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  • : Gérard de Sélys, Réflexions, analyses et délires sur l'actualité et les médias.
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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 11:41

À la veille de la prière nationale contre l'ouverture du mariage et de l'adoption aux homos, les plus hauts représentants de l'Eglise affûtent leurs arguments: «Il ne faut pas dénaturer le mariage», disent-ils.

Les catholiques sont appelés à dire le 15 août une prière pour la France, marquant la solidarité avec les personnes touchées par la crise, ainsi que l'attachement de l'Eglise à la famille, alors que le gouvernement veut donner aux homosexuels le droit de se marier et d'adopter avant l'été 2013.

Ainsi le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, réaffirme son opposition au mariage homosexuel dans une interview parue ce matin dans le quotidien lyonnais Le Progrès. «Nous l'avons déjà rappelé en février 2007 avec Richard Wertenschlag, grand rabbin de Lyon, et Azzedine Gaci, recteur de la mosquée Othmane de Villeurbanne: le mariage est l'union d'un homme et d'une femme. C'est écrit sur la première page de la Bible», déclare le cardinal.

«Un Parlement, ce n'est pas Dieu le Père»
Interrogé sur l'adoption d'enfants par les couples homosexuels, le prélat répond ensuite: «Notre désir est que la loi n'entre pas dans des domaines qui dépassent sa compétence. Un Parlement est là pour trouver du travail à tout le monde, (…) pour s'occuper de la sécurité, de la santé ou de la paix. Mais un Parlement, ce n'est pas Dieu le Père».

Selon l'archevêque de Lyon, le Parlement «ne peut pas proclamer “A partir d'aujourd'hui, nous décidons qu'une femme n'est plus ce que vous croyez et nous décidons que le mariage devient autre chose”. Que chacun garde le sens des limites de sa responsabilité!».

«Oui, l'heure est grave. C'est une rupture de civilisation de vouloir dénaturer le mariage.» Mgr Barbarin «L'heure est grave»
Alors qu'on lui demande son avis sur les catholiques homosexuels qui souffriraient de cette prière du 15 août, Mgr Barbarin répond: «À l'intérieur de l'Eglise, beaucoup d'homosexuels ont laissé un héritage extraordinaire, de Michel-Ange à Max Jacob. Les homosexuels sont ce qu'ils sont et ils essaient comme moi d'être fidèles au Christ et de servir leurs frères».

«Oui, l'heure est grave. C'est une rupture de civilisation de vouloir dénaturer le mariage, qui est depuis toujours une réalité merveilleuse et fragile», renchérit Mgr Barbarin dans une interview au Figaro. Quant à l'euthanasie, une loi l'instaurant «accréditerait l'idée que certaines vies ne méritent pas d'être vécues. Or, notre civilisation reconnaît “la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine”; c'est la première ligne de la Déclaration des droits de l'homme», ajoute-t-il.

«Pas un scoop que l'Eglise s'y oppose»
Alors que le journaliste demande au religieux si cette prise de position n'est pas une atteinte à la laïcité, ce dernier réagit vivement: «La laïcité interdirait la prière? Est-ce cela que vous me demandez? Sommes-nous en tyrannie? Allons-nous soumettre nos rites et nos formulaires au commandement de la pensée unique?»

Enfin, sur France Inter ce matin, Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France, a renchéri: «Ce n'est un scoop pour personne que de dire que l'Eglise s'oppose au mariage homosexuel. Mais si ce n'est pas un scoop, il doit y avoir débat. Or il n'y en a pas. (…) Tout cela n'est pas catho, c'est transversal, cela touche l'humain. Et on ne peut pas plier un projet civilisationnel sans un débat de société», a-t-il ajouté.

Photo: capture d'écran du site du Progrès.

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 20:11

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Les dialogues que l'on va lire ont eu lieu entre Jacques Duez et ses élèves d'école primaire au début de l'année scolaire 1996-1997 et sont transcrits du documentaire Les enfants de l'année blanche réalisé par Agnès Lejeune, JP Grombeer et J.Duez ans l'émission Faits divers, sécial, RTBF, du 5/11/1997. Mon collègue Michel Guissard, du temps où j'enseignais encore à l'Institut Provincial de formation soci-éducative de Namur s'est servi de ces dialogues pour une communication intitulée Quelles formations aux métiers du travail social pour quel travail social ? au Congrès international  de l'éducation spécialisée tenu à  Namur en juillet 2007. Les textes ci-sessous en italiques sont  des commentaires ou introductions de mon collègue Michel Guissard. (José Fontaine)

1.Les enfants de l'année blanche (Jacques Duez). Repérage des différentes logiques à l'œuvre, et du passage d'une logique à une autre.  (Documentaire réalisé par Agnès Lejeune, JP Grombeer et J.Duez émission Faits divers, sécial, RTBF, 5/11/1997. C'est la façon dont Jacques Duez a recouru, sans le formaliser ainsi, aux différents stades de l'éthique reconstructive selon JM Ferry)

En août 1996, le pédophile et assassin Marc Dutroux est arrêté en Belgique. Les corps de Julie et Mélissa sont retrouvés ; puis ceux d'An et Eefje. À la rentrée des classes, dans le cours de morale animé par Jacques Duez, les enfants disent leurs angoisses et leur colère.

Extrait 1

Fille 1 - Dutroux, il kidnappe les enfants pour les vendre, pour avoir de l'argent. Mais Dutroux, il s'imagine pas que si lui il était un enfant et qu'on le kidnapperait, il subirait pas c'que nous on ressent.

Duez - Et qu'est-ce que tu ressens, toi ?

Fille 1 - Moi ? Mal au cœur !

Duez - T'as mal au cœur ?

Ludovic - Il fait mal aux petites filles, pourquoi nous on ne peut pas lui faire du mal ?

Duez - Parce que nous ne sommes pas des monstres.

Ludovic - On peut pas l'exécuter, on peut pas le mettre dans un trou, alors on peut le frapper ?

Duez - Non.

Ludovic - Et quoi faire ? Le laisser [...]

Duez - Non, le juger.

Fille 1 - Ou alors, on pourrait mettre Dutroux dans une pièce, et les parents avec... de Ann et Eefje, Sabine et Laetitia, ceux de Julie et Melissa. On pourrait les mettre ensemble, ils vont les taper, hein ?

Duez - Ah, ouais, toi tu ferais ça ?

Fille 1 - Ouais.

Fille 2 - Et, en prison, il y a des autres gens, pourquoi on le met pas avec ?

Duez - Marc Dutroux avec les autres gens ?

Fille 2 - Ben, ouais.

Duez - Mais parce qu'on sait que les autres vont tuer Dutroux !

Fille 2 - Ben, tant mieux.

Duez - Oui, mais on ne peut pas. Ça...

Fille 2 - Eux, ils ont déjà fait un crime, alors pourquoi pas deux ? [...]

Ludovic - Il a tué, alors pourquoi on le tue pas ?

Duez - Alors nous tombons dans la loi de la jungle, œil pour œil, dent pour dent.

Ludovic - Alors, on le jette aux piranhas.

Fille 2 - On le met dans un pays où la peine de mort existe encore.

Duez - Vous voulez qu'il meure ?

Fille 2 - Mais en premier, on doit lui dire tout, on le torture jusqu'à temps qu'il sort tout de sa bouche. Qui il a pris, où il a mis Ann et Eefje, si c'est lui.

Duez - On ne peut pas organiser un meurtre, sinon nous devenons des meurtriers.

Fille 1 - C'est pas un meurtre, pas les [les complices supposés de Dutroux] tuer, mais les faire souffrir, pas les faire mourir.

Duez - On ne peut pas organiser une séance de torture. On ne peut pas faire ça, même si on en a très envie ! L'humanité, c'est justement sortir de cet engrenage de haine et de vengeance, et de brutalité.

Fille 1 - Ben, si on peut pas... si on peut le faire passer à la chaise électrique...

Duez - Mais en Belgique il n'y a plus la peine de mort, on ne peut plus tuer les gens...

Garçon 2 - Je préfère le tuer et aller en prison, plutôt que le laisser vivre.

Duez - Est-ce que l'on peut pardonner Marc Dutroux ?

Garçon 3 - Pardonner Marc Dutroux ? Jamais de la vie, hein ! T'es fou ? Moi, je voudrais que le père de Melissa, de Julie, de tous les enfants qu'il a tués, même les papas des enfants qui sont pas morts, je voudrais qu'on le prend, qu'on le jette, par exemple, dans le canal, puis qu'on lui bouche son nez avec une pince, une grosse pince, et puis qu'on lui mette un truc à son nez. Puis qu'on le tue, hein !

 

Si les enfants s'inscrivent dans le registre narratif, s'ils disposent de nombreux espaces pour s'exprimer, néanmoins Jacques Duez leur oppose à plusieurs reprises un discours rationnel. Lorsque, par exemple, un enfant propose de suspendre la justice quelques jours, le temps de régler son compte à Dutroux, Duez renvoie à la nécessité de respecter les lois au sein d'une société, à l'interdiction d'organiser un meurtre, quelle qu'en soit la raison, sous peine de devenir soi-même meurtrier.

La tension entre logique narrative et logique argumentative est palpable dans l'extrait 1 et dans toute l'émission. D'un côté, Duez ne parvient pas à persuader les enfants : « Ils ne veulent pas entendre ce que je dis ; ça ne veut pas dire que je n'ai pas à le dire ». De l'autre, les enfants ne se sentent pas compris : « Tu as essayé de nous faire comprendre la justice, tout ça, mais toi non plus, tu n'essaies pas de nous comprendre. »

Parfois un enfant tente une percée interprétative : « Moi, dit une petite fille, je me demande pourquoi on fait des gens comme ça ! », tout de suite appuyée par Duez : « Voilà la bonne question à se poser ! » Mais bien vite, les émotions reprennent le dessus.

Au fil des séances de cours, d'autres moments interprétatifs apparaîtront. C'est le cas en particulier lorsqu'une fille, outrée, raconte que des enfants, à la récréation, ont « joué à pédo[phile] ». Duez leur demande de parler de cet étonnant passe-temps. Pour certains, cela permet de « s'imaginer » ce que les victimes de Dutroux ont ressenti, voire ce que le kidnappeur lui-même a pu ressentir ; pour d'autres, cela permet juste de se détendre (« on rigolait »). Au final, ils ont vécu une espèce de catharsis. Ils ont rejoué la scène de l'enlèvement, pour la vivre comme de l'intérieur, mais en lui donnant une autre issue : « Un policier venait nous délivrer ! »

Néanmoins les dissensions demeurent, malgré la mise en place de procédures facilitatrices, comme celle de l'empathie rationnelle.

Extrait 2

Duez - Abandonne un instant ton idée et prends un peu la mienne.

Ludovic - Mais je saurais pas la prendre. En moi j'me dis, je vais le tuer et c'est enregistré dans ma tête

Fille 2 - Tuer un assassin, c'est pas horrible...

Duez - Mais si c'est horrible, c'est tuer un être humain.

Fille 2 - Oui, c'est un être humain, mais pas un bon être humain.

Duez - Ça, c'est vrai, mais sommes-nous tous de bons êtres humains ?

Fille 2 - Non, on a des défauts. Mais lui, c'est pas un défaut qu'il a, j'sais pas c'est quoi, mais... c'est un malade !

Duez - Il n'a peut-être pas le sens des limites, il ne sait pas où est la limite, tu comprends ?...

Fille 2 - J'sais pas quel âge il a, mais à cet âge-là, si on ne sait pas c'est quoi une limite ?...

Duez - C'est grave... Et celui qui roule à du 180 km/h là où c'est limité à du 120 ?

Fille 2 - Ouais, mais ça c'est pas le même, c'est le code de la route !

Duez - Oui, mais c'est aussi une question de limite...

Fille 2 - Oui, mais lui, c'est une question de mort aussi.

Duez - Mais comment peux-tu admettre ce que tu condamnes ?

[...]

Fille 2 - Si on le tue, c'est pas une catastrophe, puisqu'il a déjà tué, lui. Nous, c'est pas pour se venger, mais c'est pour qu'il meure.

Duez - Et vouloir qu'il meure, c'est quoi ? C'est une vengeance.

Fille 2 - Ouais, c'est vrai.

Fille 1 - C'est pas que je veux pas t'écouter, mais c'est parce que, c'est vrai, c'est dur !

Duez - Ah, c'est dur, ça je suis d'accord avec toi.

Fille 2 - On dit qu'ils ont tué et tout ça, et nous on n'arrive pas à l'enlever...

Duez - Je suis d'accord avec toi, ma chérie, c'est pas facile. Et c'est vrai que c'est très dur d'arriver à prendre distance par rapport à ce sentiment de vengeance.

C'est alors que Jacques Duez a l'idée de transmettre aux parents de Julie (Lejeune) et Melissa (Russo) une cassette avec les questions des enfants, et de filmer les réponses des parents ; puis d'organiser une rencontre à l'école entre les parents et les enfants. Voici deux brefs extraits de ces moments reconstructifs.

Extrait 3

Carine Russo – Il y a une petite fille qui nous interpelle en disant que si les parents n’ont pas envie au fond d’eux de tuer, alors c’est qu’ils ne tenaient pas tant que ça à leur petite fille. Eh bien, elle nous fait sourire évidemment, parce que ça nous interpelle très fort. On se dit, elle a compris ce qu’on ressent très fort à l’intérieur de nous. Mais c’est pas parce qu’on ressent ça très fort à l’intérieur de nous qu’on peut continuer cet esprit de vengeance, cette haine. On ne peut pas pour la bonne raison que ça nous détruirait nous-mêmes parce que, si on fait passer cette haine au-dessus de toutes les règles qui font en sorte qu’il y ait le moins de violence possible, on détruit énormément de choses qu’on a construites depuis tellement et tellement d’années pour que le monde aille quand même mieux. […]

Duez - Julie et Melissa peuvent être fiers de leurs parents et des choix que leurs parents font ?

Garçon 4 - Ils se maintiennent, franchement ils m'ont aidé pour certaines choses. Ils m'ont aidé dans comment se maintenir, comment essayer de comprendre certaines choses, comment essayer de se battre, comment essayer de maintenir le débat.  [...]

Garçon 5 - Nous, en tant qu'enfants, on doit comprendre les autres enfants. Julie et Melissa se sont fait séquestrer, on les a violées, maintenant elles sont mortes. On a compris leur peine, et tout ça. Nous, les enfants, on s'est dit c'est affreux [...]. Mais il faut aussi prendre conscience que Dutroux a des enfants, donc déjà qu'il est en prison, ça leur fait déjà pas le plus grand bien. Et alors, si ils apprennent encore plus, qu'on va le tuer, direct, dans un mois ou deux, parce que la peine de mort est rétablie, je crois vraiment que... et c'est à cause de ça qu'ils peuvent se rebeller plus tard aussi.

Fille 1 - Moi, maintenant, je suis d'accord de pas l'tuer. Au fond, je voudrais l'tuer, mais moins qu'avant.

Duez - Et qu'est-ce qui fait que tu comprends, et quand c'est moi qui essayais de t'expliquer, tu parvenais pas à comprendre ?

Fille 1 - T'as pas dit les mots qu'il fallait.

Duez - Ah, j'ai pas dit les bons mots... Et quels sont les bons mots ?

Fille 1 - Les mots qu'elle a dit.

Duez - Et qu'est-ce qui fait que quand c'est moi qui le dis, tu ne comprends pas, et quand c'est elle tu comprends ?

Fille 3 - Parce qu'avec toi, c'est pas sûr, c'est plus sûr avec les parents.

Duez - Qu'est-ce qui est plus sûr avec les parents ?

Fille 3 - Vu que c'est leur enfant, ils savent déjà mieux expliquer pourquoi.

En finale, les enfants sont passés par les différents niveaux du discours : le narratif, bien sûr, mais aussi l'interprétatif, en prenant en compte, par exemple, les raisons pour lesquelles on commet des actes pédophiles. Quant au niveau argumentatif, il était représenté par le discours du professeur, trop extérieur, trop rationnel aux yeux des enfants. Et le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. « T'as pas dit les mots qu'il fallait », dit la petite fille qui a besoin, comme les autres, d'une parole incarnée dans la souffrance, dans la douleur d'avoir perdu un enfant, pour pouvoir accéder à un autre niveau de compréhension.

 

 

 

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 18:18

Pas plus que le père Noël.

Mais envoyer pathétiquement un huissier saisir les misérables appareils électro-ménagers de Michelle Martin chez les sœurs béguines des Clarisses, quelle misère, quelle dérision.

Parce qu’elle n’a pas versé de dommages ?

Mais les dommages de ses crimes sont incalculables. Autant faire une croix dessus. La souffrance infligée à des enfants, une telle souffrance, ne mérite que l’oubli. Pas le pardon, d’accord. Pas la compréhension, d’accord, il n’y en a pas de possible. Pas de vengeance, il n’y a pas de vengeance à la hauteur d’une telle horreur. Et la vengeance est elle-même une horreur.

Pas l’oubli absolu, mais le tiroir dans lequel nous fourrons tous les malheurs subis dans nos vies. Où ils sont confinés, et parfois se réveillent sans prévenir. Alors, pour quelques heures, quelques jours, le cœur bat mal, et des larmes.

En vouloir autant à une criminelle plonge dans le ressassement, la rancœur et le ravivement constant de douleurs insupportables.

La résilience est sans doute inéluctable. La seule solution. Pour le père et ses proches. Je serais heureux qu’ils rencontrent Boris Cyrulnik. Sûr qu’il accepterait de les recevoir. Excusez-moi, Monsieur Lambrechts, vous n’êtes pas une ordure. Pas du tout. Vous vous fourvoyez dans l’impossible.resilience.jpg

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 10:37

Plaidoyers pour l’abolition de la prison et liens utiles

 

Pourquoi faudrait-il punir ? Sur l'abolition du système pénal

Catherine Baker


Bien des philanthropes, depuis la création de la prison, luttent pour une amélioration du sort des détenus. C'est d'ailleurs la moindre des choses. On peut indéfiniment réformer et reformer ainsi la prison.

On peut aussi vouloir son abolition, sa suppression pure et simple. Comme on a supprimé les tortures de l'arsenal pénal.

Elle est un supplice, au même titre que la goutte d'eau sur le crâne et tous les supplices qui visent l'énervement.

Elle repose sur l'idée qu'elle doit être dégradante et humiliante : au sens le plus littéral du terme, elle se veut une peine infamante.

Les modernes, malgré les concessions au populisme d'aujourd'hui sur le «tout sécuritaire», s'accordent à la trouver archaïque. Mais on peut s'attendre à ce qu'elle soit remplacée par quelque chose de pire

C'est pourquoi la question essentielle n'est pas celle du comment, mais du pourquoi.

prison2.jpg

Pourquoi punir ? Pourquoi faudrait-il punir ?

Ce livre vient de paraître (2004)
ISBN 2-912631-11-4
192 p. de format A6
prix de vente public : 8 euros

A noter que l'auteure à créé un site pour en discuter, qui d'une part met à disposition une version abrégée du livre à télécharger, et d'autre part un forum de débat sur la question

:: Texte intégral (660 ko - pdf)

 

Autres sources intéressantes sur la question de l’enfermement :

 

Loïck Wacquant

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lo%C3%AFc_Wacquant

 

Thierry Lod

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Lod%C3%A9

 

Catherine Baker

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Baker

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 18:31

« … le feu s’éteint, regarde, à quoi penses-tu ? »

Cette phrase d’un coup dans sa tête entre deux gorgées de Chimay. Ca vient d’où ces mots ? Et puis quels mots ? On s’en fout. Pourtant, malgré lui, une image reste, le feu éteint. Quel feu ? Chez sa mère, la petite lueur par le losange du clapet dans le pot de la cuisinière à bois. Et alors ? Il vide son verre.

- Tu m’en remets une autre, Kevin ?

Quand même, des mots comme ça. Il se retourne, au cas où. Mais il sait très bien qu’il n’y a personne derrière lui, juste la porte ouverte sur les trois escaliers de pierre et la terrasses aux quatre tables surmontées de leurs parasols rouges et blanc. Dans la rue, sur le pavé, les étrangers commencent à se rassembler.

Je m’en fous ! se dit-il avec conviction. Ce n’est pas spécialement destiné aux étrangers ou à la pensée. S’en foutre, c’est sa ligne de conduite. Laisser couler, ne pas s’en mêler.

- Je m’en fous ! déclare-t-il cette fois à haute voix. Kevin, après lui avoir jeté un coup d’œil, continue à chipoter dans le tiroir. Il compte la monnaie pour passer le temps.

Marcel gigote sur son tabouret. C’était comment encore ? Le feu s’éteint. Quel feu ? Et, ce n’est pas tout. A quoi je pense, aussi.

- Je ne pense pas, moi, Kevin, je bois, s’exclama-t-il. Sa voix résonna sur le carrelage et la vitrine du café vide.

- Mais on s’en fout, Marcel.

- C’est exactement ce que je disais : on s’en contre fout !

Dans la rue, le cortège s’organise. Certains sont venus avec leurs enfants, même des poussettes. Comme il fait beau ils sont en robes et chemises blanches. Ils se sont passé le mot sur face-book. Mais comme c’est le soir et qu’on annonce un peu de vent, il y a pas mal de pulls en réserve sur les bras et les poussettes.

Dans le café, il fait chaud. Marcel, les coudes sur journal ouvert et chiffonné sur le comptoir se sent le front brulant et les mains moites. « La monstre » titre le journal.

 

Il doit pisser. Mais pisser c’est pas rien dans son état. Il se retient. Il faut bien qu’il se retienne. Je ne m’en fous pas assez se dit-il confusément, je devrais pisser là dans la crasse au pied du comptoir ! Mais il finit par se lever et il titube vers l’arrière-cour où se trouve l’urinoir avec sa pastille fluo. Quand il revient, la braguette ouverte, il voit les ballons blancs qu’on fait tenir par les enfants au bout d’une ficelle. Ca l’énerve.

- Bande de cons, grogne-t-il en grimpant sur son tabouret qui chavire et manque s’écrouler. Il empoigne son verre et en boit une bonne moitié. Ce n’est qu’alors qu’il voit la phrase. Elle est sous ses yeux ébahis écrite à la main sur un sous boc.

«  Parce que le feu s’éteint, regarde, à quoi penses-tu ? »

A quoi je pense ? Je ne pense pas. J’ai… je ne sais pas… je les regarde là sur le pavé. Il y en a un, un grand escogriffe, maigre comme un mort, osseux pas honnête, pieds nus dans ses sandales. Celui-là, il va avoir froid aux pieds dès que le soleil sera couché. Mais je ne pense pas, nom de dieu !

- Hein, Kevin !

- Quoi, Marcel ?

 - Rien. T’occupe. Je réponds à la question.

Kevin hausse les épaules. Ce qui le préoccupe c’est question de savoir si tous ces gens après la manifestation viendront boire quelque chose. Pas dit : toutes familles ! Et il pousse un soupir où il y a une sorte de mépris.

 

Marcel, sans le savoir, imagine la femme, « la monstre » du journal. Pauvre femme, nom d’un chien ! Pauvre femme ! La taule, il connaît, Marcel. Les deux mètres sur quatre, le béton, les crampes d’immobilité dans les jambes quand on les replie pour que l’autre puisse faire ses trois pas, le sang qui se glace petit à petit par la torpeur. La torpeur ! J’en emploie de ces mots ! Et Marcel là-dessus, fait claquer sa langue, comme s’il voulait marquer sa satifaction.

- Qu’est-ce que tu veux ? Demande Kevin que son unique client commence à agacer.

- Torpeur. Tu connais ce mot ? Non, tu ne peux pas. Tu n’as pas fait de taule. Tu ne peux pas connaître. Ecoute : « le sang glacé par la torpeur ». Tu ne peux pas savoir. Et à quoi tu penses quand le feu s’éteint, toi ? Hein, à quoi ?

Moi, je pense à cette pauvre femme qui a fait de la taule. Une pauvre prisonnière mentale d’un détraqué qui la tenait par la peur. Un malade celui-là, un tordu qui prenait son plaisir dans la torpeur glacée de cette pauvre femme qui était juste une marionnette entre ses mains. Les femmes, ça peut tourner comme ça, c’est malheureux, mais c’est comme ça, et écoutez-moi, vous autres, le troupeau de veaux blancs.

Et là, Marcel se retourne d’un coup, renverse son tabouret et avant que Kevin aie pu faire un geste, se précipite jusqu’à la porte ouverte où il se plante, une main agrippée à chaque montant parce qu’il sent que sinon il tombe.

- Foutez-lui la paix. Elle a payé. C’est une pauvre femme. Une pauvre femme. Et vous les blancs culs, vous ne faites que chercher vengeance. Mais la pauvre, elle se sent déjà pas assez coupable ? A quoi pensez-vous … je ne sais pas moi... quand votre maman s’éteint et que le gras du lard se fige ? Non, je veux dire, ça vous arrive de penser un peu plus loin que le bout de votre nez ? Elle va aller faire pénitence chez les bonnes sœurs. Chez les bonnes sœurs, c’est le silence. On peut dire ce qu’on veut des curailleries et des grenouilles de bénitier. Personnellement, j’ai jamais apprécié. Mais le silence ! Le silence, chez les bonnes sœurs, ça compte. Vous pouvez me regarder et mon ventre plissé par ma braguette ouverte. Et toi, Kevin, tu me fous la paix ! Je pense, et le feu se rallume et les Chimay tu peux te les foutre. Je vais y aller, moi, chez les bonnes femmes et je les prendrai dans mes bras car ce sont des sages femmes du silence et tous ces faux culs bénis à poussettes, je les renvoie dans leurs petites cuisines ikéa, qu’ils aillent se boire de la camomille et du gaviscon. Car tu penses qu’ils pourraient venir trinquer chez toi, Kevin ! Et bien tu te trompes.

Il s’est tourné vers l’intérieur du café et soudain, chancelant mais très grave.

Kevin, dis-moi à quoi tu penses toi quand le feu s’éteint. Tu sais, les bonnes femmes là-bas, les sœurs où elle va, peut-être dans le silence, on ne sait pas, le feu… Le feu pour elle. Un petit feu. Penses-y, Kevin ! Penses-y ! Et remets-moi une Chimay. Une bleue. Je parle trop, nom de dieu.

 

Michel Harcq⨪

Clarisses.jpg

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 19:45

Très loin, à l’autre bout du monde, Little boy, une bombe d’un nouveau type, recouverte de graffitis d'injures à l’égard des « faces de citron », est armée en vol dans le ventre de l’Enola Bay, un bombardier américain, et larguée à huit heures quinze, heure locale, à neuf mille mètres au-dessus d’une ville japonaise importante. La météo est bonne, le ciel clair. À huit heures seize minutes et deux secondes, après quarante-trois secondes de chute libre, la bombe explose à six cents mètres du sol, à la verticale exacte de l'hôpital central. L'explosion, équivalant à quinze mille tonnes de dynamite, rase instantanément la ville. Septante cinq mille personnes sont tuées sur le coup, évaporées. Dans les semaines qui suivent, plus de cinquante mille blessés vont mourir. Des écoles entières. Le nombre total de morts sera d’un quart de million. Il ne reste aucune trace des habitants situés à moins de cinq cent mètres du lieu de l'explosion, sinon, parfois, leur ombre imprimée sur le sol calciné.

Le gouvernement des Etats-Unis provoquait ainsi la reddition d’un Etat déjà prêt à capituler. Et pensait faire très peur à l’Union soviétique exsangue que certains hauts gradés et politiciens Hiroshima2.jpgaméricains voulaient alors envahir pour terminer le travail salopé par le IIIe Reich.

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 15:06

Le vaste et scandaleux débat sur la libération conditionnelle de Michelle Martin fait totalement l’impasse sur la question de l’enfermement. La prison, comme appareil coercitif de l’Etat, n’existe que depuis le début du 19e siècle, comme par hasard le début du capitalisme industriel. De nombreuses cultures rejetaient ou ignoraient l’enfermement jusqu’à ce que la colonisation répande cette peine dans le  monde entier. Or, l’enfermement est plus qu’une  peine, c’est le monstrueux  contrôle de l’Etat sur un individu : il n’est pas seulement privé de sa liberté, il est contrôlé en permanence, son corps ne lui appartient plus et, de plus en plus souvent, son cerveau est soumis à l’enfermement par des molécules chimiques. Si l’Etat dispose aujourd’hui de son corps, il n’hésiterait pas à disposer de ses pensées.

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L’affaire de Michelle Martin doit nous inciter à réfléchir à l’enfermement, à remettre en question la prison, à étudier l’histoire, à se pencher sérieusement sur les cultures qui ont pratiqué, et quand elles le peuvent, pratiquent encore une « justice » différente.

 

De nombreux sociologues et criminologues remettent la prison en question. Certains proposent de tout simplement abolir l’enfermement. Comme on a aboli la peine de mort. L’enfermement est une vengeance, rien d’autre. C’est une forme de mort, rien d’autre. L’opprobre lancé contre les détenus et les ex-détenus (comme le « casier judiciaire ») doit nous faire honte.

 

Si vous vous clamez progressiste et que vous soutenez le système carcéral, c’est que vous n’êtes pas progressiste. Ce système est une des  manifestations les plus odieuses de l’Etat capitaliste.

 

Gérard de Sélys

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 10:51

 

22% de demandeurs d’emploi en dépression. 45% en stress de précarité... Mais la Ministre de l’Emploi continue à jouer à transformer verbalement le contrôle en accompagnement... solitude-copie-1.jpg

23 Question de Mme Zoé Genot à la ministre de l’Emploi sur "le mal-être des chômeurs" (n° 12520)

23.01 Zoé Genot (Ecolo-Groen) : Monsieur le président, madame la ministre, Le Soir et la RTBF nous livrent, ce mardi 12 juin, les résultats d’une enquête menée par l’Institut de sondage Dedicated Research sur l’état de bien-être psychologique de la population en Belgique francophone pour le compte de Solidaris mutualité socialiste et sous le conseil scientifique du Dr William Pitchot, psychiatre au CHU de Liège.

Les réponses des personnes sondées indiquent clairement que leur moral est en berne et que notre société est de plus en plus anxiogène. Cela s’aggrave depuis cinq ans, selon les auteurs de l’étude. SeuI un Belge sur quatre ne ressent aucun mal-être, les autres sondés expriment des intensités de mal-être et de souffrances psychiques variables. Mais un sur dix exprime un profond mal-être permanent.

En effet, les chiffres révélés par cette enquête sur un échantillon de 1 000 personnes sont particulièrement inquiétants : 8 % des sondés ont déjà tenté de se suicider (avec 18 % de tentatives chez les 18-25 ans), 10 % se trouvent souvent ou très souvent en situation d’angoisse, d’anxiété ou de dépression, 5 % sont en dépression sévère. Chez les demandeurs d’emploi, on trouve 22 % de cas de dépression et 45 % craignent de tomber dans la précarité. Il ressort de l’enquête que les principales victimes de ces pourcentages affolants sont les femmes, les chômeurs et les jeunes entre 18 et 25 ans. Le constat de ce sondage est validé par un deuxième volet de l’enquête qui a consisté à interroger 130 professionnels de la santé.

Madame la ministre, avez-vous pris connaissance de cette étude ? Quelles réflexions en tirez-vous ? Ne craignez-vous pas que le contrôle de la disponibilité et la réduction des allocations de chômage aggravent stress, dépression et tentatives de suicide ?

23.02 Monica De Coninck, ministre : Monsieur le président, madame Genot, je suis heureuse que vous posiez cette question.

Je crains que les mesures prises par le gouvernement en matière de chômage ne soient souvent considérées que du point de vue de leurs effets négatifs potentiels. En effet, on ne tient pas suffisamment compte des effets positifs qui sont poursuivis. Ainsi, le contrôle de la disponibilité, en particulier en ce qui concerne le suivi du comportement actif de recherche d’emploi, est en premier lieu un moyen permettant d’accompagner, d’aider et de motiver les demandeurs d’emploi le plus vite possible. L’objectif est de ne pas laisser les demandeurs d’emploi livrés à eux-mêmes.

Nul ne peut contester le fait que rechercher un emploi peut causer du stress, des doutes ou de la frustration. Il ressort de l’expérience des facilitateurs ONEM qui mènent les entretiens que les demandeurs d’emploi puisent souvent des forces dans le fait qu’ils peuvent se décharger, en racontant les difficultés qu’ils rencontrent sur le marché de l’emploi.

Nombreuses sont les études qui démontrent qu’il est important de trouver un emploi. En effet, le travail procure non seulement un revenu mais aussi une place dans la société. Le travail aide aussi à se forger une identité et favorise les contacts sociaux. Il offre également des possibilités d’appliquer et de développer ses compétences et d’augmenter l’estime de soi.

Le suivi du comportement de recherche d’emploi est conçu de telle manière que l’on tient toujours compte de la situation spécifique du demandeur d’emploi. Ainsi, la législation prévoit explicitement que, lors de l’évaluation des efforts fournis pour trouver du travail, on tient notamment compte de l’âge du demandeur d’emploi, de son niveau de formation, de ses capacités, de sa situation sociale et familiale, de ses possibilités de déplacement et des éléments potentiels de discrimination.

Les facilitateurs de l’ONEM tiennent le plus possible compte des éléments qui sont évoqués par les services régionaux de l’Emploi. Je pense ici notamment aux problèmes liés aux difficultés médicales, mentales, psychiques et psychiatriques.

En ce qui concerne la dégressivité, je souhaite insister sur le fait que le nouveau système prévoit aussi des exceptions pour les groupes vulnérables, tels que les personnes qui ont atteint l’âge de 55 ans, qui ont une carrière professionnelle de 20 ans ou qui prouvent une incapacité de travail réduite permanente d’au moins 33 %. L’allocation de ces catégories n’est pas soumise à la dégressivité. Pour les autres catégories, cela peut être le cas, mais, les personnes isolées et les cohabitants avec un revenu unique reçoivent une allocation qui dépasse le revenu d’intégration.

23.03 Zoé Genot (Ecolo-Groen) : Monsieur le président, madame la ministre, je vous remercie pour votre réponse.

Trouver un emploi, bénéficier d’un bon suivi ou même d’une bonne formation est bon pour l’estime de soi et le moral.

La difficulté réside dans le fait que ce n’est pas ce qui est actuellement proposé. Pour ma part, j’ai eu l’occasion de rencontrer énormément de personnes qui sont très anxieuses à l’idée de rencontrer les facilitateurs, ce même quand elles effectuent réellement des recherches en vue de trouver un emploi.

Par ailleurs, le peu de temps dont disposent ces derniers pour réaliser leur mission ne leur permet pas d’exercer un véritable suivi, d’accompagner réellement les demandeurs d’emploi, ni de tenir compte de la situation spécifique de chacun. J’attire ici votre attention sur le fait que ce sont des facilitateurs qui m’ont informé de cette situation. À Bruxelles, par exemple, vu le temps nécessaire à la préparation d’un dossier, à la rédaction des rapports, etc., les facilitateurs ne peuvent accorder que 10 ou 15 minutes par personne. Ce laps de temps n’est pas suffisant pour…

23.04 Monica De Coninck, ministre : (…)

23.05 Zoé Genot (Ecolo-Groen) : Non, je parle ici du rôle des facilitateurs qui relèvent de la compétence fédérale. Les Régions sont compétentes pour l’accompagnement, etc., qui est d’ailleurs très insuffisant en Région bruxelloise, vu le nombre de chômeurs.

Pour en revenir aux facilitateurs, ces derniers ne disposent que de 10, voire 15 minutes pour effectuer leur travail.

Vous dites que la dégressivité ne touchera pas les personnes vulnérables. Or je puis vous dire que je rencontre quotidiennement des parents devant payer leur loyer en Région bruxelloise. Vu le niveau de leurs allocations, la moindre dégressivité va davantage encore les fragiliser, alors qu’ils sont déjà sur la corde raide.

 

Chambre des représentants – Commission des Affaires sociales - Réunion du 3 juillet 2012 – Extrait du compte rendu intégral

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 19:11

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FUKUSHIMA UNE BOMBE SANITAIRE A RETARDEMENT

Posted on 12 juillet 2012 | in ACTUALITÉS FUKUSHIMA-INFORMATIONS | by

 

Répandant la bonne parole: Shuntaro Hida, qui a traité les hibakusha pendant des décennies, est interviewé le mois dernier à son domicile à la préfecture de Saitama. KYODO

Selon les déclarations d’un médecin à la retraite de 95 ans dans le Japan times online  les résidents près de la centrale nucléaire de Fukushima n ° 1  commencent à  développer des symptômes semblables à ceux qui ont touché les survivants des attaques nucléaires d’ Hiroshima  et de Nagasaki en 1945 , et qu’il a traités durant des décennies.

Après plus d’un an que la crise nucléaire ait éclaté à Fukushima , Shuntaro Hida c’est occupé à donner des conférences et des interviews afin de faire prendre conscience aux gents des dangers d’ inhaler, de boire ou de manger des substances radioactives.

Hida Shuntaro déclare qu’il a reçu des appels téléphoniques de résidents autour de l’usine de Fukushima qui se plaignent de fatigue inexpliquée et la diarrhée ainsi que de perte de leurs cheveux, symptômes qu’il suspectes d’ avoir été causés par des expositions internes aux rayonnements.

Il ne sait pas si ces problèmes de santé sont liés à la libération de quantités massives de matières radioactives de la centrale de Fukushima. Mais Hida se sent concerné.

«Je suis inquiet parce que j’ai reçu beaucoup d’appels et plus tôt que je m’y attendais,» dit-il.

La somme  de la recherche et des connaissances du public au sujet de l’exposition interne aux rayonnements est encore limitée  parce que les Etats-Unis ont « caché » les informations sur ce problème pendant une très longue période après avoir largué des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki en 1945, dit il .

Natif d’Hiroshima, il servait en tant que médecin de l’armée là quand il a été exposé aux rayonnements de la bombe atomique. Depuis, il a traité plus de 6.000 survivants et a travaillé comme directeur du centre d’orientation à la Confédération japonaise des A et des organisations malades du H-Bomb.

Une fois que les radionucléides  pénètrent dans le corps humain,  ils conduisent à une exposition prolongée à de faibles doses de rayonnement, dit-il. Mais cela pourrait poser un plus grand risque pour la santé humaine, tels que les développements de cancers et endommager le système immunitaire, qu’une exposition à un niveau plus élevé de rayonnement à court terme.

Hida dit que, grâce à ses efforts pour partager ses expériences avec les jeunes générations, il est amené  à penser que de nombreuses personnes au Japon,  vont  rejeter maintenant , non seulement les armes nucléaires, mais aussi de l’énergie nucléaire comme «seule façon« d’éviter le risque d’irradiation.

« Il est crucial d’impliquer les gens qui sont encore indifférents, ainsi que ceux qui n’ont pas pris de mesures dans le mouvement pour mettre fin à la production d’énergie nucléaire », a dit Hida, qui a pris sa retraite en 2009 et vit maintenant à Saitama.

Il a passé une grande partie de sa vie à effectuer des recherches sur la fatigue inexpliquée appelé maladie de Bura Bura  dont il croit qu’elle est causée par l’exposition aux rayonnements, et il pense  que certaines personnes pourraient commencer à montrer des symptômes « dans un à trois ans » après la catastrophe de Fukushima.

La maladie hante des milliers de survivants des bombes atomiques  y compris ceux qui ont échappé à  l’explosion directe,  mais qui ont  inhalé , bu ou mangé des substances radioactives, Ceux qui présentaient des symptômes se sentait trop fatigué pour travailler ou même se tenir debout, mais les médecins ne pouvaient pas établir clairement qu’ils étaient malades. Les patients ont perdu confiance dans la société comme ils ont été considérés par certains comme faisant semblant d’être malade ou ont été tout simplement être paresseux.

« Beaucoup d’entre eux se sont  suicidés, » dit Hida. Il s’inquiète du fait que quelque chose de semblable pourrait être répété à Fukushima parce que la médecine actuelle ne peut toujours pas établir un lien entre la fatigue et l’exposition aux rayonnements.

« Il s’agit d’une lutte pour changer la mentalité de chaque personne  » dit Hida , rappelant ses décennies de luttes pour rendre les gens conscients du danger de l’exposition interne aux rayonnements au milieu d’un manque de données scientifiques.

Sous l’ occupation jusqu’ au  début des années 1950, les gens ont été interdit de « parler, d’enregistrer ou de faire des recherches sur les symptômes affectant les survivants des bombes atomiques », dit-il. «J’ai été traqué par la police militaire, quand je parlais de ce que j’ai vu à Hiroshima», et plusieurs fois arrêté par les forces d’occupation pour « ne pas respecter leur politique d’occupation. »

Hida, en tant que représentant d’un groupe de professionnels de la santé a appelé la Fédération japonaise des institutions démocratiques médicaux, a exhorté le Secrétaire général U Thant en 1975 d’organiser une conférence internationale sur les effets des rayonnements sur les hibakusha, qui ont été réalisé deux ans plus tard.

«C’est la colère qui a tenu ma parole à ce jour. Comment pourrais-je garder le silence même 67 ans après les attentats à la bombe? »  déclare Hida .

ndlr :  Comme le dit Hida Shuntaro sous l’ occupation jusqu’ au ce début des années 1950, les gens ont été interdit de « parler, d’enregistrer ou de faire des recherches sur les symptômes affectant les survivants des bombes atomiques.

Ainsi dans Wikipédia peut on lire :

Effets médicaux à long terme de l’irradiation:

  • Les leucémies : À partir de 1947, une augmentation de l’incidence des leucémies a été observée parmi les survivants irradiés. Un maximum fut atteint en 1951, ensuite cette incidence a décliné pour disparaitre en 1985. Sur 49 204 survivants irradiés suivis de 1950 à 2000, il a été observé 94 cas de leucémies mortelles attribuables aux radiations
  • ndlr : ( on a donc attendu 5 ans que les gents meurent avant de commencer l’   » étude » )
  • Les cancers « solides » : Le suivi des survivants irradiés a montré, à partir de la fin des années 1950, une augmentation progressive de l’incidence des cancers, en particulier ceux du poumon, du tube digestif et du sein. Sur 44 635 survivants irradiés suivis de 1958 à 1998, il a été observé 848 cas de cancers mortels attribuables aux radiations.
  • ndlr : (Treize longues années avant un suivi des cancers !)   cela donne un nouvel éclairage sur cette  » Etude  » publiée dans La Radioactivité.com 
  • Effets médicaux autres que les cancers chez les survivants irradiés : survenue de cataractes, de stérilité (souvent réversible chez l’homme), d’une augmentation de la fréquence des maladies (non cancéreuses) pulmonaires, cardiaques ou digestives avec une possible diminution de la durée de vie. Le nombre de ces décès semble égal au nombre ou à la moitié du nombre de ceux dus aux cancers et leucémies (soit environ de 0,5 % à 1 %).
Le nombre des morts dus aux effets à long terme des bombardements nucléaires est, d’après ces chiffres, dérisoires par rapport à celui des victimes des premiers mois. En mars 2007 au Japon, près de 252 000 personnes encore vivantes sont considérées « hibakusha » (survivants de la bombe). Mais, de ce nombre, moins de 1 % (2 242 exactement) sont reconnues comme souffrant d’une maladie causée par les radiations.

ndlr : Compte tenu du début tardif des études respectivement 5 et 12 ans , aucune conclusion sérieuse ne peut être tiré , à l’exception d’une seule qui se résume au fait qu’on aurait attendu que les gents soient mort pour commencer à faire une étude qu’on ne s’y serait pas pris autrement ! 

 

Science et Vie n°457 d’octobre 1955
Lire Hiroshima 54 jours d’enfer  (en cliquant sur le lien) 

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 18:55
Lettre ouverte au monde libre
Le 17 janvier 2012, nous avons entrepris de mener un combat pour notre liberté et notre dignité parce que le peuple de l'Azawad n'a que trop souffert dans l'ignorance du monde entier. Notre Nation, niée encore aujourd'hui a pourtant existé bien avant les invasions coloniales et les découpages territoriaux dont nous avons été, nous les Kel Tamasheq, les principales victimes. Nous ne comprenons pas que le monde ignore notre lutte légitime après tant d'années de massacres, de souffrances et de sacrifices. femme-touaregue1.jpg

Nous avons libéré seuls notre territoire et voilà que les islamistes venus de partout parasitent notre combat libérateur, martyrisent notre peuple, détruisent notre patrimoine et menacent gravement notre culture millénaire qui a fait de la femme touarègue un modèle en terme de droit et de liberté.

Nous assistons à la destruction de notre patrimoine mis à sac par des hordes de terroristes sans culture et sans Histoire. Ils ont entrepris de réduire à néant toute trace de notre civilisation car il n'y a pas que les mausolées de Tombouctou qui font partie du patrimoine de l'humanité. La culture touarègue, de tradition matrilinéaire, est aussi un patrimoine de l'humanité qui ne concerne pas seulement les touaregs mais l'humanité toute entière.

Les islamistes détruisent tout sur leur passage, ils endoctrinent de jeunes enfants et arrivent à corrompre des jeunes désœuvrés. Les femmes touarègues ont subi, pour la première fois de leur longue Histoire, une humiliation qu'elles n'avaient jamais connue auparavant, jusqu'au sombre jour où les hommes de Ansar Dine ont frappé les manifestantes de Kidal.

Dans tout l'Azawad, les leaders féminines du MNLA sont victimes d'intimidations et de menaces par les islamistes d’Ansar Dine, du Mujao et de l'Aqmi sans que cela ne soulève l'indignation générale à laquelle nous nous attendions de la part du monde libre. Malgré leur isolement, elles continuent de se battre seules et résistent du mieux qu'elles peuvent.

Mais combien de temps pourront-elles résister contre cette internationale islamiste soutenue pas des puissances occultes disposant de moyens gigantesque avec lesquels il nous est impossible de rivaliser si nous ne sommes pas aidés et soutenus. L'absence de soutien international au MNLA a profité aux divers groupes intégristes insidieusement installés sur notre territoire depuis plus de 15 ans.

Le "bons sens" aurait voulu que le MNLA, qui est le seul mouvement à affronter les islamistes dans l'Azawad, soit soutenu et aidé par l'ensemble des Etats qui luttent contre le terrorisme. Au lieu de cela, à notre grande surprise, les résolutions de l'ONU ne font aucune injonction aux divers groupes terroristes qui occupent notre territoire.
Mieux encore, malgré l'historique macabre des années de massacres des populations touarègues par le Mali, les Nations Unies exhortent le MNLA à renoncer à l'indépendance de l'Azawad et occultent le droits des peuples à disposer d'eux-mêmes, alors-même que nous réunissons toutes les conditions requises à son application.

La sombre histoire que nous fait vivre le Mali depuis 1963 n'a donc aucune importance ? Les 100 000 victimes de ce qu'il convient d'appeler « épuration ethnique » n'a donc aucun poids ? Nous sommes indignés de toute cette indifférence face à notre drame mais nous continuerons à lutter, quoi qu'il nous en coute pour notre dignité et notre liberté.

Le MNLA ne pliera pas et poursuivra sa lutte légitime pour la liberté de l'Azawad. Nous interpellons les nations libres et démocratiques et nous les appelons à venir en aide au peuple de l'Azawad dont le seul représentant légitime est le MNLA.

Il est tout à fait inadmissible que Ansar Dine et le Mujao, soient considérés comme des partenaires fréquentables alors que le MNLA, seul mouvement légitime du peuple de l'Azawad est ignoré.


Nina Walet Intalou,
Membre de l’Exécutif du MNLA
Mouvement national de libération de l'Azawad
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