas du profilage? «On fait juste ça, du profilage criminel», poursuit le même agent. Le parc Jean-Drapeau ne serait plus un lieu public ? «Aujourd’hui, c’est un lieu privé ouvert au public,» enchaîne un autre, sortant des sacs une mangue, un programme de saison de danse, des carnets de notes, des stylos. Rien d’illégal, rien qui ne laisse présager aucune intention criminelle. Pourquoi ne pourrions-nous pas en être? «Les organisateurs ne veulent pas de vous ici.» Le SPVM, aujourd’hui, répond donc aux besoins et désirs des organisateurs du Grand Prix ? «Tout à fait,» dira le matricule 5323, le répétant fièrement une deuxième fois lorsqu’on lui redemandera.

À la demande des journalistes, les deux principaux agents donnent leurs numéros de matricule, insistant pour qu’on les écrive. «Prenez-les, vos notes, pour la déontologie pis toute. Vous appellerez mon patron, monsieur Simoneau, il va être content de vous entendre dire que je fais une bonne job. Envoye, Préfontaine, donne-le ton matricule toi aussi, t’es-tu game?», nargue le matricule 5323, qui ne semble pas craindre un seul instant le moindre recours. Un seul agent, après avoir donné son numéro, ajoutera plus humainement «Moi c’est Stéphane.

Les agents demandent aux journalistes de s’identifier. État d’arrestation? «Vous allez rencontrer un enquêteur, à cause de vos intentions criminelles.» Était-ce la bouteille d’eau découverte dans le sac qui dévoilait quelques volontés malveillantes ? Ou le pull ? Pourquoi des intentions criminelles ? «Arrête de nous écoeurer avec tes questions,» sera la réponse dont on devra se contenter.

Pas besoin d’aller au poste, l’enquêteur est sur place. Direction: un carré d’herbe juste devant la Biosphère, transformée en poste de police en plein air. Un homme y est menotté, un drapeau fleurdelisé chiffonné entre ses mains. Une jeune femme, menottée, mais souriante, se joindra plus tard au groupe. François Arguin survient, escorté, en colère: ses menottes le font souffrir, on lui a confisqué sa caméra. «On ne sait pas ce qu’il va faire avec ses images», indique un agent. «Par une journée comme aujourd’hui, ça suffit pour être envoyé chez l’enquêteur», précise un autre. On oblige Arguin à s’asseoir, sans lui demander de le faire, en lui pressant fermement l’abdomen. «Man, c’est comme un camp de concentration light, icitte.» L’agent blessé au bras monte le ton: «Tu penses que c’est ça, un camp de concentration ? J’ai eu de la famille, moi, dans des camps de concentration, t’as aucune idée de quoi tu parles. Ça n’a rien à voir, parle pas de ça.» Un gradé surgit, et un des agents nous indique que voilà le patron et enquêteur. On en déduit qu’il s’agit de Simoneau. Arguin continue d’essuyer la colère de l’agent. «Je peux-tu lui montrer c’est quoi, un camp de concentration ?», demande ce dernier à son chef. Réponse: «Non. Y’a des caméras.»

Attente. Les journalistes tentent de connaître l’état de leur situation. Il leur faudra insister à de nombreuses reprises, en appeler de leurs droits pour arracher un «vous êtes détenu pour enquête.» Après une dizaine de minutes, on les informe qu’ils ne seront «pas détenus, finalement. Nous allons vous expulser du site. Vous pouvez juste prendre le métro vers Berri ou Longueuil.» À partir de ce moment, l’attitude des policiers change, beaucoup plus pondérée. Arguin se fait remettre sa caméra. Les agents ont effacé, sans son consentement, les images qu’il avait prises sur le site. Pourquoi cette libération soudaine, après la prise d’identités des journalistes ?

Le trio est escorté jusqu’au métro par trois agents. On entend le Matricule 3121, au téléphone, en chemin, dire à son interlocuteur «aucun détenu sur les trois. J’suis déçu.» Ce n’est qu’au sortir du wagon, métro Berri-UQAM, que nos journalistes sentent qu’ils ont récupéré leur pleine liberté de circuler.

 

Article de Catherine Lalonde et Raphaël Dallaire-Ferland

publié par Le Devoir le 11 juin 2012

 

Photo : La Presse canadienne (photo) Luca Bruno

 

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 17:33

L’indice du bonheur mondial (IBM, ce n’est pas une blague), invention de l’ONU et de l’OCDE entre autres, déclare que les Belges sont parmi les plus heureux du monde. Nos médias et monde politique s'en sont félicités, congratulés et réjouis il n'y a pas si longtemps.

Voici un extrait du rapport le plus récent de l’IBM:


« La Belgique figure en 20e position du classement du bonheur dans le monde. Les Belges connaissent ainsi en moyenne 57,7 années de félicité au cours de leur vie. Le bonheur progresse de quelques mois dans le pays par rapport à l'enquête de 2008 du professeur Ruut Veenhoven. « 

Les atouts du pays

 Traversé par une crise politique et identitaire depuis plusieurs années, la Belgique peine à retrouver une stabilité. Les rivalités entre Flamands et Wallons pénalisent sa vie économique mais aussi son climat social. Sa croissance doit encore augmenter cette année (2011) de 1,7%. Côté indice de développement humain, la Belgique bénéficie du 18e indice le plus élevé du monde à 0,867. Il signe la performance de son système scolaire, plus de 10 ans de scolarisation en moyenne, et de ses équipements de santé.    

Nombre d'années de bonheur : 57,7 années

Espérance de vie : 80,3 années »


Fadaises !


Des chercheurs se sont penchés sur l'état de bien-être psychologique de la population en Belgique francophone pour le compte de Solidaris Mutualité socialiste. La RTBF et Le Soir publient les résultats de cette étude, véritable instantané de l'état du moral de la population en Wallonie et à Bruxelles.

Habituellement, on sonde les gens sur leur moral par rapport à la société en mettant l'accent sur la situation économique. Cette étude se veut plus vaste: elle interroge tous les aspects de l'existence, le monde du travail, les relations personnelles et affectives, la famille, les grands enjeux de société...

Clairement, les réponses des sondés indiquent que leur moral est en berne et que notre société est de plus en plus anxiogène. Et cela s'aggrave depuis 5 ans, selon les auteurs de l'étude.

Trois personnes sur quatre confrontées à l'anxiété 

Seul un(e) Belge francophone sur quatre ne ressent aucun mal-être et ne se sent jamais anxieux(se), angoissé(e) ou déprimé(e), nous apprend d'emblée cette étude.

Les autres sondés expriment des intensités de mal-être et de souffrances psychiques variables. Mais un sur dix exprime un profond mal-être permanent.

Cette proportion est nettement plus élevée :

• Parmi les demandeurs d’emploi – parmi eux, près de quatre sur dix expriment ce mal-être profond permanent

• Davantage parmi les femmes que parmi les hommes

• Plus le revenu est faible, plus ce mal-être est palpable (évolution linéaire)

Mais il est moins élevé parmi les 61 ans et plus.

Un Belge francophone sur deux traverse un état dépressif 

Ca, c'est le ressenti. Interrogés au moyen d'un formulaire standardisé utilisé par les professionnels de la santé, les Belges francophones semblent en effet un peu moroses: 5% des Belges francophones sont dans un état dépressif sévère ou modérément sévère. S’y ajoutent 11% qui sont en état dépressif modéré et 34% en état dépressif léger.

En d'autres mots, seuls 50% vivent hors d’états dépressifs. Et chez les demandeurs d'emploi, on trouve 22% de cas de dépression, à mettre sans doute en rapport avec le peu d'offre d'emploi par rapport au nombre de chômeurs, commentent les auteurs de l'étude.

A titre de comparaison, en Allemagne, on compte 3,6% de dépressifs modérés, et 4,6% aux Etats-Unis.

12% ont déjà pensé au suicide, 8% l'ont tenté 

Par ailleurs plus d'un Belge francophone sur dix a déjà pensé à se suicider et les deux tiers d’entre eux ont tenté de passer à l’acte. 8% de personnes ayant tenté de mettre fin à leurs jours: c'est alarmant quand on sait qu'il y a dix ans, on en comptait 3%, disent les auteurs.

Parmi eux on retrouve des catégories à risques déjà évoquées: les demandeurs d’emploi, davantage les femmes que les hommes et également davantage parmi les familles monoparentales. Et les jeunes sont très touchés: 18% de tentatives chez les 18-25 ans.

Avec 700 suicides aboutis en Wallonie chaque année, on est loin au dessus des chiffres de la Flandre ou des Pays-Bas, relèvent les auteurs de l'étude.

L'économie et nos proches nous préoccupent 

Deux choses ne rassurent vraiment pas les Belges francophones: moins d’un sur dix a confiance dans le système économique et financier ainsi que dans la capacité d’action des dirigeants politiques. Et une majorité exprime même une méfiance totale.

Le système économique et financier offre le moins de fiabilité à leurs yeux (seulement 4% lui font confiance), suivi du monde politique (peu populaire: 7% croient qu'il va agir dans le bon sens, le reste se partage entre mitigés et défiants).

Parmi les jeunes – moins de 36 ans –, cette méfiance est encore plus répandue.

L'avenir ne semble pas rose: une large majorité pense que la crise économique va encore durer et encore plus parmi les étudiants.

L'autre sujet de préoccupation, ce sont les proches: les enfants et les parents.

Une large majorité de ceux qui ont des enfants – six sur dix d’entre eux, surtout chez les demandeurs d’emploi et les familles monoparentales–, sont vraiment très inquiets de l’avenir de leurs enfants, notamment pour ce qui est de la qualité de l'enseignement, pour les résultats scolaires et à cause de la difficulté de dialoguer. On note que le risque qu'un enfant ait un accident grave en voiture inquiète une majorité des sondés (63%).

Le suicide chez les enfants est une autre des préoccupations majeures: trois parents sur dix craignent le suicide d’un de leurs enfants, surtout les parents d’adolescents et davantage les mères que les pères.

Les enfants se préoccupent aussi de leurs parents. Plus de six sur dix sont très inquiets face au risque de dégradation de la santé de leurs propres parents et la grande majorité de ceux-ci ajoutent une autre angoisse : l’incapacité dans laquelle ils seront d’avoir les moyens pour s’occuper d’eux quand ils en auront besoin.

Plus le revenu est faible, plus ce sentiment d'être démuni pour s'occuper de ses parents quand ils en auront besoin est élevé.

De plus en plus de soucis au boulot 

Troisième grande source d'anxiété: le risque de déclassement social, en clair la perte de son emploi et le risque de sombrer dans la précarité.

De quatre à cinq personnes sur dix vivent fortement cette inquiétude. Plus le revenu est bas, plus cette angoisse est palpable. Parmi les femmes cette angoisse forte en touche une sur deux. Constat intéressant : la peur de sombrer dans la précarité touche toutes les classes d’âge, alors que la crainte de la perte de son emploi se réduit lorsque l’on vieillit.

Pour les auteurs de l'étude, on peut parler d'"insécurité sociale".

Autres raisons d'angoisser: le risque de se retrouver seul(e) dans la vie inquiète une personne sur deux, la violence, petite délinquance, vandalisme et incivilité, sont redoutés par six personnes sur dix. Les soucis de santé et les grands thèmes de société inquiètent aussi fortement de quatre à cinq personnes sur dix: la faim dans le monde, le réchauffement climatique et le risque de conflits internationaux.

On exprime son malaise...

L'enquête indique aussi que 42% des sondés expriment explicitement un besoin d’accompagnement. Extrapolé, cela fait près de 1,1 million de personnes.

En effet, parmi les 75% de la population qui expriment des souffrances psychiques à des intensités variables, une majorité – six sur dix d’entre elle – dit ressentir le besoin d’une aide. Et, moins on se sent bien, plus on exprime ce besoin d’accompagnement et d’aide.

...mais on consulte peu 

Une fois le malaise exprimé, il faut évidemment agir, consulter un professionnel, et c'est là qu'on voit que seuls 15% de ceux qui disent se sentir mal vont voir un médecin. Les autres en parlent plutôt à la famille et aux amis (60%).

Et ceux qui en parlent à un professionnel se confient avant tout à leur médecin traitant, puis à un psychothérapeute non diplômé en psychologie et enfin, en dernier lieu à un praticien diplômé (psychologue, psychiatre, psychanalyste ou autre dans un centre de santé mentale: 5%).

Les généralistes face au stress du travail 

La médecine générale est donc en première ligne pour traiter ces problèmes. Elle constate que la société est de plus en plus anxiogène à cause de la conjoncture économique.

Ces généralistes ont aussi souvent dû constater que depuis 5 ans, il y a une augmentation du nombre de patients qui consulte pour des problèmes d’anxiété, de dépression, de troubles psychosomatiques. La cause est bien souvent à chercher dans la sphère du travail, plus que dans l'affectif, le relationnel ou les assuétudes.

Résultat, leurs patients attendent d'eux des prescriptions de médicaments: anxiolytiques, antidépresseurs ou somnifères, bien plus qu'une orientation vers un professionnel de la santé mentale.

Mais pour la moitié de ces généralistes, c'est le désarroi: ils se sentent insuffisamment formés, n'ont pas assez de temps et disent qu’ils ont parfois le sentiment que "se déverse sur eux l’ensemble des problèmes de la société".

Peu de Belges vont bien

C'est la conclusion: seul un Belge francophone sur quatre ne ressent jamais de mal-être. Un sur dix exprime un mal-être permanent. Entre ces deux états, les intensités de souffrance psychique sont variables. Les 5% de la population qui souffrent d’un épisode dépressif majeur et même les 45% qui souffrent d’un état dépressif léger ou modéré constituent une population "à risque" qui pourrait plus ou moins rapidement basculer en dépression plus sévère.

Les populations à risque sont:

  • Des femmes ;
  • Des demandeurs d'emploi ;
  • Des personnes disposant d’un revenu plus faible ;
  • Des jeunes : la tranche des 18-25 est clairement en proie à des difficultés psychologiques.

Les généralistes constatent de plus en plus ces problèmes psychologiques et mettent en garde: si on n'arrive pas à les traiter correctement, il pourraient donner lieu à des problèmes de santé "physique".

La gravité de la situation doit aussi être mesurée à l'aune du taux de tentative de suicide (en forte augmentation à 8%).

"On observe une tendance à l’aggravation de la situation, conclut le docteur Willam Pitchot, expert psychiatre à l'Université de Liège. La santé mentale de la population est mauvaise. La grave et longue crise financière que nous traversons joue manifestement un rôle important dans la détérioration du sentiment de bien-être psychologique. En Belgique, le risque réel de perdre son identité nationale a vraisemblablement favorisé un sentiment d’insécurité et généré une forme de désespoir. Les conséquences sur le plan psychologique voire psychiatrique seront sans doute dramatiques. Nous devons nous préparer à assumer une augmentation des demandes de prise en charge des troubles psychiques".

La Mutualité socialiste - Solidaris qui a mené l'enquête - souhaite dès lors améliorer l'accessibilité financière et la qualité de l'offre de soutien psychologique. Elle met déjà des informations utiles au public sur son site, édite des brochure et programme des conférences. Elle prône aussi une meilleure prise en charge financière du soutien psychologique et veut renforcer cette offre au sein du réseau mutualiste.

Cette enquête menée en pleine crise économique et financière, et au terme d’une longue crise institutionnelle, devrait-elle être nuancée? "C’est précisément parce que le moment est particulier mais probablement pas passager qu’il fallait faire cette étude maintenant, sans plus attendre", répondent avec fermeté ses auteurs.


Méthodologie

Population belge francophone : échantillon de 1000 personnes représentatives des Belges francophones de 18 à 75 ans selon les quotas classiques : sexe, niveau d’études, occupation professionnelle, type d’habitat, localisation géographique et âge. En outre, pour les demandeurs d’emploi, un quota supplémentaire a été utilisé : la durée d’inoccupation.

Enquêtes réalisées par téléphone par Dedicated Research entre le 21 avril et le 5 mai 2012.

Marge d’erreur : ± 2,6%.

Médecins généralistes (interviews de 80 médecins généralistes) et les professionnels de la santé mentale (interviews de 60 psychologues diplômés et psychiatres). Modalité des interviews : appel téléphonique puis envoi du questionnaire par internet et auto-administration de celui-ci entre le 21 avril et le 5 mai 2012 (Dedicated Research).

Les bases "échantillon total" = total des répondants.


Sources : tous médias confondus


+ http://www.linternaute.com/actualite/monde/bonheur-monde/bonheur-belgique.shtml 

+ http://www.linternaute.com/actualite/monde/indice-bonheur-monde/

bonheur-belgique-752701.jpghttp://www.meilleur-top.com/meilleur-top-20-pays-heureux-indice-du-bonheur-mondial-2009-2010.htm#.T9iw4r-Bw7A

L’enquête n’est pas disponible sur le site de Solidaris

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 21:58

Travailler vert et vivre pauvre

Actualité du 02/11/2009.

L’emploi vert est une stratégie patronale restauratrice du capitalisme dans le cadre d’une nouvelle bulle spéculative. Le renouveau économique vert ne propose pas un changement d’orientation, il reconduit la même chose : toujours plus de croissance et de profits, et encore moins de redistribution. C’est une stratégie d’ajustement. La réduction des inégalités n’aura pas lieu.

(Photo: Avaaz.org, 2009)

L’Union européenne, depuis le paquet énergie climat passé en force lors la présidence française en décembre 2008, veut encore promouvoir les trois fois 20 %. Durant la prochaine conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague du 7 au 18 décembre 2009, il en sera de nouveau ainsi.

L’engagement de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020 par rapport à leurs niveaux de 1990, et de 80% d’ici 2050, reste l’objectif premier dans un triptyque à trois dimensions. Il reste aussi à réduire de 20% la consommation d’énergie primaire et de faire passer la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique à 20%.

L’acteur syndical, en tant que représentant d’une industrie dite énergivore, est incontournable. Dans les débats à venir, il n’est pas question de remettre en cause notre responsabilité citoyenne. Mais il ne faudra pas non plus, sous prétexte de cette responsabilité, faire endosser la charge la plus lourde aux travailleurs afin d’introduire un nouveau modèle de production façonné pour des multinationales à la recherche du profit.

L’enjeu environnemental nous concerne tous, et il ne doit pas servir aux entreprises à faire usage d’un monologue marketing pour justifier des stratégies d’externalisation et de délocalisation. Remettre en question notre industrie par la mise en concurrence entre le social et l’environnemental serait la pire des erreurs. Les trois piliers du développement durable c’est d’abord un équilibre non exclusif, avec l’environnemental comme base, l’économique comme moyen et surtout le social comme but.

Une nouvelle bulle spéculative est en cours de construction, d’autant plus sournoise qu’elle aborde le thème de la survie de la planète et donc du réchauffement climatique. L’agenda du capitalisme vert est secondé une nouvelle fois par une Union européenne qui remet sur la table de négociation une vision marchande du monde.

En effet, la logique mercantile est évidente dans le cadre de la politique ETS qui concerne les échanges de quotas d’émission de carbone. A ses débuts, ce système devait permettre l’encadrement du marché, mais a force de dérogations, le pouvoir régulateur s’est lui-même sabordé et cela signifie l’échec de la logique de redistribution qui était inhérente au système de taxation initial. Le lobby du capital fonctionne bien, puisqu’il s’est adjugé la gratuité dans ce droit de polluer. Une sorte de bourse, qui permet aux pollueurs d’échanger leur misère en faisant même un bénéfice sur la revente de ce qu’ils obtiennent pour rien. Voici créé un marché spéculatif du permis d’émissions.

Autre effet pervers de cette marchandisation du droit de polluer : elle provoque une fuite de carbone. L’entreprise recherche davantage de compétitivité et procèdera à une migration industrielle dans des pays où il n’y a pas de coût carbone. C’est le début d’une vague de délocalisations et de restructurations, avec l’abandon de bassins entiers anciennement ou même récemment industrialisés depuis l’élargissement de l’Europe. L’engouement pour cette démarche est tel que la présidence renégociée de l’Europe risque de laisser à la postérité industrielle l’appellation de « site classé Barroso », en écho à la dénomination « Seveso », autrement redoutable.

En 2013, 4% seulement des entreprises européennes devront payer leurs quotas…

Et si cela n’est encore rien, l’Union européenne fait encore mieux, avec un autre pourcentage dont on ne parle plus vraiment. Le paquet énergie climat prévoit aussi pour 2020 l’utilisation d’au moins 10% d’agrocarburants dans la totalité utilisée. Après les dernières émeutes de la faim en 2008, Mesdames et Messieurs de la Commission, on peut se poser la question d’équité dans le projet de développement durable. L’impérialisme est dans nos murs et il s’exporte !

Même constat en ce qui concerne la méthode de développement propre, qui donne aux entreprises du Nord la possibilité de faire des investissements « verts » dans les pays en voie de développement. Par cette méthode, la société exportatrice de technologies dites vertes recevra en échange une exonération de sa charge carbone. Le résultat est odieux, car la perte de vitesse de l’agriculture vivrière, celle qui assure la subsistance alimentaire, fait que les ressortissants de ces pays émigrent massivement pour échapper à la faim. Si ils ne meurent pas dans cet exode forcé, ils arrivent peut-être en Europe, où la « directive de la honte » les accueille. Mais cela est une autre histoire, avec les accords de partenariats économiques qui visent, in fine, la capacité du pays visé à contrôler son émigration vers l’Europe.

Travailler vert et vivre pauvre pour mourir de faim ?

Le capitalisme ne serait en crise que pour une raison conjoncturelle, à savoir le secteur de la finance et d’un sous-secteur, la problématique des subprimes. Pour le capital, qui a socialisé ses pertes, et un marché qui s’est régulé, il faut donc s’attacher à résoudre le problème structurel qui serait celui d’une crise énergétique, climatique et donc environnementale. Peut-on parler de stratégie ?

A nouveau, l’Union européenne intervient pour insérer dans l’opposition entre le social et l’environnemental créée de toutes pièces, la solution miracle : l’emploi vert. On nous parle maintenant d’un «  Green New Deal », avec un budget étriqué voire inexistant de 200 millions d’euros, soit 1,5% du Produit intérieur brut européen, pour un objectif de 2 millions d’emplois. Plus localement, en Région wallonne, un nouveau plan Marshall 2.vert est lui doté d’une somme de 1 million d’euros. Une misère par rapport aux 278 millions alloués aux services d’aides aux personnes.

Question de choix politique

Pour tout le monde, et très certainement les multinationales, pour qui  gagner de l’argent c’est échanger entre elles 80% des flux de produits manufacturiers, le développement durable est la solution. Ces mécènes des temps modernes considèrent aussi que maintenant, le progrès social, c’est l’amélioration du bien-être dans une économie « bas carbone ». En véritables altruistes, ils disent remettre en question leur croissance et leur conception productiviste de l’économie, pour signifier clairement que tous ensemble nous allons réduire notre consommation débridée. Or, pour une grande majorité de la population mondiale, cette fameuse consommation, qu’il  faudrait réduire, c’est en fait des besoins fondamentaux.

Des 80% de la population mondiale vivant sans protection sociale, 2 milliards d’habitants de notre planète vivent sans accès à l’eau courante, alors que pendant ce temps là, 2.000 milliards de dollars sont dépensés par les pays du G20 pour sauver, nous dit-on, le monde des affaires et le petit épargnant. En même temps, en 2009, 200 millions d’abonnés de plus à la planète terre se retrouvent avec 2 dollars par jour pour vivre – et là on ne peut plus parler que de survie, car ils doivent souvent batailler dans la misère d’un travail, plus de 12 heures par jour.

Juste transition ?

Pour certaines organisations syndicales, ce changement il faut l’accompagner pour vaincre la crainte des travailleurs. Ils appellent cela la juste transition. Dans une économie intégrée, tous les travailleurs sont complémentaires, or, par ces mesures, ils deviennent quantité négligeable pour garantir une déflation salariale toujours plus grande et une flexibilité qui redeviendra, en même temps que l’emploi vert, un des mots clés de 2010.

En acceptant de perdre une partie de nos emplois.

En prenant des dispositions pour des formations tous azimuts.

On serait alors en position de force pour négocier de nouvelles activités créatrices de travail (décent). La grande puissance publique nous épaulera pour avantager fiscalement les entreprises globales à faire face à leur responsabilité sociétale et investir massivement dans de nouvelles technologies. En réduisant le seuil de taxation des entreprises, on garantira ainsi la stimulation des investissements et la redistribution sera assurée, puisque c’est pour le bien de la planète. La dette à l’égard des pays du Sud sera gommée par des transferts de technologies et l’abandon de la propriété intellectuelle sur celles-ci.

L’effet boule de neige, pour sûr. La banquise va se remettre à pousser…

L’emploi vert est une stratégie patronale restauratrice du capitalisme dans le cadre d’une nouvelle bulle spéculative. Le renouveau économique vert ne propose pas un changement d’orientation, il reconduit la même chose : toujours plus de croissance et de profits, et encore moins de redistribution. C’est une stratégie d’ajustement. La réduction des inégalités n’aura pas lieu et l’intégration des systèmes de solidarités risque de dépérir très rapidement.

L’opération est une réussite, mais le patient est mort. Et ce que l’on souhaite être un remède est en fait la face cachée de la maladie.
Le green job est un industriel killer. La juste transition est une rupture.

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 16:15

 

Croissance, croissance, est-ce que ça a une gueule de croissance ?

Alors, faut-il être optimiste pour la relance ? Faut-il se dire que les vents ont changé et que l’austérité n’est plus considérée comme la solution absolue pour sortir du merdier dans lequel le monde de la grande finance a plongé le monde ?

Edito de Nico Cué, 8/06/2012.

 

P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non disent, selon la croyance populaire en tous cas, les Normands.

P’têt ben qu’oui.  L’Eurozone est désormais en récession (moins 0,3%) alors que l’austérité s’y applique comme un remède de cheval. Même les plus bornés se disent donc que cette austérité, qui est parfois rebaptisée rigueur comme en Belgique où on a le sens de la nuance, cette austérité donc, elle ne marche pas. Les opinions publiques suivent. Les derniers scrutins européens l’ont prouvé, avec la très emblématique défaite du couple Sarkozy-Merkel, le premier à l’Elysée, la seconde dans cette locomotive de l’Allemagne qu’est le land de Rhénanie du Nord – Westphalie. Bref, des experts les plus distingués à l’électeur de base, la majorité commence à comprendre qu’on a fait fausse route. Il faut relancer.

Le premier problème est que tout le monde n’en est pas encore vraiment convaincu, et qu’il faudra du temps avant que des mesures précises soient prises. Mais ce premier problème n’est pas le plus important. Ce qui compte le plus, c’est le : « P’têt ben qu’non ». Derrière le changement de discours qui se profile, derrière ce passage de l’obligation d’austérité à l’obligation de croissance si l’on veut sortir de la crise, il y a le danger du trompe l’œil, le danger que cette croissance néoproclamée ne soit en fait qu’un ersatz de recettes néolibérales. Que la croissance ne serve, en fait, qu’à rhabiller les mécanismes capitalistes qui nous ont menés où nous sommes aujourd’hui.

Qu’est-ce qu’on nous dit ? Que les freins à la « croissance » sont multiples. On nous cite l’indexation des salaires, horreur sans nom qui fait que si le coût de la vie augmente, les salaires suivent (plus ou moins…). On nous dit que les pensions arrivent trop tôt, et donc qu’il faudra travailler plus longtemps. On nous dit que le travail doit être organisé de manière plus flexible, ce qui veut dire à la fois qu’il faudra travailler plus souplement (multiplication des horaires de travail différents, explosion des présences de nuit ou de week-end, horaires coupés, prestations à la demande) et de plus en plus sans protection contractuelle (c’est tout le chapitre de la possibilité offerte au patron de licencier de plus en plus facilement). Bref, on se prépare à nous organiser une reprise de la croissance sur le  dos du monde du travail. On nous forcerait à nous adapter à la relance. Une sorte de déformation du vieux slogan de Sarkozy : travailler plus, oui, mais pour obéir plus aux lois de la productivité.

Il est donc bien clair que de cette croissance-là, nous ne voulons pas plus que de l’austérité/la rigueur. Il faudra donc désormais, plus que jamais, décrypter ce qui se cache derrière des mots apparemment consensuels.

La croissance, c’est d’abord se donner les moyens… de croître. Il faut relancer, à l’initiative des pouvoirs publics, des politiques d’investissement, que ce soit dans les infrastructures au sens strict ou dans les services publics, ce qui passe par l’arrêt radical de tous ces plans qui n’ont pour seul objectif que de réduire les coûts, en sabrant dans le volume des fonctionnaires sans aucune considération pour la mission qu’ils remplissent au service de tous.

C’est, aussi, relancer le pouvoir d’achat, la consommation (responsable, certes), indispensable moteur d’une reprise économique. Il faut donc, au plan européen, arrêter cette guerre idiote de la compétitivité qui, à chaque étape, ne fait que broyer les revenus des uns et puis des autres. C’est mener une politique de salaire minimum (on doit pouvoir gagner sa vie en travaillant….), c’est cesser de considérer la liaison des allocations au bien-être comme une aumône d’avant-élections, c’est maintenir l’indexation automatique, c’est contrôler les prix des produits de base, comme l’énergie ou l’alimentation, pour dégager une marge pour le reste dans le portefeuille des ménages.

C’est, enfin, à notre niveau (je ne veux pas ici parler des politiques européennes sur les aménagements des dettes nationales ou sur l’émission d’euro-obligations), promouvoir une fiscalité qui frappe le capital et la fortune plus que le travail, donc une fiscalité qui soit aussi plus progressive, et puis une fiscalité plus light pour les produits de première nécessité, par le biais de l’abaissement des taux de TVA sur certains produits.

Quand on a listé tout cela, et c’est évident que je suis très loin de l’inventaire  complet de ce qui me semble devoir être fait, on mesure l’immense écart qui existe entre la bonne croissance et celle que les ex-supporters de l’austérité nous concoctent.

Soyons donc prêts à combattre la rouille qui est restée sous la couche de peinture neuve.

Nico Cué, Secrétaire général FGTB Métallos



 

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 19:54
Tous les soirs pendant une semaine, Emeline, Thomas leur fils Kyrilo, ainsi que Pascaline ont tapé sur des casseroles au coin des rues Jarry et Saint-Denis, dans le quartier de Villeray.
Thomas, Julien, Pascaline, Morlaisiens, et Emeline, Angevine, vivent, à Montréal, le plus long conflit de l'histoire du Canada. Plus habitués aux manifs françaises, ils racontent.

Les manifestations et les grèves, en France, on connaît. C'est une tradition qu'Emeline Declerk, Angevine, et Thomas Le Goff, Morlaisien, avaient presque oublié depuis leur arrivée à Montréal il y a six ans... « On trouvait que le Québec ne bougeait pas. Les rares manifestations que nous avions vues ici ne montraient pas un peuple qui voulait s'exprimer », explique Emeline, 30 ans, vidéaste à Montréal. Jusqu'à la grève étudiante contre l'augmentation de 75% des frais de scolarisation. « Au-delà du mouvement étudiant, la province s'est éveillée, exprimant un ras-le-bol général du gouvernement Harper, des scandales qui s'enchaînent chez les libéraux, la corruption... »

Des manifestants imaginatifs

La durée de la grève (du jamais vu en France) les impressionne. « Plus de 100 jours chez les étudiants et 40 manifestations nocturnes. En même temps, je n'ai pas le souvenir de voir en France un gouvernement aussi arrogant, qui ne veut rien entendre, rompt les négociations sans motifs valables », explique Emeline. Son mari Thomas ajoute: « Le gouvernement Charest a décidé de jouer la ligne dure du pourrissement du conflit. Avec cette fermeté outrancière, il a rallié la population à la cause étudiante. »

Autre différence: les modes d'action sont plus originaux que nos classiques défilés. « Les étudiants sont très créatifs pour continuer à attirer l'attention sur eux et leurs discours : manif tout nu, mascottes, slogans, réseaux sociaux... », précise Emeline. Pascaline Floch, graphiste morlaisienne de 29 ans expatriée à Montréal depuis deux ans, et son ami Julien Koenig, cuisinier, poursuivent. « Il y a plein de symboles comme le carré rouge (1), ou « l'anarchopanda », une grosse mascotte qui fait des hugs aux policiers pour dénoncer la violence policière. »

Cumuler plusieurs emplois

Solidaires des étudiants, Emeline, Thomas et Pascaline ont participé à plusieurs manifestations, notamment à des concerts de casseroles pour faire résonner le mécontentement envers la loi 78 (passée le 18mai) qui limite le droit de manifester. « En tant que Français, on aime ça, pouvoir s'exprimer ! Et on aime aussi le Québec. C'est pratique, dans notre quartier, ça commence toujours en bas de chez nous », dit Emeline. De 20 h à 22 h, ce boucan d'enfer se fait en famille. « Un clin d'oeil aux manifestations chiliennes sous la dictature de Pinochet dans les années 70 », explique Pascaline.

« J'ai eu la chance en France de bénéficier de bourses, d'avoir un État qui m'a payé mes études et m'a aidé à payer mon loyer et ma bouffe sans avoir à le rembourser, dit Emeline. Quand je suis arrivée au Québec, tout le monde autour de moi avait des prêts à rembourser pour les études, plusieurs dizaines de milliers de dollars. Commencer la vie active avec des dettes n'est pas la meilleure des choses et je pense que cela restreint tes choix professionnels ou de mouvement à la sortie de tes études. Alors augmenter encore ! ? » Les étudiants que connaît Thomas « doivent cumuler plusieurs emplois pour vivre décemment. »

Face à un mur

Depuis la rupture des négociations le 31mai, « on sent un ras-le-bol, un écoeurement, constate Emeline. Il y a un mur face au mouvement. Ça s'essouffle au niveau du grand public, même des étudiants. Les jobs d'été dont les étudiants ont besoin démarrent. Les actions ont toujours lieu, mais plus ponctuelles. Ça ne m'étonnerait pas que tout cela reprenne de la vigueur fin août, début septembre. »

En métallurgie, comme explique Thomas, « on appelle ça l'écrouissage : le fait de déformer un métal, en le martelant, le durcit. Ça marche aussi pour les casseroles, continuons à taper dessus, ça les rendra plus dures ! »

Nadine BOURSIER.

 

(1) Ce petit morceau de tissu a fleuri sur les vêtements et symbolisait au départ les étudiants dans le rouge sur leur compte bancaire à cause des prêts qu'ils doivent contracter.

Erable-4.jpg

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 12:39

Deux cents étudiants ont manifesté hier, 5 juin, à Bruxelles en soutien à la révolution érable des étudiants québequois.

 

Au Québec, le mouvement étudiant lutte courageusement depuis plus de 3 mois contre une hausse des frais d’inscription de 1 780 dollars sur 7 ans, décidée par le gouvernement libéral de Jean CHAREST. Ce mouvement a été qualifié par the Guardian  "d’opposition politique la plus radicale au néo-libéralisme en Amérique du Nord".

 

« Quand l’injustice est loi, la résistance est un devoir »

Le gouvernement de Jean CHAREST a refusé pendant plus de deux mois d’ouvrir des négociations avec les organisations étudiantes. Aux revendications étudiantes, le gouvernement CHAREST n’a opposé que mépris, qualifiant les étudiants en grève d’enfants gâtés ne voulant pas assumer « leur juste part ». Il a, en parallèle, encouragé discrètement des actions judiciaires, intentées par des étudiants non–grévistes (proches du parti libéral), et visant à obtenir la reprise des cours à titre individuel. A ce mépris, les étudiants ont répondu en multipliant les manifestations, les occupations, voire les blocages (notamment du Pont Jacques Cartier). Le grand défilé du 22 mars à Montréal a rassemblé plus de 200 000 personnes. A la mobilisation des étudiants, le gouvernement a opposé les matraques et la répression ! Depuis le début du mouvement, plusieurs milliers de personnes ont été arrêtées dans le cadre des manifestations. Chaque manifestation a occasionné son lot d’éclopés, victimes des violences policières. Les violences ont culminé lors de la manifestation de Victoriaville le 4 mai au cours de laquelle trois manifestants ont été blessés au visage par des tirs de balles en caoutchouc.


Face à la détermination des étudiants, le gouvernement a dû se résoudre à engager un simulacre de négociations se traduisant par une augmentation encore plus importante des frais d’inscription (passant de 1625 sur 5 ans à 1780 dollars sur 7 ans). Le gouvernement aura tout tenté, jusqu’à faire adopter vendredi 18 mai une loi spéciale, la loi 78, restreignant fortement la liberté de manifestation. Cette « loi - matraque » interdit de fait les piquets de grève en exposant leurs participants à de fortes amendes : jusqu’à 125 000 dollars pour une association. Cette loi constitue une fuite en avant autoritaire d’un gouvernement incapable d’engager une négociation sérieuse avec les organisations étudiantes.


« Si la grève est étudiante, la lutte est populaire »

Cette loi aura constitué la « goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Elle a constitué un vrai faux pas de la part du gouvernement. Le corps social finit par réagir : le « Journal de Montréal » a publié une enquête selon laquelle 53% des québécois trouvent que le gouvernement va trop loin. Le mouvement est désormais soutenu par de vastes secteurs de la société (syndicats, écologistes, féministes, avocats,...). La manifestation contre la loi spéciale du 22 mai a réuni plus de 250 000 personnes, avec la participation de syndicats tels que la FTQ. Plusieurs centaines d’avocats se sont proposés d’aider bénévolement les étudiants à contester juridiquement la loi. Les associations étudiantes, appuyées par près de 70 organisations ont déposé récemment deux requêtes en Cour supérieure dans le but de contrer la loi spéciale.

quebec-2012-manifestation-etudiante-01.jpg

Désobéissance civile

Les québécois organisent à présent la désobéissance civile à large échelle. Les manifestations nocturnes de casseroles se multiplient depuis la semaine dernière, surtout à Montréal et à Québec, réunissant par quartiers des milliers de manifestants et convergeant vers le centre ville. Elles se déroulent dans une ambiance pacifique malgré les arrestations massives (plus de 700 arrestations deux jours de suite).

Se dirige–t–on vers une révolution citoyenne au Québec ?

Les manifestations provoqueront–elles, comme en Islande, la chute du gouvernement ? Vers quoi aboutira ce mouvement, nul ne le sait actuellement. Amir Khadir, député de Québec solidaire, déclarait au journal Libération «Jean Charest pense qu’il va épuiser les étudiants. Mais il ignore la réalité du terrain. Même dans notre parti, où on est habitués à la mobilisation citoyenne, on ne comprend pas le mouvement. Ça dépasse tout ce qu’on a connu en trente ans, avoue-t-il. Le mouvement étudiant a planté une force au Québec impossible à déloger. Je ne vois pas comment ça va se régler. Va-t-il y avoir de la violence ? Des dérapages ? Je ne le souhaite pas. Mais une chose est sûre, le gouvernement n’aura rien fait pour empêcher une telle escalade.»

Nul doute que les deux élections partielles organisées le 11 juin dans les circonscriptions de LaFontaine et d’Argenteuil serviront de test politique. Souhaitons qu’elles constituent une cuisante défaite pour les libéraux.

 

 

 

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 19:23

On s’en calice (on s’en fout), disent les étudiants et la population du Québec de la loi 78 votée le 18 mai pour restreindre la liberté (constitutionnelle) de manifester dans la belle province. Depuis quatre mois maintenant, après la grande manifestation du 13 février au cours de laquelle trois cent mille étudiants et personnels des universités avaient protesté contre une augmentation importante (75% d’ici 2015) des droits d’inscription à l’université, chaque jour à 9 heures du soir, des cortèges d’étudiants et de citoyens de plus en plus nombreux, dans les grandes villes, les quartiers, le petites ville et même les villages, défilent au hasard dans les rues pendant des heures et parfois sur plus de vingt kilomètres pour défier la loi 78 et exiger un changement profond du système économique voire l’abolition du capitalisme. Ils protestent également contre la corruption du gouvernement du premier ministre Jean Charest qui fait l’objet d’accusations de collusion avec la mafia et d’autres actions condamnables. Comme la presse européenne, qui s’est tant amusée à souligner la belle trouvaille de « Printemps érable » (par analogie avec « Printemps arabe ») il y a quelques mois, ne parle plus que sporadiquement de ce mouvement qui se maintient, se renforce et devrait faire exemple partout, je m’engage à en relater les développements (presque) chaque jour sur ce blog.quebecq.jpg

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 19:00

Tibet-copie-1.jpg

 
Lettre ouverte à M.Tibet.jpg Couvreur, journaliste au Soir

 

  

Cher Monsieur Couvreur,

 

Dans Le Soir des 19 et 20 mai 2012, vous annoncez l’ouverture au Musée Hergé de Louvain-la-Neuve d’une exposition intitulée Au Tibet avec Tintin.

  

On peut y lire :

 

«  Fanny Rodwell, fondatrice du Musée et légataire universelle de l’œuvre d’Hergé, a tenu à monter cet événement pour que personne dans le monde n’oublie la situation dramatique du Tibet : ‘Une culture et une riche spiritualité sont en passe de disparaître là-bas.  On compte déjà 1,2 millions de morts (…)’ ». 

  

Je n’arrive pas à comprendre qu’un journaliste puisse ainsi se faire l’écho d’une contrevérité aussi énorme.   Mme Rodwell étant manifestement plus compétente dans le maniement des millions de francs, de dollars et d'euros, son estimation du nombre de victimes tibétaines n'a pas beaucoup de signification. Par contre, il est infiniment regrettable qu’un journaliste en arrive à cautionner un telle aberration.  Ce serait trop facile, cher Monsieur Couvreur, de vous en tirer en faisant remarquer que vous avez mis entre guillemets les propos de Fanny Rodwell : les lecteurs du Soir attendent des journalistes qu’ils fassent preuve d’esprit critique, qu’ils soient capables de prendre du recul par rapport à ce qu’ils rapportent et de recadrer les informations.

 

Nul ne devrait ignorer en 2012 que ce chiffre de 1 200 000 morts, apparu pour la première fois en 1984, est un des mensonges forgés par l’entourage du dalaï-lama afin de tenter de gagner l’opinion occidentale à ses thèses indépendantistes[1].  Mais qu’en est-il de la réalité ?

 

En 1999, le journaliste Patrick French est allé sur place à Dharamsala pour enquêter sur les allégations des indépendantistes tibétains ; il y a constaté que leurs chiffres avaient été systématiquement manipulés, ce qui l’a décidé à démissionner de la présidence de Free Tibet[2].  

  

Le politologue Barry Sautman a lui aussi démontré que ces chiffres avaient été inventés de toutes pièces : selon les autorités tibétaines en exil, il y aurait eu très précisément : 156 758 personnes exécutées,  432 067 tombées sur le champ de bataille, 413 151 mortes de faim, 92 931 décédées sous la torture, 174 138 dans les camps et, le comble, très exactement 9 002 suicides[3] !  Outre que les Tibétains n’avaient pas l’habitude de recenser les nouveau-nés ni de compter les morts, on mesure le caractère entièrement fictif de ces curieuses précisions quand on sait que le Tibet était alors sous surveillance chinoise et que les chiffres émanent du « gouvernement tibétain en exil ». 

 

Si besoin en était encore, la pyramide des âges confirme qu’il n’y a jamais eu de génocide au Tibet : on n’y constate aucun « trou » démographique significatif, mais seulement un tassement dans la tranche de … 0 à 4 ans, comme cela se passe dans beaucoup de pays… avancés[4].  

 

La population tibétaine globale, estimée à quelque 2 500 000 dans les années 50 dépasse aujourd’hui 6 000 000 : comment cet accroissement spectaculaire aurait-il pu avoir lieu si le prétendu génocide avait eu lieu ?  Cela prouve à suffisance que nous sommes en présence d’une formidable mystification, qui, à force d’être ressassée usque ad nauseam, risque d’apparaître comme une vérité.

 

Ce n’est pas la première fois, hélas, que Le Soir se laisse aller, à propos du Tibet, à écrire n’importe quoi.  On se souvient notamment du reportage fantaisiste et partial de Philippe Dutilleul publié dans Le Soir en juillet 2009, sous le titre Tibet, l’improbable pays conquis : ce ramassis d’erreurs et d’approximations n’avait donné lieu à aucun démenti de la part du quotidien.  J’espère que cette fois Le Soir aura à cœur de publier la présente.

 

Veuillez agréer, cher Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.

 

André Lacroix,

auteur de la traduction

Mon combat pour un Tibet moderne. Récit de vie de Tashi Tsering (éd. Golias, 2010)

de l’original anglais The Struggle for Modern Tibet. The Autobiography of Tashi Tsering

par Melvyn Goldstein, William Siebenschuh et Tashi Tsering

(éd. Sharpe, New York et Londres, 1997).

 

 

 

 

 

 

  

 



[1] En plus de cette accusation de « génocide physique », les partisans du « Free Tibet » n’hésitent pas à essayer de faire croire à un prétendu « génocide démographique » et à un soi-disant « génocide culturel »

[2] Voir P. French, Tibet, Tibet: A Personal History of a Lost Land, 2003, traduit en français : Tibet, Tibet Une histoire personnelle d'un pays perdu, Albin Michel, 2005.

[3] Chiffres fournis par le « gouvernement tibétain en exil » et repris par B. Sautman dans « Demographic Annihilation  and Tibet  in Contemporary Tibet, p. 237.

[4] Voir Yan Hao, Tibetan Population in China : Myths and Facts Re-examined, Institute of Economic Research, State Department of Planning Commission, Beijing, 2000.

 

 

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 10:46

Jouons et créons à partir des livres:


Nous écouterons des histoires, regarderons des images et poserons toutes les questions que nous voudrons.  A partir de là, nous  "REGARDERONS MIEUX LE CORPS"


Nous ferons des expériences amusantes en jouant avec notre corps dans l'espace, nous le représenterons en le dessinant, en le contournant, en l'imaginant arbre, fleur ou animal...

 

Stage d’éveil aux plaisirs du livre et de la lecture destiné aux enfants.

A partir d’auteurs tels que Ponti, Ramos, Solotaref, Nadia, Béatrix Poter, ….et bien d’autres encore, nous susciterons l’imaginaire des enfants. Le corps sera sollicité comme une boîte à outils, une malle à trésors: nous y puiserons les moyens de créer et de s'exprimer.

Les histoires serviront aussi de point de départ pour visiter le schéma corporel, la représentation imaginaire du corps via le dessin, la peinture et les jeux d’expression théâtrale.

Pour les enfants de 5 à 7 ans.

Un groupe de maximum 8 enfants.

Prévoir une boisson, une collation et  des vêtements qui ne craignent pas les taches.

 

 

Du lundi 6 au vendredi 10 août 2012

Horaire : Accueil : 12H45

Atelier : 13h – 17h

Prix : 150 euros

Lieu : Maison des jeunes de Basse-Enhaive, 135, rue Charles Lamquet
B-5100 Jambes

ARKITISS Atelier de Créations Artistiques et de Projets Pédagogiques asbl

Chaussée de Charleroi, 129 – 5000 Namur arkitissasbl@gmail.com

                                            arkitiss.blogspot.com

Infos et contacts :     Nora Touati 0489/67 16 91, 081/75 01 08 

                                   Cathy Gorjan 0495/12 55 38, 081/26 27 38

 

N°entreprise : 0840 145 308

 

Compte bancaire : 363-0958308-85 

 

 

 

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article