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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 12:44

 

La vice-Haute commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU dénonce l'impunité dont bénéficie Israël pour ses crimes commis en terre palestinienne

 

 

SabraChatila.jpg

La vice-Haute commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU a considéré inadmissible que les crimes israéliens commis en Palestine restent impunis. Une déclaration rendue quelques jours après la commémoration des 30 ans du massacre de Sabra et Chatila.

Lors d'une session du Conseil des droits de l'Homme, qui s'est tenue lundi, à laquelle Israël n'a pas participé en signe de protestation, Kang Kyung-wha a mis en garde les autorités israéliennes sur la nécessité d'adopter des mesures qui conduiraient à la fin des violations des droits de l'Homme des palestiniens et, dans le même temps, à l'impunité qui a prévalu jusqu'alors.

La haute dignitaire a fait référence aux crimes sionistes commis en 2008 et 2009 pendant l'attaque militaire contre la bande de Gaza. « Cela fait près de trois ans que ce Conseil a pris connaissance des recommandations de la mission d'enquête[rapport Goldstein]. Et pourtant, personne ne fut inculpé », a-t-elle déclaré.

Pour Kyung-wha, les jugements, quand ils existent, doivent également être proportionnés aux crimes commis, ce qui n'est pas le cas, a-t-elle accusé, donnant le cas d'un soldat israélien condamné récemment à 45 jours de prison pour la mort de deux palestiniens qui portaient un drapeau blanc durant l'opération « Plomb durci », lors de laquelle, selon les Nations unies, au moins 1 400 palestiniennes ont été tuées, plus de la moitié étant des civils.

Le document présenté à Genève a également critiqué les agissements restés impunis des colons israéliens contre la population palestinienne, ses propriétés respectives et ses moyens de subsistance.

Le cas paradigmatique présenté au Conseil des droits de l'Homme par la vice-Haute Commissaire fut celui d'une attaque au coktail molotovcontre une famille palestinienne de Cisjordanie. Parmi les victimes, qui continuent d'être hospitalisées étant donné la gravité des blessures, un enfant de six ans.

« Dans un premier temps, Israël a arrêté trois fils de colons, mais au bout de cinq jours les suspects furent libérés, placés en résidence surveillée », a rapporté la responsable.

Kang a détaillé également le cas de la famille Daraghmeh, résidant au nord de la Cisjordanie, qui malgré avoir présenté une dizaine de plaintes à la police après le vol et la destruction de 850 oliviers, et avoir été obligé à avoir recours à 35 interventions médicales à cause des attaques de colons, continue à attendre des autorités qu'elles recherchent et punissent les responsables.

Des données de l'ONU indiquent que, seulement entre le 1er août et le 11 septembre, 426 oliviers furent détruits lors de 25 épisodes de violence attribués aux colons. Cela s'ajoute à la destruction de 465 structures appartenant à des Palestiniens en Cisjordanie ou à Jérusalem depuis le début de l'année, dont 136 maisons, provoquant l'expulsion de près de 700 personnes.

Au lendemain de la présentation du rapport, Israel a décidé d'interdire pendant deux jours toute entrée et sortie de la bande de Gaza et de la Cisjordanie. La justification était la commémoration du … Jour du grand pardon (Yon Kippour), la fête la plus importante du calendrier juif.

 30 ans après Sabra et Chatila

Cette dénonciation exposée au sein même du Conseil des droits de l'Homme s'est produite quelques jours après la 30 ème commémoration du massacre de Sabra et Chatila. En Palestine, mais aussi parmi les communautés de la diaspora palestinienne, le génocide réalisé en septembre 1982 lors de l'invasion israélienne du Liban fut rappelé, tout comme l'impunité qui, depuis lors, reste en vigueur.

Dans le camp de réfugiés de Sabra et Chatila, ont été assassinées entre 800 et 3 500 personnes. Le ministre de la Défense d’Israël d'alors, Ariel Sharon – qui par la suite a occupé le poste de premier-ministre – fut considéré « responsable indirect » du massacre. Les proches des victimes regrettent que personne n'ait jamais été traduit en justice.

A l'occasion des 30 ans du génocide, des documents déclassifiés ont également été publiés par Israël indiquant qu'il a existé entre Tel-Aviv et Washington une communication permanente durant les trois jours du massacre.

Les informations, publiées par le New York Times, attestent que le responsable diplomatique nord-américain au Liban, Morris Draper, n'aurait pas été totalement au courant de l'action des miliciens protégés par l'armée israélienne, néanmoins il a été complaisant avec la prolongation de l'occupation de Beyrouth de la part des forces armées sionistes, plus précisément pendant plus de 48 heures, un temps suffisant pour « nettoyer » Sabra et Chatila, selon les termes de Sharon.

A l'époque, ce fut le secrétaire d'Etat des Etats-unis en personne, George Shultz, qui a admis que l'administration Reagan n'avait pas tout fait pour éviter le massacre, se justifiant que celle-ci « a cru en la parole des Israéliens et des Libanais ».

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 12:24

Depuis le début de la crise, les États soutiennent les banques à bout de bras. La socialisation des pertes bancaires en Europe a surtout pris la forme de recapitalisations. Recapitaliser, cela revient à augmenter les fonds propres d’une banque.

Rappelons, d’entrée de jeu, que dans le secteur bancaire, les fonds propres désignent l’argent qui, à la différence des dépôts des clients ou des emprunts effectués auprès d’autres établissements, n’appartient qu’à la banque. Dans le cas des banques en difficulté, l’ajout de capitaux propres a surtout servi à compenser les dettes qu’elles avaient contractées.

Une opération de ce type équivaut à déstabiliser en profondeur les finances publiques. Pour saisir la nature de cette déstabilisation, on peut faire appel au concept de dépense productive introduit par Turgot (1727-1781). Turgot assignait pour fonction à la dette publique de dégager un surplus économique. Dit autrement, en investissant dans des infrastructures, un État fait une bonne opération puisqu’il améliore la production et peut, ce faisant, récolter des rentrées fiscales supplémentaires.

Le trait commun à toutes les opérations de socialisation des pertes bancaires, depuis le début de la crise, est que les États se sont portés acquéreurs d’actifs financiers profondément dépréciés à un prix supérieur à leur valeur de marché. Cela constitue une dépense improductive. Et aujourd’hui, cette socialisation joue un tour aux banques tirées d’affaire puisque le transfert des actifs toxiques affaiblit la solvabilité des États. Or, certaines banques ont acheté des obligations publiques qui ont accusé de fortes diminutions de valeur dans la mesure elles ont été émises pour recapitaliser des actifs bancaires toxiques Aujourd’hui, ces obligations sont devenues de nouveaux actifs toxiques pour les banques qui les détiennent.

Par parenthèse : L’effet levier
Le monde bancaire s’est beaucoup endetté, ces dernières années, via ce que l’on appelle les effets de levier. L’effet de levier consiste recourir à l’endettement pour augmenter la rentabilité des capitaux propres. Et pour qu’il fonctionne, il faut que le taux de rentabilité du projet sélectionné soit supérieur au taux d’intérêt à verser pour la somme empruntée. Les effets de levier sont devenus de plus en plus importants avec le temps.
Ce qui n’est évidemment pas sans poser problème. Ainsi, au printemps 2008, les banques d’investissement de Wall Street avaient des effets de levier qui oscillaient entre 25 et 45 (pour un dollar de fonds propres, elles avaient emprunté entre 25 et 45 dollars). Ainsi, Merrill Lynch avait un effet de levier de 40. Cette situation était évidemment explosive car une institution qui a un effet de levier de 40 pour 1 voit ses fonds propres effacés avec une baisse de 2,5% (soit 1/40) de la valeur des actifs acquis.
En choisissant de recapitaliser une banque, un État choisit de reprendre à son compte la totalité des actifs et des dettes bancaires. Cette technique doit être questionnée dans ses fondements économiques. En effet, l’endettement des banques n’a pas été contracté, dans sa totalité, en vue de financer la consommation des ménages et/ou des investissements productifs ayant pour objectif final l’augmentation du stock de capital des entreprises (achat de machines ou de bâtiments servant à accroître la production de biens et services).
Au contraire, les banques se sont endettées ces dernières années pour procéder à des opérations essentiellement spéculatives. On ne voit pas bien l’intérêt qu’il y avait, pour les États, à reprendre à leurs comptes cette partie de la dette bancaire alors que les titres spéculatifs que cette dette a permis d’acheter ne valent plus grand-chose aujourd’hui. On peut, d’ailleurs, raisonnablement douter que ces titres revaudront un jour quelque chose.
L’annonce, il y a peu, de taux d’intérêts négatifs sur la dette (à court terme) des pays du nord de la zone euro semble infirmer ce jugement. Après tout, si les banques jugent bon de perdre de l’argent en achetant de la dette publique, c’est que cette dernière n’est pas de si mauvaise qualité que cela. C’est là en substance le discours des grands argentiers de la zone euro. On fera remarquer que les taux d’intérêt négatifs portent sur de la dette à court terme (dette inférieure à deux ans) et ne modifient donc en rien le profil des finances publiques au sein de l’eurozone [1]. Plus fondamentalement, cette situation confirme l’hypothèse défendue au paragraphe précédent.

Mais revenons à la socialisation des pertes. Si les banques achètent des obligations publiques, c’est parce que des investissements susceptibles d’engendrer un surplus économique n’ont jamais été réalisés entre-temps. Nos États seront, tôt ou tard, appelés à faire face à une dette croissante. En effet, si le schéma de socialisation des pertes bancaires continue à être de mise, la puissance publique sera appelée à la rescousse des banques qui auront perdu de l’argent en achetant des titres à taux d’intérêt négatif. Il en résultera, dès lors, une progression de l’endettement public. Un endettement public qui ne correspondra, par ailleurs, à aucun investissement productif susceptible d’engendrer un surplus. Et le serpent de se mordre joyeusement la queue au risque de plonger l’Europe dans une forme de léthargie économique prolongée. Une telle politique ressemble furieusement au tonneau des Danaïdes [2].

Idéologie

Devant ces constats pour le moins dérangeants pour les élites politiques et économiques, il y a le mur de l’idéologie dominante dont l’objectif est d’assurer le maintien de la domination sociale des dites élites. C’est ainsi que le spectre des années trente a été agité avec vigueur par les décideurs politiques européens. Selon ce discours, si une banque tombait en faillite, il en résulterait automatiquement un effet domino désastreux pour l’économie dans son ensemble puisque les banques sont connectées les unes aux autres via le crédit interbancaire. Et cet effet domino conduirait inévitablement à un gel du crédit qui, lui-même, finirait par entraîner un recul prolongé de la production. Le nœud du discours dominant consiste donc à dire que la socialisation des pertes du secteur bancaire est inévitable : tel serait le prix à payer pour que les banques continuent à accorder des crédits aux ménages et aux entreprises. Force est de constater que cette thèse ne correspond pas à la réalité.

Cinq ans après l’éclatement de la crise, le crédit reste toujours aussi gelé en Europe. En décembre 2011, le volume de prêts aux entreprises dans la zone euro avait chuté de 37 milliards d’euros, soit le plus fort repli jamais enregistré. Pour contrer cette évolution défavorable pour l’économie européenne, la Banque centrale européenne (BCE) avait, à cette époque, prêté 489 milliards d’euros à 3 ans aux banques de la zone euro (523 banques) à un taux de 1 %. Il s’agissait de la ligne de crédit la plus longue jamais accordée par la BCE. Aujourd’hui, il est de notoriété publique que ces liquidités n’ont jamais été prêtées aux entreprises et aux ménages de la zone euro.

Alternative scandinave

Il existe une alternative à cette politique. Il nous faut, pour en discerner les contours, analyser les actions qu’ont menées les gouvernements scandinaves (Finlande, Norvège et Suède) dans les années nonante pour lutter contre une importante crise bancaire régionale. Nous nous intéresserons dans un second temps à la gestion de la crise bancaire de 2007-2008 en Islande. La crise bancaire des pays nordiques plonge ses racines dans la libéralisation des marchés financiers locaux du milieu des années 80. Ces réformes allaient toutes dans le sens d’un abandon du contrôle des taux d’intérêts et de l’octroi du crédit.

Cela a poussé les banques finlandaises, suédoises et norvégiennes à emprunter sur les grandes places financières internationales (principalement en Angleterre et en Allemagne) pour ensuite prêter aux ménages et aux entreprises de la région. La rentabilité de l’opération était assurée du fait que les taux scandinaves étaient plus élevés qu’à Londres ou à Francfort. Vu l’augmentation de leurs capacités d’emprunt, les banques ont multiplié les stratégies spéculatives, spécialement dans l’immobilier. Les prix des logements en Suède ont doublé en sept ans. La mécanique s’est grippée au moment où pour financer sa réunification, l’Allemagne décidait d’augmenter ses taux d’intérêt. Et la bulle immobilière de se dégonfler de manière particulièrement brutale. De 1990 à 1995, les prix accusèrent une baisse de plus de 40% pour l’immobilier d’affaires en Suède. En retour, le secteur bancaire était touché de plein fouet. Les cinq principales banques finlandaises, les quatre plus grosses banques norvégiennes et trois grandes banques suédoises demandaient l’aide des États. Et ces derniers sont intervenus. Mais pas n’importe comment.

La philosophie de base de ces interventions étatiques répondait aux trois axiomes suivants. Primo, le but des opérations était de sauver le système financier et pas une banque en particulier. Il était, dès lors, préférable d’acter d’un état de faillite plutôt que de s’acharner à faire survivre l’un ou l’autre canard boiteux. Secundo, les actionnaires devaient subir les pertes les plus importantes. Tertio, le CA et la direction responsable de l’échec de la banque devaient se démettre [3]. Comme nous le verrons plus loin, la Norvège est le pays qui a poussé le plus loin ces axiomes. Tout ceci tranche singulièrement avec les recapitalisations effectuées dans la zone euro où le prix de rachat des actions a été systématiquement supérieur à leurs cours en Bourse. Dans la zone euro, le contribuable a été clairement sacrifié au détriment de l’actionnaire.

En Suède, après la faillite de la Göta Bank en 1992, un important programme de nationalisations a été mis en œuvre. Mais l’intervention de l’État se faisait à une condition qui n’a jamais été imposée dans la zone euro ou aux États-Unis depuis le début de la crise. Le gouvernement suédois a, en effet, forcé les banques à procéder à des dépréciations massives d’actifs avant d’accorder son aide, ce qui ramenait le prix de vente de la banque à sa "valeur économique". Cette opération constituait une perte pour l’actionnariat privé et un gain pour les finances publiques. Cette discipline financière a permis d’éviter au gouvernement suédois de se retrouver piégé dans des opérations consistant en des apports illimités de capitaux et de liquidités à des banques insolvables [4]. Sur la question de la valeur de rachat des banques, des trois pays concernés par la crise, la Norvège est celui qui s’est montré le plus radical à l’égard des actionnaires. En effet, les actions des trois grandes banques du pays présentant de graves difficultés ont été reprises par l’État sans aucune compensation financière pour les actionnaires [5].

Après la phase de nationalisation, les pouvoirs publics des trois pays scandinaves ont entrepris de restructurer le secteur bancaire. Pour cela, ils se sont attribué un rôle de curateur en procédant à l’intérieur des bilans bancaires au tri entre les bons et les mauvais actifs et donc entre les bonnes et les mauvaises dettes inscrites au passif. Des structures (les bad banks) ont été créées pour écouler les mauvais actifs. Le but de l’opération était de sécuriser les dépôts des particuliers en les isolant des actifs toxiques de façon à assurer la continuité du financement des entreprises et la consommation des ménages. Les mauvais actifs ayant été achetés à un prix relativement faible, les gouvernements pouvaient espérer retirer un profit de leur vente en cas d’amélioration du marché immobilier local. Par ailleurs, la capitalisation de ces bad banks, pour satisfaire aux règles prudentielles qui veulent que les banques possèdent un certain pourcentage de fonds propres par rapport à leurs actifs, était des plus faibles puisque les actifs avaient été achetés à un prix dérisoire. C’est ainsi que la capitalisation des bad banks suédoises était d’environ 24 milliards de couronnes, soit à peu près 1,5% du PIB du pays en 1992.

Au total, le coût de l’opération de sauvetage des banques scandinaves a été assez faible. En Suède, par exemple, le coût de la crise bancaire d’un point de vue budgétaire a finalement été de 2% du PIB [6] (à comparer avec les 7% du PIB [7] qu’a représenté le sauvetage des banques en Belgique). Si au moment de la nationalisation de Dexia en octobre 2011, l’État belge avait procédé comme les Suédois au début des années nonante, il aurait racheté le holding pour 500 millions. Au lieu de cela, il a payé 4 milliards d’euros pour Dexia Banque Belgique.

Enseignements belgo-islandais

Quels résultats donneraient aujourd’hui l’application des principes directeurs ayant guidé les autorités des trois pays scandinaves au début des années nonante ? Nous trouverons une esquisse de réponse à cette question en étudiant de plus près la gestion de la crise de 2007-2008 par les autorités islandaises. En octobre 2008, les trois principales banques islandaises (Glitnir, Landsbanki et Kaupthing) qui géraient essentiellement des actifs dans le reste de l’Europe et dont les bilans cumulés représentaient plus de dix fois le PIB du pays sont gravement touchées. Relevons, au passage, une donnée quantitative importante, à savoir la tendance au gonflement des bilans bancaires qui s’observe dans tous les pays industrialisés. En 1990, les dix premières institutions financières US possédaient 10% des actifs financiers de la nation. En 2008, elles en contrôlaient plus de la moitié. Dans les années nonante, aucune des 25 banques mondiales leaders n’affichait un total bilantaire dépassant le PIB de son pays d’origine [8]. Il en va tout autrement aujourd’hui. Les actifs bancaires des banques européennes représentaient quatre fois le PIB de l’eurozone [9]. Par comparaison, les bilans cumulés des banques suédoises en 1991 étaient légèrement inférieurs à 100% du PIB de la nation [10].

Dans ces conditions, il n’est pas difficile d’imaginer qu’une crise bancaire représente un choc économique plus important aujourd’hui qu’il y a 20 ans. Par conséquent, l’approche norvégienne qui consiste à nationaliser sans dédommager l’actionnaire s’avère des plus intéressantes. C’est à cette conclusion qu’est parvenu dans sa gestion de la crise financière de 2008, le gouvernement islandais qui a proprement lâché le secteur bancaire et fait supporter la totalité des pertes aux créanciers. Des moyens ont, de ce fait, été libérés pour soutenir l’économie.

Dans les années nonante, les pays scandinaves avaient mis au point un programme de garanties pour que les créanciers des banques restructurées ne perdent pas d’argent. Là encore, le gonflement des bilans bancaires rend beaucoup plus difficile ce type de pratiques.

Dexia, c’est du belge

C’est ce qu’illustre à merveille le cas de Dexia. Après son démantèlement par les gouvernements belge et français, le holding Dexia est devenu une bad bank dont le portefeuille contient des actifs pour 250 milliards d’euros. Si ces actifs étaient vendus maintenant, la moitié de cette valeur serait perdue, dixit Luc Coene, gouverneur de la Banque Nationale de Belgique [11]. Et de fil en aiguille, les créanciers de Dexia seraient touchés. Pour protéger ces derniers, un programme de garantie de 90 milliards d’euros a été prévu dans le deal de restructuration de Dexia. Pour mémoire, 60% de cette somme (soit 54 milliards) est à charge du gouvernement belge. 54 milliards d’euros, cela représente à peu près 15% du PIB belge.

En 2011, Dexia a accusé une perte de 11,6 milliards d’euros. Cette situation pèse sur la rentabilité et la solvabilité de la bad bank. Au mois d’avril 2012, Luc Coene, gouverneur de la Banque nationale de Belgique estimait, que pour éviter d’activer la garantie, il faudrait réinjecter du capital dans Dexia. L’injection de capital évoquée par les analystes pour maintenir à flot Dexia oscillait entre 7 et 10 milliards [12]. Pour faire face à cette situation, les actionnaires de Dexia ont trouvé une astuce qui leur a permis de gagner un peu de temps. En mai 2012, l’assemblée générale de Dexia décidait d’une diminution de capital de 4,1 milliards d’euros. L’opération faisait chuter le capital de Dexia à 500 millions d’euros. Classiquement, une réduction de capital social intervient lorsqu’une société enregistre des pertes. L’objectif est d’aligner le capital sur l’actif réel. Cette solution ne fonctionne que si les pertes ont un caractère limité. Or, ce n’est pas le cas de Dexia. La presse économique [13] signalait, en août 2012, que Dexia aurait besoin d’urgence d’une recapitalisation. Pour le deuxième trimestre 2012, la perte de Dexia s’élève à 735 millions d’euros après celle de 431 millions au premier trimestre. Au rythme où vont les choses, les pertes de Dexia devraient dépasser les quatre milliards d’euros pour l’année 2012. Soit un chiffre de loin supérieur au capital social de la compagnie tel qu’établi en mai 2012. Le holding Dexia est donc virtuellement en faillite. Tôt ou tard, la garantie en faveur des créanciers devra être activée. Pour mémoire, le programme de garanties des États belge et français court jusque 2021. Tonneau des Danaïdes, disions-nous.

Pouvoir d’état de faillite

Et cette situation kafkaïenne a tout à voir avec le poids démesuré accordé aux créanciers dans les plans de sauvetage bancaire. Comment peut-on, en effet, garantir des dettes alors que tout le monde sait que les actifs qui servent de support au remboursement de ces dettes doivent être dépréciés ? Ne perdons, par ailleurs, pas de vue que les bilans bancaires sont de plus en plus spéculatifs et donc susceptibles d’accuser à l’avenir de brusques dépréciations. Ce qui n’a évidemment rien de rassurant. Les principales banques européennes ont récemment augmenté leurs engagements sur les produits dérivés. Ces derniers, en 2011, atteignaient 53% du PIB de la zone euro [14]. Par comparaison, cette prise de risque pesait pour 41,3% du PIB de la zone euro en 2010. Or, les produits dérivés sont des produits risqués car ils correspondent à un pari sur l’évolution d’un ou plusieurs actifs dits sous-jacents.
Un troisième changement qualitatif s’est opéré depuis les années nonante. La libéralisation financière a amené une forte internationalisation des activités bancaires. En 2006, plus de la moitié des revenus des vingt plus grandes banques européennes avait été réalisée en dehors de leur marché national. Toute stratégie de restructuration d’une banque menée par un pays sur la base des modèles scandinaves sanctionnant prioritairement l’actionnaire ne manquera pas de mettre certains créanciers en difficulté dans d’autres pays. L’Islande constitue un cas d’école en la matière.

En décidant de ne protéger que ses seuls déposants nationaux, le gouvernement islandais a rejeté les demandes de remboursement d’une catégorie particulière de créanciers, à savoir les dépositaires de Landsbanki aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne. Si les garanties auprès des épargnants hollandais et anglais avaient été payées par l’Islande, cette dernière aurait été obligée de dépenser 4 milliards d’euros. Or, le PIB de l’Islande tournait à cette époque autour des 9 milliards d’euros. On fera remarquer que si les Pays-Bas et la Grande-Bretagne avaient adopté la même approche que l’Islande face à leurs banques en faillite, elles auraient éprouvé moins de difficultés à venir en aide à leurs nationaux clients chez Landsbanki.

Il y a 20 ans, acter d’un état de faillite quand un établissement était insolvable et laisser tomber les actionnaires n’avait rien de farfelu. Cela, les experts qui sont les principales sources d’informations du grand public dans les grands média ne le disent jamais. Étrange lacune qui pourrait s’expliquer par le fait qu’un grand nombre d’entre eux vivent de la finance…



 

 Xavier Dupret,

euro.jpgGresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

 

[1]Les Echos, édition mise en ligne du 19 juillet 2012

[2]Dans la mythologie grecque, les Danaïdes sont les cinquante filles du roi Danaos. Un jour, Danaos fit venir ses cinquante neveux qui lui firent part de leur désir d’épouser ses filles. Danaos fit mine d’accepter. Il offrit à ses filles, pour leurs noces, une dague puis et leur fit promettre de tuer leurs époux pendant la nuit. Toutes le firent, sauf Hypermnestre, qui épargna Lyncée. Plus tard, Lyncée tua les 49 autres filles de Danaos. Et aux enfers, les Danaïdes reçurent une punition qui consistait à remplir d’eau un tonneau percé pour l’éternité. Depuis, le tonneau des Danaïdes désigne une tâche absurde et sans fin.

[3]Bent Vale, The Norwegian Banking Crisis, Norges banks Skriftserie, Occasional papers n° 33, Oslo, mai 2004, p.19.

[4]Ozgur Emre Ergungor, “On the Resolution of Financial Crises : The Swedish Experience”, Federal Reserve Bank of Cleveland (USA), Policy discussion paper, n° 21, juin 2007, pp.7-8.

[5]Knut Sandal, “The Nordic banking crises in the early 1990s-resolution methods and fiscal costs” in The Norwegian Banking Crisis, Norges banks Skriftserie, Occasional papers n° 33, Oslo, mai 2004, p.98.

[6]Peter Englund, “The Swedish Banking Crisis : Roots and consequences”, Oxford Review OF Economic Policy, Vol. 15, N°. 3, pp.94-95.

[7]Pour plus de détails comparatifs avec la Belgique, voir Xavier Dupret, “Banques made in Belgium“, Gresea Echos n°65, janvier-mars 2011

[8]Henry Kaufman in L’Echo, 29 décembre 2009

[9]Source : FMI, World economic outlook, avril 2012

[10]FMI, Financial stability report, janvier 2011

[11]La Libre Belgique, édition mise en ligne le 10 août 2012

[12]Le Figaro, édition mise en ligne 27 avril 2012

[13]L’Echo, édition mise en ligne du 10 août 2012

[14]Mediobanca, Dati cumulativi delle principali banche internazionali e piani di stabilizzazione finanziaria, Indagine biannuale sulle principali banche aventi sede in Europa, Giappone, Stati Uniti e Cina (Giugno 2012), (http://www.mbres.it/it/publications...).

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 20:37

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Merci, un si grand merci pour elle qui jusqu'à l’extrême limite a tenté l'impossible, se résigner à rester en vie. Un grand merci pour ceux qui ont tenté l’impossible pour l’assister dans ses efforts à rester en vie.
J'ai si souvent eu la dérangeante impression qu'en plus d'un "acharnement médical", elle subissait un  "acharnement affectif" de la part de ses parents et de ses proches.
Pour diverses raisons, personne, ni ses parents et ses proches, ni le corps médical et tous ceux qui l’encadraient d’une manière ou d’une autre, et ils sont nombreux,  ne voulait, ne pouvait entendre ce qu'elle demandait. Et pourtant elle demandait depuis si longtemps à pouvoir bénéficier d’une assistance médicale pour quitter sa vie.
C’est avec une pleine conscience de la portée de ses demandes qu’elle les  formulait.
Quelles que soient les raisons qui ont poussés le corps médical et ses parents à ne pas écouter ses demandes d’euthanasie si régulièrement réitérées, elle ne fut de fait  ni écoutée, ni entendue.
Elle sera apaisée de constater que son calvaire pourra servir la cause de tous ceux qui, tout comme elle, ont si difficile à se faire mieux entendre. Que cela pourra servir la cause de ceux qui, tout comme le corps médical qui l’a soignée et tous ceux qui l’ont encadrée, ont si difficile à mieux entendre, ne disposent pas d’un cadre éthique dans lequel ils peuvent puiser ce qui leur permettrait / les autoriseraient à mieux entendre.
Répondre à des appels tels que ceux d'Edith, pose en effet une question éthique plus que sensible touchant, d’une part, au choix personnel du malade / patient / de la personne de quitter la vie et, d’autre part,  à l'implication de la famille et du corps médical dans l'aboutissement de cette démarche.
Cela pose l'épineuse question d'un amour parental et d'une profession médicale tous deux dédiés à la vie.
Peut-être que notre réelle humanité  sera celle qui nous permettra d’entendre et de répondre aux appels à l’aide pour une mort assistée de personnes en inacceptables souffrances, fussent-elles morales ou mentales ?
Peut-être que l'humanité vers laquelle nous devrions tendre sera celle qui nous incitera à procéder  en nous à un processus de deuil de notre actuelle approche du "maintien coute que coute en vie" des personnes vivant une vie faite de souffrances inacceptables pour eux pour nous restructurer vers une approche pour une "assistance en vue d'une mort digne et apaisée".
C’est notre relation vis-à-vis de la mort qu’il faudra revoir / ajuster. 
Cela m'a énormément coûté que de rédiger ma lettre de lecteur. Bien des nuits, bien des jours, à retourner en tous sens ce qu'Edith me confiait et ce que je voyais, à discuter avec des parents et des proches de jeunes suicidés, à échanger avec des médecins confrontés aux demandes de morts assistées et avec certains qui ont pratiqué des euthanasies. 
Cela m’a plus que conforté dans la légitimité des demandes d’Edith. Cela m’a conforté au point de me demander si notre éthique ne devrait pas justement nous permettre d’accepter, en certains cas de souffrances inacceptables, le droit à une mort assistée. Et non nous retrancher derrière des arguments selon lesquels nous ne pouvons en aucun cas répondre positivement aux appels pour une mort assistée.
Edith avait consulté la Loi du 28 mai 2002 relative à l’euthanasie. Elle connaissait la teneur de son article 2. C’est pourquoi elle a été choquée et a crié à la discrimination entre maladies lorsque mon frère ainé, Jacques, un cardiologue, après avoir lutté durant deux ans contre plusieurs cancers, a été euthanasié.
A cette nouvelle Edith est souvent revenu à la charge, pourquoi lui et pas moi. Finalement, peut-être de guerre lasse, elle n'a plus parlé d'euthanasie. Mais elle a régulièrement parlé de suicide. Avec calme et sérénité. En précisant que non, cette fois-ci, elle ne se raterait plus! Tout le monde savait. Son départ est l’aboutissement d'une chronique d'une catastrophe plus qu'annoncée. L'aboutissement d'une non assistance à personne en souffrance. Ceci repose le lieu exact où devrait se situer le débat éthique.

Lorsqu’Edith parlait de l’euthanasie de son oncle, mon frère ainé, elle disait : « Pourquoi lui et pas moi ? Je souffre au moins autant que lui ! Non seulement il n’a pas du procéder lui-même en amateur, mais sa famille était autour de lui et il a pu dire au revoir à ceux qui lui étaient chers ! »

 

Pierre Pol Vincke


 
PS : deux réponses à l'article dans De Morgen méritent un détour:
1. Cher Pierrot, Je pleure. Ce que tu écris me bouleverse. Bien que je savais tout cela. Edith m’avait dit sa colère et sa révolte face au refus du corps médical de lui accorder l’euthanasie. C’est bien que tu aies fait connaitre son combat. Et tu le fais avec beaucoup de sensibilité, d’humilité aussi. Réalisons-nous jamais la difficulté du chemin de l’autre? Il est des messages quasi impossibles à ‘entendre’. L’euthanasie est très choquante et l’accorder à un être que nous aimons alors qu’à travers tout nous espérons qu’il s’en sorte peut être au dessus de nos forces et de notre entendement. L’espoir peut être la plus belle mais aussi la pire des choses. Rétrospectivement, vu la violence avec laquelle Edith a mis fin à ses souffrances, c’est vrai que sa demande aurait dû être entendue. Elle aurait pu vivre une mort paisible.


2. Bonjour Pierrot, J'ai lu ton article très émouvant à propos d'Edith et de sa volonté d'euthanasie. Votre histoire (à toute votre famille) est très touchante. Parfois, les mots qui viennent sont "crus" ou durs et on n'ose pas les dire. La dernière fois que j'ai vue Edith à Schaerbeek au marché (avec son groupe de patients de Titeka), j'ai eu cette impression bizarre qu'on la forçait à vivre en la "bourrant" de médicaments. Ce qui ne l'empêchait pas d'être pétillante. Elle n'était pas triste ou désespérée. Seulement elle semblait dépossédée d'elle même. Elle donnait l'impression que "la société" ne voulait pas reconnaître sa volonté ou son choix. Elle me donnait l'impression d'être dans une cage invisible de médicaments. Ça m'a vraiment donné froid dans le dos. Est-ce que le moment venu on me forcerait aussi à une situation que je ne souhaite pas.  Quand j'ai appris la mort d'Edith, j'ai vraiment eu le sentiment que ça devait être un soulagement pour elle.

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 12:55

solitude2.jpgIl ne m’est pas facile de mettre sur papier l’histoire de notre fille Edith. Les témoignages émouvants des deux femmes parlant de leur euthanasie à venir, rapportés par la journaliste Margot Vanderstreaten dans la rubrique Zeno de l’édition du journal De Morgen du week-end dernier, m’ont incité à le tenter. Mais c’est Edith qui m’encourage. Elle me tient le bras et me souffle à l’oreille : « Dis leur, papa, raconte leur ce qui m’est arrivé. »

18 années de souffrances, de ses 17 ans à ses 34 ans. Tant d’années qu’Edith a souffert d’une maladie que les spécialistes semblaient avoir si difficile à classer. De quelle maladie incurable souffrait-elle?  Quelle était cette maladie qui tout comme un cancer immatériel se répendait insidieusement en elle, se supplantait progressivement à sa propre volonté ? Quel nom porte cette maladie ? Celle qui, sous forme d’insurmontables forces négatives, la faisait se débattre contre les affres de troubles obsessionnels compulsifs qui l’anéantissaient ainsi que contre les effets désastreux de troubles du comportement alimentaire qui ne lui laissait qu’un corps décharné. Celle qui la poussait à s’automutiler avec une rare violence. « C’est une force contre laquelle je ne puis m’opposer qui me fait faire cela, disait-elle ».

Avec confiance, elle a suivi les conseils du corps médical et les encouragements de ses parents. Avec un courage sans borne elle a  demandé et accepté l’hospitalisation et s’est soumise à la rigueur des  traitements psychiatriques. Elle s’est appliquée à suivre à la lettre une très lourde médication sous laquelle elle n’était plus que l’ombre de la jeune fille, de la femme que nous avions connu.

Elle a accepté la répétition d’inexorables cycles. D’une part, un chemin aller, balisé des espérances de retour à une vie « normale » qu’induisaient des mieux-être factices et leur cortège d’adaptation et de réduction des doses de médicaments. D’autre part, un retour de balancier, fait de désespérantes rechutes avec leur cortège de tentatives désespérées d’abréger ses souffrances, d’interventions des services d’urgence, d’internements, d’isolements, de traitements quasi carcéraux et de lourdes médications, qui semblaient plus palliatives que curatives, au sein de centres fermés, de centres ouverts et de centres d’accueil supervisés. Elle les a tous connus.

Malgré les efforts du corps médical, malgré tout le professionnalisme, l’empathie et l’humanité dont n’a cessé de faire preuve le personnel qui l’accompagnait et malgré le lourd accompagnement médicamenteux, ses perspectives d’une réinsertion digne dans la société semblaient compromises. Par sa maladie elle a perdu sa liberté et son autonomie. C’était d’autant plus pénible pour elle qu’elle était consciente de ce qui lui arrivait et qu’elle assistait impuissante à sa propre déchéance !

Sa seule espérance était une improbable guérison dont elle n’était pas dupe. « Je ne guérirai jamais, papa, je suis atteinte d’une maladie incurable qui me fait souffrir le martyr physiquement et psychiquement, je ne veux et ne peux plus ça». Que de fois n’a-t-elle supplié d’être euthanasiée !

Mais le corps médical ne l’a pas suivie dans cette demande. Avec un évident attachement à la personnalité de notre fille et une perceptible compassion pour son calvaire, il a inlassablement poursuivi l’objectif de la ramener à la vie. Mais nous non plus, ses parents, n’avons pu, n’avons pas voulu, entendre ses appels et avons complété la démarche médicale en l’entourant de tout ce que des parents peuvent prodiguer comme compréhension, affection et beaucoup d’amour. Nous, ses parents, nous ne l’avons pas écoutée. Nous nous sommes accrochés à un improbable mieux-être. De toutes nos forces nous avons voulu croire à un modèle impossible, à un avenir improbable. Le 3 novembre 2012, dans les locaux de l’institution psychiatrique où elle séjournait, elle a procédé d’une manière violente et brutale à sa propre euthanasie.

Ceux qui l’ont connue se nourrissent du souvenir qu’elle a laissé. Celui d’une jeune femme éblouissante qui voulait tant s’épanouir, qui avait tant de dons et de qualités : artiste, intelligente, compassionnelle, altruiste, généreuse, unique. Son regard amusé sur les choses et les gens était surprenant de pertinence et de lucidité. Même dans ses plus profonds désespoirs elle ne se départissait pas d’un désarçonnant sens de l’humour. Etre à ses côtés durant toutes ces années de quête de bonheur a enrichi notre humanité, et nous lui en sommes reconnaissants. Puisse-t-elle enfin reposer en paix.

Je me rends compte de la difficulté de faire la juste part entre une demande d’euthanasie et son application effective. Ce qui semble évident pour une maladie le semble moins pour d’autres. Mais moi qui ai vu souffrir ma fille, je reste interpellé par cette impression de discrimination entre maladies, les unes étant apparemment prises en compte par le personnel médical dans le cadre de l’application de la législation sur l’euthanasie, les autres ne le semblant pas ! Aussi, qu’un médecin / une institution n’est pas l’autre !

Au cas où il s’avère qu’Edith ne souffrait pas d’une maladie mentale incurable - ce dont j’ai des doutes vu la quantité de médicaments qui lui étaient administrés pour stabiliser son état -  je souhaite que mon témoignage sur le calvaire qu’elle a vécu, inspirera ceux qui sont en charge de tant de jeunes femmes qui, comme notre fille, souffrent de maladies mentales insupportables et inqualifiables, causes de leur mal-être.  Je souhaite que ce témoignage puisse inspirer toutes les parties concernées pour revoir dans le moyen et long terme l’accompagnement de ces patients en vue de leur réinsertion dans la société.

J’ai cependant de fortes craintes que, comme Edith le disait elle-même, elle souffrait d’un mal incurable. « Ne le lui dites surtout pas, elle en serait découragée, me fut-il recommandé. » Mais elle savait. Elle qui luttait depuis presque deux décennies. Elle, avec calme et sobriété, en pleine conscience, tentait de faire valoir ce qu’elle nommait son droit à l’euthanasie.

Je souhaite très prudemment plaider ce droit à l’euthanasie de jeunes souffrant de maladies mentales insupportables. Edith souhaitait l’autodétermination sur sa vie et sur sa mort. Elle ne l’a pas obtenue. Je ne veux pas juger pourquoi les médecins ne lui ont pas accordé ce qu’elle demandait, son droit à l’euthanasie. Je me demande simplement, chaque jour, pourquoi un médecin répond positivement à une telle demande et l’autre pas. Pourquoi les parents suivent-ils l’avis des médecins ? Pourquoi avons nous écouté le corps médical plutôt que notre fille ?

Depuis son départ, je ne trouve aucun argument qui ne lui donne raison dans ses demandes répétées d’avoir droit à être euthanasiée afin d’abréger ses souffrances. Sa demande était légitime. Elle souhaitait quitter la vie en toute sérénité et dignité. Elle ne voulait plus vivre cette vie là. Elle savait très bien qu’elle n’avait qu’un seul souhait : pouvoir mourir en paix. Sa décision était réfléchie et déterminée. Mais son souhait d’assistance ne fut pas exaucé.

Ne serait-il pas souhaitable, et c’est ce qu’au travers de ma lettre de lecteur je souhaite faire passer comme message, de mieux informer l’ensemble du corps médical sur l’euthanasie ? La Loi belge sur l’euthanasie est une bonne loi. Les citoyens belges ne devraient-ils pas mieux connaître leurs droits ? Ne serait-il pas essentiel que les médecins et les spécialistes écoutent mieux leurs patients et leurs ultimes appels au secours ? Ne devient-il pas temps qu’une langue sans détours soit parlée lorsqu’il s’agit d’euthanasie et de choix personnel de fin de vie ? N’est-il pas essentiel qu’aussi les psychologues et les psychiatres osent parler sans tabou aucun du souhait de mort de leurs patients. N’est-il pas essentiel que cet appel au secours soit pris au sérieux et que le patient soit dirigé vers des instances qui peuvent très bien répondre à ses questions sur la fin de sa vie. Ne devrions-nous pas tous, vraiment essayer d’écouter ?

Son  départ brutal a laissé sans voix le personnel qui l’accompagnait ainsi que d’autres patients qui l’ont côtoyée tant sa personnalité ne laissait personne indifférent, tant elle faisait preuve de force devant l’adversité. Il a profondément meurtri sa famille proche et élargie, ses connaissances et amis, ses collègues et employeurs tant elle était attachante. Son départ a profondément meurtri tout le monde, mais elle encore plus profondément.

C’est dans un sentiment d’être abandonnée de tous, réellement de tous, que toute seule dans sa chambre, elle a mis fin à ses souffrances. Elle qui a si souvent supplié pouvoir mourir et qui fut à chaque fois redirigée vers la guérison. Toute seule dans sa chambre, dans une scène d’une violence écœurante, Edith a mis fin à ses souffrances. Elle est partie sans dire au revoir, sans pouvoir s’exprimer une dernière fois face à ceux qui lui étaient chers. Elle a appelé une dernière fois sa maman sur son GSM. Lorsque sa maman a décroché, le n° de tel d’Edith est apparu à l’écran, mais  personne n’a répondu…. 

Pierrot Vincke, père d’Edith

 

Version, non littérale en français, de la « Lettre du jour » parue dans la rubrique « Opinie » de l’édition du journal « De Morgen » du 20 septembre 2012.

 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 21:40

Quelle est la différence entre les « braves » bourgeois de Malonne et d’ailleurs venus manifester ce premier septembre contre l’hébergement de Michelle Martin chez les Clarisses et les fascistes qui les ont rejoints ?

Aucune.

Tous sont animés par des motivations analogues : la peur et le désir de vengeance, dans l’obscurité totale de leurs esprits dont on peut douter qu’ils en aient un.

Malonne est une petite bourgade huppée de Namur parcourue par de nombreux sentiers bordés de chapelles. Elle abrite l’abbaye St Berthuin et un célèbre collège du même nom. Certain de ses professeurs de religion, que j’ai connu, n’hésitait pas à draguer les adolescentes de ses classes. Ce n’est pas anodin. L’hypocrisie règne en maître dans ce genre de milieu. On y bat sa femme et maltraite ses enfants dans le silence vicinal peut-être plus qu’ailleurs.

Quelle différence entre les braves bourgeois et les fascistes ?

Rien. Les premiers se laissent guider par les sentiments et les inepties médiatiques les plus primaires et ne réfléchissent éventuellement que s’ils ont affaire eux-mêmes à la justice. Les seconds profitent de l’aubaine pour se montrer du côté de « l’ire du peuple », eux dont l’idéologie a fait du vingtième siècle le pire de l’histoire de l’inhumanité.

N’est-ce pas effrayant qu’ils se rejoignent ?

Bien sûr que oui, c’est effrayant, épouvantable. Cela montre une fascisation profonde de notre société. Que faire ? Hurler contFachosMalonne.jpgre les loups !

 

G. DE SELYS

 

NB : Au début des années ’90, une grande manifestation avait été organisée à Anvers contre les pédophiles. Quelques mois plus tard, les organisateurs, marchant en tête de la manif, étaient pratiquement tous inculpés pour pédophilie.

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 16:55

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Les habitants de la ville de Gao, dans le nord du Mali, se sont fait la promesse de protester contre les pratiques brutales des occupants islamistes.

Deux semaines après que le Mouvement pour l’Unité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) ait imposé sa stricte sanction sur un voleur à Ansongo, ce groupe dissident d’Al Qaida a menacé, le mardi 21 août, d’amputer les mains de 60 autres personnes.

"Par ces pratiques criminelles répétées, la population ne sera que davantage déterminée encore à renoncer aux pratiques du terrorisme et au régime imposé par des étrangers, car la gouvernance de trois mois imposée par ces gangs criminels a changé le style de vie des Touaregs, de ceux qui ont été forcés, en raison de la pauvreté et d’une incapacité à s’enfuir, à rester dans cette zone", explique l’activiste touareg Nina Walet Ntalo, ministre dans le gouvernement de l’état dissident de l’Azaouad.

"Ces comportements suffisent pour que le monde entier agisse, et non seulement les Touaregs", dit-elle à Magharebia.

Le voleur présumé dont la main avait été amputée à Assongo est mort une semaine plus tard, a rapporté malijet.com. Deux jours après, sa mère est décédée d’une crise cardiaque, raconte à Magharebia Moussa Ag Chrouga, qui habite Ansongo.

"Le jeune homme n’a pu supporter la perte de sa main droite, et sa blessure n’a pas répondu au traitement médiocre qui avait été fourni par le centre de soins trop faiblement équipé d’Ansongo, et qui consistait en une simple attelle, des anti-douleurs de base et des antibiotiques, il a été par conséquent saigné à mort", indique Ag Chrouga.

"Concernant sa mère, elle est morte de douleur et de chagrin, quand les militants n’ont pas écouté ses supplications de laisser son fils ou de le transférer dans un endroit plus décent pour y être soigné", ajoute-t-il. "Les habitants d’Ansongo et de Gao ont été très tristes, mais ils se souviennent encore de leurs mauvaises expériences lors des manifestations, ce qui les fait hésiter à sortir défiler afin d’éviter de nouvelles victimes".

Selon le journaliste Abou Bakr al-Ansar, la population était "sur le point de manifester" contre l’amputation, mais "les terroristes ont lancé une campagne majeure d’intimidation".

Le journaliste Mohamed Ag Ahmedu explique à Magharebia que la jeune victime était issue d’une tribu appelée Targha. Il avait été accusé de voler des armes et de les vendre pour pouvoir nourrir sa famille en raison de la pauvreté.

Et c’est le reflet de la condition de la majorité des jeunes vivant dans les villages placés sous le contrôle des islamistes, selon Ag Ahmedu. Le vol est l’une des deux options se présentant à eux. L’autre choix est de rejoindre les groupes extrémistes en échange de produits alimentaires, ce que rejettent de nombreux jeunes.

" Les demandes et les médiations de nombreux dignitaires locaux ne sont pas parvenues à convaincre le MUJAO d’accorder sa grâce au jeune homme", indique Ag Ahmedu. "Les militants islamistes semblent avoir eu le désir de se venger de lui parce qu’il avait été recruté dans leurs rangs, puis qu’il les avait abandonnés, qu’il s’était enfui avec son arme et qu’il l’avait vendue à quelqu’un".

Ce n’était pas "le premier incident de ce genre en termes d’application de la loi de la Charia", explique un religieux de Gao sous couvert d’anonymat.

"On a vu des flagellations et des semonces, et une lapidation à mort a eu lieu à Aguelhok il y a quelques jours", dit-il à Magharebia. "Toutefois, ce qui est nouveau dans cet incident, c’est la mort en raison de la douleur après qu’un organe corporel ait été amputé, car cette souffrance a été une expérience douloureuse pour tous. Nous affirmons qu’il n’y a de pouvoir et de volonté que par Dieu".

"En tant que religieux, nous considérons que la situation actuelle vécue par la population est similaire à la condition expérimentée par les musulmans durant l’année al-Ramada, quand Omar Bin al-Khattab a suspendu l’application des sanctions dures en raison de la pauvreté et des besoins des gens", ajoute-t-il. "Cette année-là, les mains des voleurs n’avaient pas été coupées au nom de la miséricorde et de la compréhension des besoins des personnes. Mais ces extrémistes assassinent l’aspect humanitaire de l’Islam et ils appliquent la religion de façon littérale".

Anara Ag Ntalu, un habitant de Gao, confie que la ville vit dans un état de "panique grave et de terreur".

"Le sentiment dominant parmi nous est qu’après quelques mois de la réalité que nous vivons, il y aura beaucoup de mutilés, d’amputés de la jambe dans notre ville en raison de l’amputation sans miséricorde de ces parties du corps", dit-il.

Les habitants locaux sont toutefois déterminés à se confronter aux islamistes et à protester contre leur règne de terreur.

"Le jour viendra où on sortira, la poitrine nue, défier la mort, et notre slogan sera "Oui à la mort, non à l’humiliation", ajoute Ag Ntalu.

 

PAR JEMAL OUMAR POUR MAGHAREBIA À NOUAKCHOTT – 27/08/12

 

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 12:19

Ces dernières semaines, nous nous sommes tus.

Nous nous sommes tus pour laisser la Cour de Cassation travailler.
Nous nous sommes tus malgré le vacarme et malgré le fait que trop souvent les médias, prétendant relayer l'opinion,  la construisent et attisent l'émotion bien plus que la pensée. Regrettable.

Aujourd’hui, la Cour vient de rappeler que la justice n’est pas la vengeance. Rappel salutaire.

L’émotion ne devrait pas exclure la dignité, soit un équilibrage rendu possible par la pensée. Pouvoir penser, c'est sans doute ce qui a manqué le plus à Michelle Martin il y a plus de quinze ans maintenant. Pouvoir penser, c'est ce qui fait défaut aujourd'hui aux représentants des victimes qui tentent de faire de la justice une entreprise privée, loin de l'intérêt collectif et du respect des libertés individuelles. Pouvoir penser, c'est ce qui manque aux hommes et aux femmes politiques qui "comprennent" l'émotion en lui donnant raison jusque dans ses dévoiements. Pouvoir penser, c'est ce qui manque aujourd'hui aux commentateurs haineux, sadiques et insultants qui s'exhibent avec la complaisance de presque toute la presse...
La pensée n'est pas affaire de spécialistes. Mais elle demande un peu de travail, un peu de silence, un peu de concentration, un peu d'échanges et beaucoup de respect.
C’est ce que nous espérons dans les semaines qui viennent et c’est pourquoi nous invitons les médias à relayer la lettre de Joël Van Cauter aux soeurs Clarisses(1), et plus particulièrement les paragraphes suivants:

"Il y a près de 20 ans, ma première femme a été assassinée. Je n’ai jamais pardonné à l’assassin. Je ne compte pas le faire. Mais si je ne lui pardonne pas à titre personnel, je ne crois pas qu’un être qui a tué puisse être réduit à un seul de ses gestes, même si ce geste relève du pire.
Au contraire, je crois que celui qui a fait mal doit pouvoir grandir, par la confrontation au négatif qu’il a incarné, engendré, à un moment.
Je crois que l’assassin est ainsi confronté au même mouvement que les proches de la victime, victimes elles-mêmes. On parlera de rédemption d’un côté, de deuil de l’autre. Ce ne sont que des mots. Figés, ils ne disent pas le cheminement, le tâtonnement, l’incertain, le doute. Ils ne disent pas la douleur. Ils ne disent pas assez le murissement, ce fruit de la vie qui peut être belle et bonne, malgré tout.
Refuser la libération conditionnelle, que la loi autorise à certaines conditions, c’est maintenir le coupable et la victime enfermés dans un même passé. Permettre à un prisonnier qui en a le droit de quitter une prison, c’est permettre que le fleuve aille à la mer.
Mesdames, je ne vous connais pas.
Il est probable que nous ne partagions pas les mêmes idées, peut-être pas toutes les mêmes valeurs.
J’ai néanmoins la conviction, comme homme et comme citoyen, qu’il faut que des personnes telles que vous jouent le rôle d’accueil que vous vous apprêtez à jouer (...) ”

(1) Publiée dans La Libre du 21/08/2012
 

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 12:04

Retrouvez l'ami Mermet qui reçoit Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon autour de leur dernier livre : "L’argent sans foi ni loi" (2012).
Les Pinçon-Charlot abordent cette rentrée avec un livre outil sur une arme. Cet argent virtualisé par les pros du bandit-manchot, ces traders qui banquent quand les peuples doivent les renflouer, ces banques... Ou comment cet "argent sans foi ni loi" soude l’oligarchie et désolidarise la classe moyenne et populaire.
A écouter sans modération:
 

 

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2511argent2511.jpg

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 11:44

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Pôle Nord: plate-forme pétrolière occupée
par des militants de Greenpeace


La firme belge DEME est impliquée dans la construction de la plate-forme de forage
Des militants de Greenpeace se sont hissés sur la plate-forme pétrolière  Prirazlomnaya, dans la mer de Pechora, au large de la Russie. La firme belge DEME, spécialisée dans les travaux de dragage en mer, a été impliquée dans la construction de la plate-forme contestée via sa filiale Tideway.

Photos disponibles ici.

Les militants de Greenpeace ont quitté l’Arctic Sunrise à bord de zodiacs aux alentours de 8 h heure belge. Il s’agit d’une équipe internationale parmi laquelle figure Kumi Naidoo, le directeur général de Greenpeace International. Les militants ont escaladé la plate-forme de forage pétrolier pour protester contre les plans de Gazprom, le géant énergétique russe qui exploite l’infrastructure.

Il s’agit de la seconde action au pôle Nord à laquelle participe Kumi Naidoo avec l’intention d’empêcher l’extraction de pétrole dans une zone aussi reculée (1). « Nous occupons cette plate-forme pétrolière rouillée, parce qu’au même titre que les 1, 4 million de signataires de notre pétition (2), nous estimons que le pôle Nord doit être protégé. Ces citoyens du monde ne sont pas les seuls à s’insurger. La semaine dernière, les représentants de plusieurs peuples autochtones russes ont co-signé une déclaration cristallisant leur opposition à l’exploitation pétrolière offshore aussi proche des territoires qui sont traditionnellement les leurs. (3) »
« Ici, c’est comme en Alaska où Shell mène des opérations similaires. Des fuites d’hydrocarbures finiront par arriver. Ce n’est qu’une question de temps. Le seul moyen d’éviter une catastrophe pétrolière dans ce type de zone, c’est d’instaurer une interdiction permanente de l’exploitation pétrolière au pôle Nord, conclut Kumi Naidoo. »

Absence de plan d’urgence

Gazprom ambitionne d’être dès l’année prochaine, la première entreprise à produire du pétrole, au pôle Nord depuis une plate-forme offshore et ce, à des fins commerciales. Greenpeace a récemment découvert que le géant pétrolier russe ne dispose pas de plan d’urgence officiel en cas de fuite. Le plan existant a expiré en juillet dernier. L’absence d’un nouveau plan a été confirmée par écrit par le ministère russe compétent en cas de crise.
Le pôle Nord est une des zones les plus impensables pour aller y forer à la recherche de pétrole. Le site d’exploitation de Gazprom est, à titre d’exemple, couvert d’une épaisse couche de glace pendant les 2/3 de l’année. La température y descend régulièrement sous les – 50C°. Quant à la mer de Pechora, elle est réputée être le théâtre de violentes tempêtes et elle est plongée la plus grande partie de l’année dans l’obscurité.  (4)

Responsabilité partagée pour DEME

La firme DEME a participé via sa filiale Tideway (Pays-Bas) à la construction de la plate-forme de Prirazlomnoya.  L’été dernier, Tideway y a placé une protection anti-érosion. (5) Il ressort de plusieurs déclarations de DEME/Tideway que cette entreprise entend bien profiter ces prochaines années de la ruée vers l’or noir de l’Arctique. (6).

“Toute entreprise ou tout investisseur impliqués dans des activités extractives dans une zone aussi fragile se comporte de manière non-éthique et commet un crime contre l’environnement, affirme Arnaud Collignon, de la campagne Energie de Greenpeace.

Plus d'information:
- Arnaud Collignon, responsable energie, Greenpeace Belgique, 0477.70.04.56

Notes aux rédactions:
(1) Action en juin 2011, vers la plate-forme de Cairn Energy au large du Groenland. http://www.greenpeace.org/belgium/fr/actualites-blogs/actualites/Le-directeur-de-Greenpeace-International-a-lassaut-dune-plate-forme-petroliere/
(2) http://www.savethearctic.org/fr
(3) Conférence de presse Greenpeace International - Comité Red Petsjora et Iz’vatas, à Usinsk (Russie) sur l’impact de l’exploitation forestière dans le grand Nord sur les peuples autochtones. On a pu y entendre des témoignages sur l'exploitation pétrolière au Groenland et dans le delta du Niger. Un groupe de 30 représentants des peuples autochtones russes ont protesté contre l’exploitation pétrolière off shore au pôle Nord. Les signataires de la déclaration ont exigé que les autorités russes les consultent avant d’autoriser les forages à proximité des terres autochtones.
(4) La semaine dernière Greenpeace Russie et le WWF Russie ont présenté une étude émanant d’une société informatique russe Riska. Ces experts indépendants ont développé un modèle informatique traitant des conséquences d’une marée noire à Prirazlomnaya. Ils concluent qu’une zone de 140.000 km2, située en haute mer à 3000 km des côtes, pourrait être recouverte de fioul. Les ambassades de Norvège et des Etats-Unis ont déjà montré leur intérêt par rapport à cette étude.
(5) http://www.tideway.nl/TIDW-pb-PrirazlomnoyNL_000.pdf.pdf et rapport annuel 2011 de CFE NV, p. 95 http://nl.cfe.be/media/478219/cfe_jaarverslag_nl_lr.pdf
(6) Par ex. Lucas Bols, area manager chez Tideway, a fait la déclaration suivante au Tijd en avril 2010 : “olie- en gasgiganten als Statoil komen binnenkort met een groot volume werk op de proppen komen. Ze gaan op zoek naar diepere olievelden in Brazilië, Mexico of in erg noordelijk gelegen regio's, boven de poolcirkel of in Siberië. Via Tideway gaan we voor die projecten pijpleidingen leggen op de bodem van de zee. Daarvoor bouwen we in Singapore een speciaal valpijpschip dat kan werken in ijsrijke regio's en dat tot op een diepte van 2 km, uniek, stenen kan storten op de bodem van de oceaan waarin de olie en gasleidingen worden gelegd.”
Consultez également : http://www.deme.be/Press/press_item.asp?iID=139

Service de presse: Elysabeth Loos - 0496.161.589 elysabeth.loos@greenpeace.orgGreenpeace2.jpg

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 18:19

En trois langues: néerlandais, français, espagnol:

 

Avaaz is een organisatie die vrij dicht staat bij de Amerikaanse regering. Een deel van de stichters, bestuursleden en als bevriend vermelde organisaties hebben directe banden met het USA-establishment. Het lijkt er op dat de gelanceerde "parallelle" petities van Avaaz een soort zijkanaal kunnen zijn voor internationaal protest. Soms zijn de eisen goed, zoals in dit geval met Haïti. Meestal zijn ze afgezwakt tegenover bestaande internationale petities. En wie weet wie er allemaal meekijkt op de Avaaz-lijsten?  

 

Enkele aanduidingen voor de band met de Amerikaanse overheid: 

* de twee stichtende organisaties van Avaaz zijn http://therespublica.org en www.moveon.org   

 

Moveon.org is een belangrijke "zogezegd" linkse lobby in de Amerikaanse Democratische Partij. Moveon.org wordt gesteund door de wereldbekende beursmagnaat George Soros: 

http://97.74.65.51/Printable.aspx?ArtId=10256

 

Avaaz gaf 320.000 USdollar steun aan de oppositie in Birma, via het "Open Society Institute", waarvan Georges Soros de voorzitter is. Met onderafdeling in Brussel: http://www.soros.org/initiatives/brussels

 

TheRespublica.org is eveneens een organisatie nauw verbonden met de Democratische Partij. Als je bij de bestuursleden en de raadgevers kijkt: 

http://therespublica.org/AboutUs.htm

http://therespublica.org/advisory.htm

Dan zit het goed vol van belangrijke staatsmannen, met de USA op kop. Ook de Soros-stichting komt weer kijken bij een van de adviseurs.

De directeur van Therespublica is ook de directeur van Avaaz: Ricken Patel. De genoemde raadgevers van Avaaz zitten ook in Therespublica.

 

De landen waar Therespublica acties ondernam zijn allemaal "lastige" landen waar de USA strategische belangen hebben.

 

De bevriende organisaties van Respublica zijn eigenaardige lobbycentra:

http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm?id=1139&l=2

Hier zit George Soros persoonlijk in het bestuur, naast onze Mark Eyskens.

En bij:

http://www.pgaction.org/executive_committee.aspx

zit onze senator Alain Destexhe

 

Dat zijn toch enkele ernstige indicaties.

Ik heb weet van verder onderzoek, ondermeer naar de geldschieters (Rockefeller Foundation, Gates Foundation, Ford Foundation, zijn de drie die ik mij herinner), maar heb daar de gegevens niet meer van.

 

Ik heb dit nog vergeten te situeren:

http://www.avaaz.org/en/about.php

onderaan deze pagina staan de stichters en de raadgevers van Avaaz, die ik vermeldde.

 

Eventueel nog dit: Avaaz moet toch veel centen hebben. Een bureau, stafmedewerkers en vertalers in New York, Rio, Genève, Washington, London. (Brussel?). Dat is niet weinig. Die stafmedewerkers reizen ook. Onlangs was de campagnedirecteur Ben Wikler nog voor een tournee in Europa. En gezien hun palmares zal minstens de directeur en zijn onderdirecteur toch niet voor 1500 euro per maand werken. Ik zie moeilijk een half miljoen euro per maand als belangeloze giften binnenstromen. Dat is geen "internetbeweging van burgers" meer, zoals ze in de marketing voorgesteld wordt. Daar zit meer achter.

 

Wanneer iemand een petitie tekent, krijgt hij later 'automatisch' de volgende petities. Ze vermelden het ook: "omdat je intekende op dit of dat krijg je nu deze mail". Dat betekent dus minstens dat ze de lijsten stockeren.  

 

 

Subject: RE: Haïti petitie - opgepast

 

Dank je, Jean-Paul voor je snelle en interessante info!

Ik heb je mailtje vrij vertaald maar wou graag weten of dat ik dat correct deed. Ik ben zelf even gaan zoeken naar de bijdrage van de Amerikaanse Staat maar niet lang, ik heb niets gevonden, ken jij de juiste linken om tot daar te geraken ? Omdat dat toch een "zware beschuldiging" is, die ik niet graag zo maar verspreid...

Bonjour ,

Je t'envoie quelques réflexions en rapport avec la pétition de Haïti d'Avaaz (que j'avais eu envie de signer de suite d'autant plus que ma filleule a une demi-soeur qui est mariée et a un nouveau-né là-bas). Elles proviennent d'un ami - et pas de Didier à qui je n'en ai pas encore parlé mais qui pourrait probablement également avoir des choses intéressantes à dire.

"Avaaz est une organisation sous le couvert du gouvernement américain donc indirectement sous les services de sécurité américains (ceci est le résultat de recherches sérieuses, sans paranoïa aucune). C'est même assez facile de le vérifier via le site en suivant les liens vers les fondateurs. Avaaz lance souvent des pétitions parallèles, avec parfois un bon contenu (comme ici plus ou moins), parfois avec un contenu affaibli. Leur but est entre autres de canaliser une partie de la protestation internationale et de ficher...

Un vrai canal pour une pétition autour des dettes de l'Haïti est:
ttp://www.cadtm.org/A-l-attention-des-gouvernements-et


No sé si has participado en alguna campaña de Avaaz aunque sólo sea firmando una de sus cartas reivindicativas. Si es así, entonces te computarán como uno de sus ya más de siete millones de “miembros”. A mí, en cambio, espero que dejen de incluirme, pues me acabo de dar de baja. Y te voy a contar por qué.

La cara amable de Avaaz

Avaaz, surgida en 2007, se presenta como una organización solidaria que promueve causas tan nobles como la lucha contra la pobreza, el respeto al medio ambiente y la defensa de los derechos humanos. Proclama anhelos de paz en Oriente Próximo, combate el choque de civilizaciones y se opone activamente a la represión (por ejemplo en Irán y en Birmania). Usa un estilo próximo, juvenil y familiar en las comunicaciones de sus campañas (el último correo suyo que recibí, del pasado miércoles, concluía así: «Con esperanza, Ben, Luis, Graziela, Benjamin, Ricken, Stephanie, Rewan, y todo el equipo de Avaaz»).

En la portada de su web, disponible en catorce idiomas, ahora mismo se pueden ver rotando imágenes referentes a acciones tan positivas como la de tratar de frenar al voraz magnate Rupert Murdoch, el respaldo al pueblo egipcio en su revolución democrática, el apoyo a Wikileaks, el control de los transgénicos y la defensa de las ballenas. Son iniciativas en buena medida asimilables a las metas de otras organizaciones altruistas y de muchos creyentes en que “Otro mundo es posible” (aunque quizás con un mayor toque light). [En España, además, apoyan activamente la campaña para echar a los políticos corruptos de las listas electorales. De manera significativa, en las versiones para Extremo Oriente las imágenes rotatorias, más escasas, se centran en propugnar la libertad para el Tíbet y Birmania.]

La propia Avaaz explica así su ventaja diferencial («agilidad, flexibilidad, enfoque y escala extraordinarias») respecto a otras entidades de objetivos similares: aprovechan mejor las nuevas tecnologías globales y la realidad de una ética también global. De este modo –afirman–, pueden funcionar «con un equipo único» que se hace cargo de «cualquier asunto de interés público». No buscan tanto formar una corriente ideológica como una comunidad de valores que respeta las discrepancias puntuales. Sus campañas, dicen, no se imponen de arriba abajo sino que surgen de las demandas de sus miembros. Además, el equipo coordinador colabora con organizaciones afines «para desarrollar estrategias eficaces». A partir de ahí brotan sus conocidas alertas, enviadas por correo electrónico o a través de redes sociales, sin perjuicio de publicar también «anuncios costeados mediante donaciones de los miembros». Pues afirman con énfasis su total autonomía financiera: «Nuestro modelo financiado por nuestros miembros nos mantiene independientes y responsables.»

Entre sus «logros» recogen la masiva respuesta obtenida por su alerta mundial sobre el cambio climático, su decisiva intervención en Brasil para descalificar a políticos corruptos, o sus actuaciones frente a desastres naturales en Pakistán y Birmania. Asimismo han realizado recogidas de firmas contra los transgénicos, apoyaron los esfuerzos para que Paul Wolfowitz dejara de presidir el Banco Mundial y animaron la superación de las «políticas unilaterales y destructivas de Bush». Esto último encaja con el hecho de que entre sus fundadores no falten críticos del criminal texano (ver también).

Ampliando el zum

Un análisis algo más cuidadoso muestra detalles quizá no tan positivos. Su frecuente recurso iconográfico a Bin Laden lleva a sospechar que, además de asumir la absurda versión oficial sobre el 11-S, comulgan con las bases de la “Guerra contra el Terrorismo” (¿quizá no son tan contrarios a Bush después de todo?). Refuerza esa sospecha que entre sus “logros” incluyan que coorganizaron en 2007 el primer discurso de David Miliband como ministro de Exteriores del Reino Unido en la etapa de Gordon Brown. O la propia colaboración de éste con una campaña de Avaaz. Recordemos que Brown fue durante años miembro del gobierno Blair que respaldó la guerra “legal” contra Afganistán y codeclaró la guerra ilegal contra Irak. Y que, ya como primer ministro, mantuvo la misma línea belicista, además de liberticida.

No menos llamativo es que en varias de sus portadas (en inglés, en alemán...) destaquen una frase del propio Brown elogiando a Avaaz. O que en otras de ellas (la versión española, la italiana...) recurran a una cita de Al Gore de estilo similar. Gore... el vicepresidente de Clinton –recuérdese el acoso a Irak durante aquellos años, con frecuentes bombardeos, a veces masivos–, el que aceptara sumisamente su “derrota” electoral frente a Bush pese a haber ganado en votos, el ecologista derrochador de energía que fuera galardonado con el Nobel de la Paz, premio obsceno como pocos, entregado una vez más a un violentista.

Pero aún no hemos visto nada... Personalmente ya tenía bajo examen a Avaaz por la tibieza de algunas de sus posturas (a la vez que aplaudía otras), o por su apoyo a las engañosas “revoluciones de colores”. Cabía pensar en su ingenuidad, no obstante. Lo que acabó disparando todas mis alarmas fue ese último correo que recibí, en el que descaradamente abogan por la imposición de una zona de exclusión aérea sobre Libia para acabar con el régimen de Gadafi. En otras palabras: 1. Dan por buena la versión occidental de los hechos, pese a que a día de hoy aún nadie ha demostrado que lo que ocurra en Libia sea otra cosa que una guerra (y, según crecientes indicios, promovida por el imperialismo: ver 1 y 2). 2. Les parece correcto que los mayores criminales del planeta (¿o es que aún no se han dado cuenta de que lo son?) intervengan para deponer a otro criminal a fin de cuentas menor. Fue al recibir dicha alerta cuando me puse a investigar más a fondo a Avaaz....

Quién hay detrás

Indagar en la “trastienda” de Avaaz resulta revelador. Hemos mencionado ya que su gente coorganizó el primer discurso de Miliband. Su socio en esa peculiar gestión (curioso “logro” ésta para un colectivo que quiere cambiar el mundo) fue la Chatham House.

¿Qué es la Chatham House? Su nombre original, aún conservado, es Royal Institute of International Affairs, el más relevante think tank británico y uno de los más influyentes del mundo. Su fundación data de 1920 –con cédula real desde 1926–, fruto de un plan angloestadounidense cuya contraparte al otro lado del Atlántico sería el Council on Foreign Relations (CFR), «institución hermana» bien conocida por su capacidad de orientar la política exterior estadounidense.

Por las tribunas de la House han pasado oradores como David Cameron, Ban Ki-moon, Hamid Karzai, Condoleezza Rice, Gordon Brown y Pervez Musharraf. Y, más atrás en el tiempo, otros como Ronald Reagan. O sea, la crème de la crème del Sistema más algunos de sus adjuntos. Eso sí, con una cierta inclinación europeísta pese a sus vínculos atlánticos. Interesante entidad colaboradora de Avaaz, en cualquier caso.

Según Wikipedia, Avaaz nace de la confluencia de dos organizaciones preexistentes, ResPublica y MoveOn. Ambas, supuestamente preocupadas por una democracia más participativa. La primera, con alusiones iconográficas en su web a Gandhi y a Martin Luther King, tiene entre las personalidades que la respaldan a alguna procedente del entorno de Bill Clinton, pero la gran mayoría son destacados líderes o portavoces religiosos, tanto protestantes como católicos romanos (hay también un rabino). Entre los segundos se incluye Charles Rooney, de Catholics in Alliance for the Common Good (CACG), una organización que promueve «la plenitud de la tradición social católica en la plaza pública» (el enlace a esta cita provista por Wikipedia ya no se encuentra activo). Por su parte, MoveOn está muy vinculada al Partido Demócrata estadounidense. Es anti-Bush y pro Obama. Entre sus fuentes de financiación destaca el superricacho George Soros, conocido especulador húngaro-estadounidense que, entre sus múltiples hazañas, llegó a desestabilizar el Banco de Inglaterra.

Volveremos pronto con Soros. Antes, aludamos rápidamente a un sujeto nada irrelevante que se cuenta entre los cofundadores individuales de Avaaz. Hablamos de Tom Perriello, con una fulgurante carrera a sus 36 años. Ex congresista por el Partido Demócrata, Perriello es otro partidario de la “Guerra contra el Terrorismo” y como tal ha apoyado el aumento de tropas en Afganistán y la permanencia en Pakistán. Defensor del “derecho” a tener armas, son conocidos sus vínculos con la Asociación Nacional del Rifle. Pero quizá no sean menos significativas las conexiones de Perriello con el mundo religioso. Católico romano, colabora no obstante también con organismos de otras confesiones. Fue además uno de los impulsores de la entidad sociorreligiosa Faithful America, así como el fundador de la CAGG, la susodicha agrupación papista que quiere inundar de tradición católica la sociedad estadounidense con la excusa del “bien común”.

¿Realmente se autofinancia Avaaz? Según lo que se entienda por eso... Si un multimillonario se encuentra entre sus miembros donantes, podemos decir que sí (lo que pasa es que entonces tal vez haya que preguntarse quién es miembro de quién). Hablamos de nuevo de George Soros. Son diversas las fuentes que lo conectan con Avaaz (p. ej. 1, 2 y 3), cosa que esta organización no declara y, hasta donde sabemos, tampoco desmiente.

En busca de más evidencias, retornemos al papista Perriello, el dinámico cofundador de Avaaz. Al parecer, el Open Society Institute (OSI) de Soros le dio 150,000 dólares a su citada asociación Catholics in Alliance for the Common Good en 2006. Algo llamativo por cuanto Soros es ateo.

Por cierto, este acaudalado caballero ha estado también vinculado, como miembro de su Junta Directiva, al CFR, ya citado más arriba (recordemos que es la entidad hermana de la Chatham House, colaboradora de Avaaz). Y a través del también mencionado OSI, tuvo un papel relevante en el éxito de la Revolución de las Rosas, que inclinó definitivamente a Georgia hacia el lado occidental. Por entonces (2003) aún no existía Avaaz, que después se ha caracterizado por defender ese tipo de revoluciones en otras partes.

Desde luego, la financiación de Soros ayudaría a comprender el rápido crecimiento de Avaaz, así como la espectacularidad de sus acciones y recursos (recordemos la tecnología visible en su web, así como que ésta tenga versiones en catorce idiomas).

Conclusiones

Avaaz se presenta a sí misma como una organización de base, pegada a la gente de a pie, que con un solo pero entusiasta equipo humano ha sido capaz de captar millones de seguidores e irradiar una influencia cada vez más global en su camino hacia un mundo mejor. Dice promover la paz, la libertad y los derechos humanos.

La realidad parece ser muy otra, como delatan sus vínculos. Estamos ante una organización cien por cien sistémica, y por tanto condenada a contribuir a preservar lo esencial del presente statu quo. Un movimiento asociado a los principales responsables de este criminal Sistema, sobre todo a los del ala progre, incluido el magnate Soros. Al servicio, pues, del imperialcapitalismo. Y con una inquietante nota adicional, resumida principalmente en la figura de Tom Perriello: la conexión de fondo con el Gran Tapado.

Con Avaaz estaríamos, sencillamente, ante lo que Michel Chossudovsky llama “fabricando disidencia”: para evitar que surja una disidencia de verdad, lo que hace el Sistema es inventarse una falsa hacia la que canalizar los genuinos impulsos de cambio y renovación. Es el típico disfraz del Poder para autoalimentarse. Que durará sólo mientras Dios lo consienta.

 

 

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Published by gerardselys
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