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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 13:34

Oui, ils ont peur, nos gouvernants. Ils ont peur, tous les gouvernants des pays dits riches.

La rue Mazy où se trouve le siège du gouvernement wallon a été aménagée spécialement pour être barricadée contre les colères du peuple, des trous ont été aménagés pour pouvoir la barrer par des chevaux de frise. Au sommet de Davos (et dans toutes les réunions mêlant patrons et politiques au pouvoir), on discute activement des moyens de se "protéger" du peuple. On ne le dit pas.

La loi européenne de lutte contre le terrorisme (2003) a été adoptée par les ministres européens de l'Intérieur (la police) et de la justice (la répression) moins de quinze jours après les attentats du 11 semptembre 2001. Ce qui veut dire qu'elle était déjà prête depuis longtemps. Elle criminalise les syndicats et tout manifestant. Si elle n'a pas encore été utilisée entièrement à cette fin, c'est que la situation ne s'y prête pas encore, selon les dirigeants.

En 1996, la Chambre de Commerce International (CIC) qui regroupe plus de 30.000 patrons du monde, au cours de sa réunion annuelle à Genève, avait demandé à l'ONU de prendre des mesures contre les "activistes". Elle demandait une surveillance et un contrôle accru des syndicats. L'ONU n'a pas accepté, de justesse, la situation ne s'y prêtait pas encore.

La sauvegarde de la "démocratie de marché" chère à la Table Ronde Européenne des Industriels (ERT) mobilise de plus en plus de troupes militaires et de flics. Plusieurs villes construites spécialement en Amérique du nord et en Europe (Allemagne) servent de champ de manœuvre aux militaires pour réprimer les révoltes urbaines.

Les budgets affectés aux polices et la répression explosent dans le monde entier. Pour eux, c'est la guerre. Soit. Soyons-le aussi, en guerre.

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Ces mots ne sont pas seulement un coup de gueule et une manifestation de révolte.

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 17:28


Cinq difficultés pour écrire la vérité.(1934)
Bertold Brecht
*
(...)
Quand on crie partout sur les ondes qu'un homme sans savoir et sans culture vaut mieux qu'un homme savant, il faut du coura­ge pour demander: mieux pour qui ?
Quand on parle de belles races et de races dégénérées, il faut du courage pour demander si par hasard la faim, l'ignorance, et la guerre ne produi­raient pas de terribles malformations.
Du courage, il n'en faut pas moins pour dire la vérité sur soi-m
ême, lorsqu'on est vaincu.
Il y en a beaucoup qui, sous l'effet des persécutions, perdent la faculté de reconnaître leurs fautes.
Être persécuté leur semble être le mal abso­lu.
Les méchants, ce sont les persécu­teurs, puisqu'ils persécutent; eux, qui sont persécutés, ne peuvent l'être que pour leur bonté.

Cette bonté, pourtant, a bien été battue, vaincue, réduite à l'impuissance; c'était donc une bonté faible, une bonté inconsistante, sur qui on ne pouvait compter, une mauvaise bonté: on ne voit pas en effet pourquoi on accepterait que la bonté soit faible comme on accepte que la pluie soit humide.

Il faut avoir le courage de dire que les bons ont été vaincus non parce qu'ils étaient bons, mais parce qu'ils étaient faibles. Bien sur, il faut écrire la vérité, mais la vérité en lutte contre le mensonge; et il ne faut pas en faire une généralité vague, sublime et à mul­tiples sens; cette généralité vague, sublime et à multiples sens est précisé­ment le propre du mensonge.
Lorsqu'on dit de quelqu'un qu'il a dit la vérité, c'est que certains, ou beaucoup, ou un seul, ont commencé par dire des généralités vagues, ou carrément un mensonge, mais que lui a dit la vérité, c'est-à-dire quelque chose de pratique, de concret, d'irréfutable, la chose même dont il fallait parler.
Ce n'est pas du courage que de se lamenter en termes généraux sur la méchanceté du monde et le triomphe de la bassesse, quand on écrit dans une partie du monde où il est encore permis de le fai­re. Beaucoup font les braves comme si des canons étaient braqués sur eux, alors que ce ne sont que des jumelles de théâtre.
Ils lancent leurs proclamations générales dans un monde où l'on aime les gens inoffensifs.
Ils réclament une justice universelle, pour laquelle ils n'ont jamais rien fait auparavant, et la liberté universelle de recevoir leur part d'un gâteau qu'on les a longtemps laissé partager.
Ils ne reconnaissent com­me vérité que ce qui sonne bien. Si la vérité consiste en faits, en chiffres, en données sèches et nues, si elle exige pour être trouvée de la peine et de l'étude, alors ils n'y reconnaissent plus la vérité, parce que ça ne les exalte pas.

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 15:44

Carlot-travaille2.jpg

C’était à la fin du siècle passé déjà : le 26 novembre 1999, à Nîmes. Ce soir-là, devant une assemblée pour le moins dubitative ou atomisée (selonles images), le jeune sociologue français Loïc Wacquant, auteur d’une recherche intitulée « Les Prisons de la Misère », pourfendait
l’hyper-valorisation du Travail comme levier central d’acceptation du travail lui-même. Il décrivait comment « aujourd’hui on assiste au développement d’une insécurité sociale avancée » obligeant chaque travailleur potentiel, dans la représentation qu’il doit avoir de lui-même et dans les dispositifs de recherche d ‘emploi qu’il est appelé à
mettre en oeuvre, à se percevoir et à s’activer comme une micro-entreprise sommée de se vendre et donc de se rendre chaque jour plus employable, plus compétitive. A lui, -le travailleur-, à elle, -l’entreprise qu’il constitue-, de prouver, de justifier, de démontrer chaque jour son apport
supérieur à qui peut et qui veut l’engager, l’acheter, parier sur ses compétences, ses savoir-faire, son dévouement, dans un grand marché dérégulé de l’emploi, un grand jeu du chacun pour soi ! Hier soir, à la tv, une « chômeuse de longue durée » se lamentait de ces employeurs qui ne veulent obstinément pas « investir sur son profil » (sic).

Qui résiste à cette auto-fabrication de lui-même, à son auto-réification, ou s’en retrouve perdant et refuse de se plier à ce verdict, ne peut individuellement en sortir, hors la maladie mentale ou le suicide, qu’en posant des actes criminels ou criminalisables : faux et usage de faux (dans des pratiques de fraude sociale par exemple), travail au noir, vol à l’étalage, racket, deal, vol de ferraille ou carrément bracage, trafic de drogue, trafic d’être humains, etc. D’où la conclusion du sociologue : on en revient à une fusion, à un couplage de la question sociale et de la question pénale.
 

 

<https://www.youtube.com/watch?v=kNPayPcaeV0&feature=player_embedded>

Première question : ce couplage a-t-il jamais été brisé ?

Ensuite : et si aujourd’hui, même dans la Gauche, sacralisatrice s’il en est du Travail, du Plein Emploi et de la Croissance, on assiste partout et depuis plus de 20 ans à un déni de ce couplage, n’est-ce pas précisément parce qu’il s’agit d’empêcher de faire de l’augmentation de la criminalité, de la délinquance pénale sous toutes ses formes, et de
l’insécurité qu’elle engendre, les indices d’un mal-être social par rapport aux nouveaux éléments contingents du cadre salarial, c’est-à-dire d’une résistance qui suinte consciemment ou non par rapport à l’insécurité et à la précarité sociales qu’impose ce cadre et qu’il prétend inoculer à un corps collectif dont il a besoin mais qui les refuse et s’en défend comme il le peut ?

Accepter que, dans l’univers de nos prisons et de nos tribunaux, se démultiplie à grande vitesse ce signe, ce symptôme, ce serait forcer la question suivante, centrale aujourd’hui : le travail, dans sa dimension salariale actuelle, d’enfermement dans un rapport de subordination toujours plus précaire, plus « à la culotte », et d’obligation de production toujours plus exigeant, nous propose-t-il autre chose qu’une déshumanisation toujours plus forte de nous-mêmes, en ne nous concédant même plus en retour l’assurance d’une existence sociale "correcte" : un contrat d’emploi stable et garanti sur la durée, un revenu décent et en hausse progressive, une sécurité physique et psychique assurée dans le cadre de l’activité professionnelle, une pénibilité supportable, avec des marges de fluctuations tenant compte des ressources individuelles mais aussi de l’état de forme du jour, etc ?

Ce constat ne rend-il pas légitimes toutes les formes de refus qu’inventent ces petites machines , sensibles et audacieuses, que sont nos corps, y compris en recourant à des manoeuvres multiples de contournement ou de détournement de bon nombre de lois ? N’impose-t-il pas aujourd’hui comme une urgence politique majeure l’invention d’alternatives à la croissance, la productivité, l’arrimage même de tout revenu à la preuve et à la hauteur d’une participation à un système de production “privé” qui n’a plus aucune légitimité en soi? Il nous faut des portes de sorties, salvatrices et innovantes, qui nous désenclavent de pratiques de commandement que plus rien ne borne et d’une conception de la production auquel aujourd’hui seul le profit financier escomptable donne et fixe de la valeur.


Tcherry

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 16:35

Frankenstein-Billiken-model2.jpg

 «The Human Body Exhibition»

Bourse de Bruxelles, 7 février – 8 juin 2013

 

À renfort de publicité, l’exposition «The Human Body Exhibition» annonce sa venue à la Bourse de Bruxelles : plus de deux cents «spécimens». Sous prétexte pédagogique, il s’agit en réalité d’un commerce de cadavres sans sépulture. Plus largement, d’une marchandisation sans limite qui fait voler en éclats un des garde-fous de la vie collective. Sous peine de violence, depuis les origines, on ne traite pas un mort comme n’importe quel objet. Pour les enfants, le message implicite délivré par cette exposition est particulièrement destructeur. Il s'agit non pas d'éducation mais de «show business». La raison sociale de l'organisateur est sans mystère : «Fire-Starter: an Entertainment Company» (annonçant pour bientôt : Michael Jackson : The Immortal Tour World). Les pouvoirs publics qui autorisent un tel trafic, en feignant d'avoir affaire à des «spécimens anatomiques» plutôt qu'à des défunts, font preuve d'un mélange d'hypocrisie et d'inconscience. Ils violent non seulement l’esprit et la lettre de la loi, ils mettent en péril une des balises de la civilisation.

 

De façon perverse, l’exposition se présente comme un Garde-fou contre les excès du monde moderne (sic), alors qu’elle en constitue un des plus remarquables aboutissements. De plus, le galimatias concernant l’origine des cadavres parle de soi : « Les spécimens de The Human Body Exhibition ont fait l’objet de dons légaux selon un processus gouvernemental » — mais en quoi un «processus gouvernemental» venu d’ailleurs - s’il existe - nous concernerait-il ? Plus remarquable : «Tous les spécimens de The Human Body Exhibition ont fait l’objet de dons légaux (…). L’identité et l’âge des donneurs, tous morts de causes naturelles, sont inconnus» (sic). Lors d’une autre «exhibition», on avait cru remarquer des traces de balles.  

 

                                                                                                    Conseil d’Éthique de l’APSY-UCL

 

http://www.thehumanbody.be

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 10:03

inemployable.jpg

par Le travail à tout prix ?, dimanche 9 décembre 2012, 20:13 ·

 

 

 

Madame la facilitatrice, Monsieur le facilitateur,

 

Si je vous remets cette lettre aujourd'hui, c'est pour partager avec vous mes expériences, mes réflexions, mes recherches sur le plan d'accompagnement des demandeurs d'emploi et plus largement sur la problématique du chômage.

 

En effet, après de longs mois passés à rechercher un emploi en vain, j'ai commencé à me poser des questions sur le marché du travail.

Ce que j'ai découvert ne m'a pas surpris et je pense que vous ne serez pas non plus étonné par ce que je vais vous exposer ci-dessous.

 

 

1. Le plein-emploi

"Le plein emploi est une situation d'une zone donnée dont le chômage est réduit au chômage de transition (c'est le chômage de faible durée existant entre l'arrêt d'un emploi et le début d'un autre). Il n'existe alors pas de difficulté particulière à trouver un emploi."

Celà sous-entend que le nombre d'emplois disponibles est au moins égal au nombre de demandeurs d'emploi. Aujourd'hui en Wallonie il y a environ un rapport de 1/10 entre le nombre d'emplois disponibles et le nombre de demandeurs d'emploi. On ne peut que constater dans ces conditions que nos tentatives d'offrir un emploi à toute personne potentiellement active est en fait une douce utopie.

 

Si il est toujours possible de trouver un emploi en Wallonie, c'est simplement la conséquence de la mobilité du travail dont la cause est parfois la motivation personnelle du travailleur, mais bien plus souvent cette mobilité est engendrée par la précarité des nouveaux contrats de travail : remplacements, CDD, réinsertion, dont le PFI, l'Activa et autres contrats win-win qui offrent à l'employeur potentiel une force de travail à coûts bas grâce aux aides financières de la Région. Mais qui par son aspect temporaire encourage l'employeur à renouveler plus fréquemment son personnel afin de continuer à bénéficier des aides accordées.

 

 

Extrait d'un article paru sur le site de la rtbf et écrit par Pierre-Yves Ryckaert:

"Parmi les remèdes inefficaces présentés inlassablement par nos décideurs comme " la " solution à tous nos problèmes socio-économiques, l’idéologie du plein emploi a la dent dure. S’il y a bien quelque chose qui fait l’unanimité à droite comme à gauche (syndicats en premier), c’est le mythe du plein emploi. Pourtant une analyse pragmatique nous amènerait immanquablement à la conclusion qu’il s’agit d’un rêve hors de portée. D'une part, parce qu'une croissance matérielle exponentielle n'est pas soutenable, d'autre part, parce que la productivité augmente sans cesse diminuant toujours plus l’emploi nécessaire pour la même quantité produite et générant ainsi un chômage structurel. Devrions-nous alors détruire les machines qui nous entourent ou diminuer notre productivité pour atteindre ce mythe? Nous sommes dans une situation paradoxale : la richesse créée et la productivité n’ont jamais été aussi élevées mais il faut pourtant nous rendre à l’évidence, le système actuel ne permet plus de faire vivre dans la dignité l’ensemble des individus qui le compose."

 

 

2. Le chômage structurel

Il est très étonnant de constater que malgré la progression constante du chômage depuis maintenant plusieures décénies, aucun gouvernement national, ni aucune politique européenne n'a su enrayer cette spirale.

Le partage du temps de travail, le revenu de base, et bien d'autres exemples de proposition de résorbtion du chômage n'ont même jamais été examinées .

Aujourd'hui on s'obstine à exiger de chaque demandeur d'emploi qu'il trouve un travail, même si, comme nous l'avons vu dans le premier paragraphe, du travail (ou plutôt de l'emploi, NDLR) il n'y en a pas.

 

Quelle place occupe le chômage dans notre société ? A qui profite le chômage ?

Quand on pose cette dernière question, la réponse la plus évidente est que ce sont les bénéficiaires des allocations qui profitent le plus du chômage.

Et pourtant le montant des allocations ne nous autorise pas à dire que l'allocataire tire quelconque "profit" de cette situation de survie matérielle.

 

En réalité, le chômage est structurel et institutionalisé. On peut dire sans se tromper que le fait de maintenir un taux de chômage fixe à environ 10% de la population active est en réalité un mécanisme volontaire de stabilisation des salaires et de l'inflation.

En effet, il n'est pas difficile de comprendre que le taux de chômage donne un avantage considérable à l'employeur qui désire embaucher au moindre coût. Le chômage exerce une pression vers le bas sur les salaires (en particulier sur les bas salaires). Il donne la main à l'employeur, qui imposera les conditions de travail (et donc le futur salaire) sans négociation préalable.

Ce salaire sera considéré comme "suffisant" dans la mesure où il dépasse les allocations d'environ 10%, entrainant un nouveau phénomène, celui des travailleurs pauvres.

Plus les allocations de chômage seront maigres et plus les bas salaires se répandront.

 

Donc, ceux qui condamnent ouvertement le principe des allocations de chômage sans limite dans le temps (FEB, MEDEF,..) sont également ceux qui en profitent le plus. Un taux de chômage conséquant leur offre la possibilité d'imposer les conditions de rémunération.

 

En outre, le chômage maintient un faible taux d'inflation. En effet, si l'ensemble de la population active était occupée à l'emploi, chacun aurait un revenu issu du travail et il y aurait donc plus de monnaie en circulation. Celà provoquerait une hausse de l'inflation et donc une hausse des prix des biens de consommation (ainsi qu'un éffondrement de l'épargne et du Capital, NDLR). Le taux de chômage à environ 10% de la population active est en réalité désiré par ceux qui ont pour mission de contenir l'inflation. En l'occurence il s'agit de la principale mission de la BCE, qui n'hésite pas à reconnaitre les faits que je viens de décrire ci-dessus. Ce mécanisme s'appelle le NAIRU (taux de chômage n'accélérant pas l’inflation).

 

 

3. Hausse de la Productivité et Réduction du temps de travail.

Si l'on s'interesse quelque peu à la philosophie du travail, on se rend compte que l'homme a toujours voulu se décharger du travail. L'ère industrielle nous a apporté un outil magnifique qui, à l'époque, était une raison d'espérer une diminution du temps de travail (et donc la possibilité de partager le travail de manière équitable): le progrès technique.

 

En effet, la hausse de la productivité (du à l'amélioration des outils de production) aurait pu bénéficier aux travailleurs (c'est d'ailleurs les promesses qui étaient avancées il y a 60 ans). Au lieu de ça, la hausse de la productivité a eu pour principale conséquence d'augmenter les profits des agents détenant déjà les capitaux.

 

Dans ce contexte il est aussi étonannt de constater que les entreprises ne cessent de bénéficier d'aides diverses (aide à l'embauche, éxonération fiscale,..) tandis que les allocataires sont mis sous pression par le plan d'accompagnement qui nous concerne aujourd'hui.

 

 

4. Crise économique et sociale

La crise de la dette publique a eu pour conséquence la révision du budget et les mesures de rigueur et d'austérité sociale. Ces mesures contrastent avec les plans de sauvetage du secteur bancaire et l'absence d'une juste politique fiscale envers les multinationales implantées sur notre territoire et qui bénéficient de différents avantages fiscaux (avantages qui ne s'appliquent qu'aux grandes entreprises, créant par la même occasion une injustice face aux PME)

 

Drôle de situation donc où on demande des comptes aux plus démunis alors que ceux qui profitent de la situation sont félicités.

On notera qu'aujourd'hui, 21 000 milliards de dollars sont à l'abri de l'imposition dans des paradis fiscaux.

 

Cette crise nous touche tous, que ce soit au niveau de nos projets professionnels, de la qualité des services publics, de notre pouvoir d'achat et même de l'organisation de notre vie de famille.

Pour les allocataires sociaux, la situation est critique et au vu du prix des logements et des biens de première nécessité, le fait de sanctionner une personne déjà démunie financièrement serait une triste décision.

 

De grands défis nous attendent et il est bon de se demander si nos actions, au quotidien, tendent vers un avenir meilleur, ou au contraire entretiennent les injustices d'un système qui tient plus compte des marchés boursiers que du bien-être des citoyens.

De par votre statut, vous pouvez décider d'agir en votre âme et conscience et ainsi participer aux prémices d'une alternative pour notre avenir à tous. Nous sommes tous concernés. Nos actes peuvent changer les choses, n'en doutez jamais.

 

En effet, malgré la mission qui vous a été confiée dans le cadre de votre contrat de travail, je pense qu'il serait heureux de garder un point de vue critique sur les causes et les conséquences du travail de contrôle administratif que des centaines d'employés administratifs sont amenés à effectuer pour le compte de l'Onem. L'Onem répondant, pour sa part, à des directives politiques venant de nos décideurs nationaux et européens et qui sont largement remises en cause aujourd'hui.

 

 

Constitution Belge : Art. 23 :

"Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine. Ces droits comprennent notamment : 1° le droit au travail et au LIBRE CHOIX d'une activité professionnelle..."

 

Déclaration universelle des droits de l'homme : Article 23 :

"Toute personne a droit au travail, au LIBRE CHOIX de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage."

 

OIT : Convention (n° 29) sur le travail forcé, 1930 : Article 1 :

"Tout Membre de l'Organisation internationale du Travail qui ratifie la présente convention s'engage à supprimer l'emploi du travail forcé ou obligatoire sous toutes ses formes dans le plus bref délai possible."

 

 

 

Je crains de ne pouvoir vous convaincre qu'après avoir pris connaissance de tout ceci, je suis dans l'obligation morale de poser un acte de résistance face à une procédure administrative sans fondements qui, malgré ses intentions de "remotivation", provoque inéxorablement une stigmatisation d'une minorité sociale déjà méprisée par une majorité des citoyens.

Sans oublier les conséquences individuelles sur chaque demandeur d'emploi sanctionné pour son manque d'ardeur à chercher un emploi. Conséquences qui seront tout aussi bien matérielles que psychologiques.

 

La vie nous a créés tous différents et la différence est une richesse que nous pouvons cultiver.

L'objection de conscience est par ailleurs une obligation que l'on s'impose face à un problème éthique qui nous semble trop important pour ne pas être pris en compte.

 

Je voudrais donc vous encourager à envisager mon dossier avec toute la compréhension utile et nécessaire.

 

Peu importe la décision que vous prendrez à la fin de votre entretien, j'espère de tout mon coeur que vous tiendrez compte de ce courrier dans vos décisions futures et dans votre travail au quotidien.

 

C'est pourquoi j'ai décidé de me présenter à vous aujourd'hui, non pas avec mon dossier de recherche d'emploi, mais bien avec cette lettre chargée de mes seules convictions.

Je ne m'attend pas à éviter la sanction. Aujourd'hui je suis près à l'accepter car j'ai agi en mon âme et conscience.

 

 

Veuillez recevoir, madame, monsieur, mes amitiés les plus sincères.

 

Un Inemployable Volontaire.

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 15:55

300px-India_Naxal_affected_districts_map.svg.png

La révolution impossible de nos jours ? Que non. Les communistes indiens, dont le mouvement naxaliste, contrôlent un tiers du territoire indien.

Dans les régions qu’ils administrent, ils redistribuent les terres et organisent un enseignement et un système de soins gratuits. L’armée indienne n’ose plus y pénétrer. Le mouvement naxaliste dispose d’une armée populaire composée pour moitié de femmes.

On n’en parle pas chez nous parce que cela pourrait donner espoir et de « mauvaises » idées à certains.

Le naxalisme est le nom donné à un mouvement composé de plusieurs groupes révolutionnaires en activité dans quinze États de l'Inde (cf. carte, le dernier recensement officiel parle de 195 districts concernés). Les naxalistes cherchent à organiser les paysans pour provoquer une réforme agraire par des moyens radicaux. Le terme « Naxal » dérive de Naxalbari (en), un village situé dans le District de Darjeeling, au nord du Bengale-Occidental d'où le mouvement est issu.

Le mouvement naxaliste est initié le 3 mars 1967 par un groupe de révolutionnaires communistes réunis autour de Charu Mazumdar (en). Ce jour-là, dans le village de Naxalbari, dans l'État du Bengale Occidental, près de la frontière népalaise, un groupe de 150 sympathisants du Communist Party of India (Marxist) (CPI (M) - Parti communiste d'Inde (marxiste)) attaquent les réserves de riz d'un propriétaire terrien. Commence à se développer ainsi ce qu'ils appellent une opposition révolutionnaire afin de mettre en place un gouvernement révolutionnaire en Inde. Mazumdar et ses partisans sont de grands admirateurs de Mao Zedong et préconisent que les paysans indiens et les classes inférieures suivent ses traces et renversent le gouvernement et les classes supérieures qu'ils jugent responsables de leur situation difficile. Ce fut le début de longues années de conflits entre pauvres et riches, basses castes et hautes castes, peuple et autorité.

 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 15:45

Comment aurais-tu réagis si tu avais appris que ta fille avait fait valoir son droit à être euthanasiée ?  

Des interlocuteurs me demandent régulièrement : « Comment aurais-tu réagis si tu avais appris que ta fille avait fait valoir son droit à être euthanasiée ? »

Après le décès de ma fille il m’a fallu un cheminement pour accepter l’euthanasie comme alternative.

J’en arrive à la conclusion que si ma fille, tout comme nous, ses parents, avions été informés de l’existence de cette alternative et que nous avions été accompagnés par des spécialistes, alors oui, très certainement que nous l’aurions accepté.

Tout comme nous avons accepté sa mort. Tout comme nous avons accepté son suicide.

D’autant que, tout comme la mère dont je cite le témoignage plus loin, tout comme Edith elle-même d’ailleurs, ses parents s’attendaient déjà à l’inéluctable.

Au plus profond d’eux, sans oser se l’avouer ! De tous les sentiments qui m’ont submergés lorsque j’ai appris son décès, un m’a plus particulièrement interpellé, celui qui,  fugace, avec une compassion évidente, m’a fait penser, soulagé, elle ne souffre plus, elle est délivrée, enfin.

Voici un extrait d’un mail que j’ai reçu d’une mère dont le fils s’est suicidé : « … Edith seule possède la réponse à nos questions. Comme pour mon fils, il s'agit d'un acte volontaire que rien ni personne ne pouvait empêcher. Une certitude est montée en moi dès que j'ai su l'acte qu'il avait posé : j'ai ressenti qu'il ne souffrait plus et qu'il était délivré… ».

Ce témoignage très fort montre les sentiments ambigus / contradictoires de parents d’enfants qui se sont suicidés. Ambigus / contradictoires en ce qu’ils sont difficilement compréhensibles venant de la part de parents aimants. Mais ils sont pourtant si humainement compréhensibles. Car, il faut avoir vu souffrir un enfant de son vivant, longuement, pour comprendre ce « soulagement », difficile à partager, de le savoir enfin délivré de ses souffrances.

Je partage ce témoignage pour souligner combien est ténu le fil entre cet apaisement  a posteriori  à l’annonce d’un suicide « réussi » et une éventuelle démarche  a priori  vers l’acceptation de l’euthanasie demandée par la personne en souffrance.

Accepter le suicide d’un enfant est un parcours pénible. Se remémorer son cheminement vers cet acte innommable de brutalité l’est tout autant. Tout comme le fait de savoir l’enfant seul à ce moment là et de ne pas avoir pu lui porter secours ni lui dire au revoir.

Inconsciemment les parents s’attendent au pire. Ils perçoivent la fin du chemin. Mais ils n’y sont pas préparés. Ils ne savent pas comment gérer ces intuitions. Ils ne savent pas non plus qu’il existe une autre voie. Plus humaine celle là.

Personne n’informe, ni les enfants en souffrances psychiques insupportables ni leurs proches, de l’existence de la Loi relative à l’euthanasie et de l’étendue de son domaine d’application.

Elle constitue pourtant une alternative plus humaine à ce que la mère qui a témoigné décrit comme : « un acte volontaire que rien ni personne ne pouvait empêcher ». 

Cette maman, comme bien des parents de suicidés, a accepté. Après. Elle s'attendait cependant  inconsciemment à l’inéluctable. Avant. Avec une gêne évidente, certains parents témoignent  qu’il leur arrivait de souhaiter, tout aussi inconsciemment, que leur enfant ne se rate plus la prochaine fois !

Mais ni cette maman, ni ces autres parents, ne savaient qu’il y avait une alternative à ce suicide.

Ce courrier souligne où précisément se situe un autre débat éthique important quant au rôle des médecins en ce qui concerne l’euthanasie.

 

Si des parents vivent comme un soulagement cet acte volontaire que rien ni personne ne pouvait empêcher peut-être sont-ils inconsciemment prêts à entendre le mot euthanasie.

Et en matière d’information et de communication autour de l’euthanasie il y a encore tant à faire !

Il est grand temps que les médecins et plus particulièrement les psychiatres prennent conscience du fait que des situations telles que celle qu’Edith a vécues pourraient donner lieu à une euthanasie ou tout au moins à une bonne information des patients et de leurs proches à ce sujet!

Peut-être qu’ainsi les patients et leusr parents seront mieux informés et accompagnés sur les demandes d’euthanasie.

Peut-être qu’ainsi, un jour, après avoir appris que leur enfant - en souffrances psychique depuis trop longtemps - a demandé à être euthanasié, et que sa demande a été acceptée, des parents diront: » j'ai ressenti qu'il ne souffrirait plus et qu'il sera délivré ».

Le deuil de reconstruction après la mort d'un enfant restera une épreuve.

Mais, avec les images d'une boucherie innommable en moins et le souvenir d'au revoirs empreints de sérénité, de paroles chaleureuses, d'embrassades et de poignées de mains, de caresses affectueuses, de regards échangés en plus, le chemin vers l'acceptation ne manquera pas d'être plus apaisé.

 

Pierrot Vincke, le père d’Edith

 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 12:20

solitude2-copie-3.jpg

Voilà bientôt un an qu’Edith passait son dernier matin. Le 03 novembre 2011, à quelques jours de ses 35 ans, elle s’est suicidée d’une manière atroce, toute seule dans sa chambre au sein de l’institution psychiatrique où elle résidait.

 

Son dernier matin fut un matin apparemment normal. Le matin d’une jeune femme qui entreprend des démarches pour préparer sa réinsertion dans la société. Rien dans son comportement ne laissait prévoir ce qui allait arriver. Peut-être si, un calme inhabituel, surprenant. Un calme qui ne prédisait rien de bon. Une dévastatrice tempête interne se préparait. C’est comme si c’était hier. Je me remémore les moindres détails de ce dernier matin. Ils me furent rapportés par ceux qu’elle a contactés ou qui l’ont croisée ce matin là !

 

Il y aura bientôt un an. Que le temps passe vite.

 

J’ai entrepris diverses initiatives pour faire connaître le parcours d’Edith. Un courrier de lecteur fut publié dans le journal « De Morgen » du jeudi 20 septembre 2012. Sa traduction non littérale en français fut reprise sur le blog de Monsieur Gérard de Selys sous l’intitulé « Le dernier matin d’Edith 1 », suivi de « Le dernier matin d’Edith 2 ». L’émission « Reyers laat » du 27 septembre 2012 sur la chaîne Canvas m’a invité à parler de ma fille Edith et de ses demandes d'euthanasie non entendues. Le Professeur Wim Distelmans de la VUB, spécialiste en soins palliatifs est l'autre invité. Sous le titre « L’euthanasie trop souvent refusée aux déments », le journal « Le Soir » dans son édition du samedi 20 et du dimanche 21 octobre a consacré une pleine page à l’impossibilité qu’a rencontré Edith à se faire entendre.

 

Comment procéder pour que le message d’un père, dont la fille s’est suicidée, parvienne à ceux qui de par leur engagement ou de par leur fonction peuvent agir pour que soient appliquées les lois du peuple belge. Afin que les dispositions appropriées soient prises pour que dans l’avenir les demandes d’euthanasie de malades en souffrances psychiques soient mieux entendues. Qu’elles donnent lieu à une euthanasie ou tout au moins à une bonne information des patients et de leurs proches à ce sujet.

 

Depuis son départ, je ne trouve aucun argument qui ne donne pas raison aux demandes répétées d’Edith d’être euthanasiée. Elle était convaincue que sa demande était légitime. Elle souhaitait léguer son corps à la médecine. Elle souhaitait faire don de ses organes. Elle souhaitait quitter la vie en toute sérénité et dignité, entourées de ceux qui lui étaient chers. Sa décision était réfléchie et déterminée. Mais son souhait d’assistance ne lui fut pas exaucé.

 

Mon souhait est que dans l’avenir, les demandes d’euthanasie de malades en souffrances psychiques insupportables, soient entendues.

 

Suivant en cela le raisonnement du Professeur Etienne Vermeersch lors d’un de nos échanges récents, je me rends compte que cela ne sera possible que : (i) si le personnel de santé, principalement les médecins et plus particulièrement les psychiatres,  soient pleinement conscients de la portée exacte de la Loi du 28 mai 2002 relative à l’euthanasie – ce qui pour le moment ne semble pas le cas- ; (ii) si l’on prend de plus en plus conscience qu’il existe des souffrances psychiques qui sont insupportables et pour lesquelles les espérances de guérison – après de longues tentatives – ne compensent nullement l’intensité des souffrances ; (iii) si les parents (partenaires) sont suffisamment informés sur les chances de guérison et sur l’étendue des souffrances pour qu’ils puissent ainsi accompagner leur enfant (partenaire). Si les points (i) et (ii) sont substantiellement améliorés alors le point (iii) pourrait en découler.

 

Au plus profond de moi, j’ai une impression désagréable, qu’en ce qui concerne l’accompagnement d’Edith, quelque chose n’a pas fonctionné. Ni nous, ses parents, ni le corps médical qui la suivait, n’avons entendus ce qu’elle demandait si précisément.

 

Est-ce dû à une mauvaise information des parents sur la législation belge relative à l’euthanasie ?

 

Est-ce dû à une formation imparfaite du personnel de santé, principalement les médecins et plus particulièrement les psychiatres, sur ce qui concerne les demandes d’euthanasie ?

 

Le cas de ma fille n’est malheureusement pas le seul. J’entends régulièrement des récits analogues concernant de jeunes personnes qui s’euthanasient elles-mêmes. D’une manière infiniment plus violente que l’administration de produits euthanasiant par injection ou par voie orale. Comme ces personnes se sentaient abandonnées de tous, ces auto-euthanasies se sont déroulées dans la plus terrible des solitudes.

 

Je ne trouve pas éthique qu’Edith aie dû procéder elle-même à sa propre euthanasie. D’autant plus que ses tendances à l'automutilation et au suicide et ses multiples atroces tentatives précédentes étaient connues de tous, tout comme ses demandes répétées d’être euthanasiée. 

 

Je ne trouve pas éthique non plus qu’elle n’ait pu dire au revoir à tous ceux, famille, amis et connaissances, qui lui étaient chers.

 

De nombreux médecins, généralistes et spécialistes, ne semblent pas au courant de leur responsabilité exacte vis-à-vis des demandes d’euthanasie. Il en résulte une non assistance à personne en danger qui impitoyablement, quel que soit le degré de leurs souffrances, sont condamnées à continuer à vivre. Ce qui, en soi, constitue un autre défi éthique.

 

Par méconnaissance de la Loi relative à l’euthanasie, ou pour des  raisons sociales, idéologiques, éthiques, ou autres… des médecins n’entendent pas les demandes d’euthanasie ou refusent de pratiquer l’euthanasie. Ne devraient-ils pas être obligés d’orienter leurs patients vers d’autres confrères, au courant de la Loi relative à l’euthanasie ceux-là ?

 

Que faire pour changer cela ?

 

Je demande l’aide de tous ceux qui de par leur engagement personnel ou de par leur fonction peuvent agir pour faire avancer le débat sur cette question si sensible mais tellement humaine.

Serait-il possible de construire une éthique répondant mieux aux attentes de malades en grandes souffrances psychiques, demandeurs d’une assistance médicale pour mettre fin à leur vie de souffrance,  et qui sont condamnés à vivre ?

 

Où dois-je me rendre pour que des avis et des directives plus explicites à ce sujet soient  donnés aux médecins ?

 

A quelle porte dois-je frapper pour que les demandes d’euthanasie ainsi que  la Loi relative à l’euthanasie soient explicitement abordés durant la formation du personnel de santé,  principalement les médecins et plus particulièrement les psychiatres ? Afin que l’euthanasie soit partie intégrante de l’ensemble des moyens mis en œuvre pour guérir ou soulager une maladie.  Qu’elle soit l’ultime recours de l’arsenal des soins pour abréger les souffrances.

 

Qui pourrait attirer l’attention des médecins et plus particulièrement des psychiatres sur le fait que des situations telles que celle que ma fille a vécue pourraient donner lieu à une euthanasie ou tout au moins à une bonne information des patients et de leurs proches à ce sujet?

 

Pierrot Vincke, le père d’Edith

 

NB : Etienne Vermeersch est philosophe, professeur à l'Université de Gand. Il a étudié des thèmes tels que la bio-éthique. Il a été Doyen et Vice-recteur. Depuis 1997 il est émérite.

 

Annexe :

-      Le lien vers le programme « Reyers laat » du jeudi 27 septembre 2012 sur la chaîne Canvas : http://www.canvas.be/programmas/reyers-laat/server15d2523d1%3A13971d7e393%3A-7dd0 ;

-      La version de l’article du journal « Le Soir » en version pdf

 

 

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 19:56

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On peut se demander pourquoi un parti communiste se présente à des élections dans une démocratie dévoyée. Pourquoi un parti dont l’unique but est de créer une société juste et vivable pour tous se mêle aux institutions qui prônent et défendent une société qui est son contraire.

 

A la différence des mouvements anarchistes qui veulent la destruction immédiate et totale de la société capitaliste, sans après, la plupart des communistes sont conscients qu’il faut préparer avant de détruire. Depuis près de deux siècles, ils préparent l’avant, c’est à dire la révolution, et l’après, c’est à dire la société communiste, ses mécanismes souhaitables, ses structures, son fonctionnement quotidien. Les essais, les tâtonnements, les erreurs ont été innombrables et le seront encore.

 

Mais pourquoi se présenter aux élections, ici et maintenant ?

Réponses simples.

 

D’abord parce qu’en période de campagne

électorale, le citoyen, temporairement plus sensible au grand méli-mélo du débat politique et à sa dramaturgie médiatique, est plus à l’écoute d’une voix discordante et constructive qui ne promet rien mais explique  et s’engage. La campagne électorale sert de caisse de résonnance aux voix que d’ordinaire les médias étouffent. 

 

Deuxièmement, parce que les élus d’un parti communiste tel que le PTB, quel que soit l’organe « représentatif » dans lequel ils siègent, font entendre une voix autre tout au long de la législature, donc beaucoup plus longtemps qu’en période électorale, et réussissent non seulement à démasquer et dénoncer les manigances des partis dominants mais parviennent à obtenir des mesures concrètes en faveur du plus grand nombre (telles que diminution de taxes, construction d’équipements collectifs, médecine gratuite, amélioration de l’enseignement, meilleur respect des droits fondamentaux, défense des services publics etc).

 

Enfin, imaginons que des élus communistes siègent dans un parlement national (assemblée nationale en France, parlement fédéral en Belgique). L’effet de leurs interventions, initiatives et dénonciations serait démultiplié. Ils pourraient faire barrière à des projets de loi tenus obscurs ou cachés, en présenter d’autres, être un grain de sable permanent dans les rouages

bien huilés de la médiacratie d’aujourd’hui. J’écris grain de sable et je pense pavé.

 

Tout cela ne se fait pas en un jour, bien sûr. La chute du Mur a rayé le communisme pour un temps dans les esprits travaillé au corps par les médias. C’en est arrivé au point que parler de capitalisme relevait du blasphème (j’ai été assez sanctionné en tant que journaliste pour le savoir).

 

Et puis après. Après ? Les communistes n’auront plus à courir après les masses pour leur dire qu’ils ne veulent que leur bien. Ce sont les masses qui entraîneront les communistes. Qui ont des choses utiles dont ces masses peuvent disposer : l’organisation, l’expérience (dont les énormes erreurs commises), l’analyse et la myriade d’objectifs à atteindre pour assurer un jour quelque chose comme le bonheur de tous.

 

Ceci n’est pas un langage marxiste. C’est le mien.

 

Gérard DE SELYS

 

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 13:42

Venezuela.jpgVenezuela

 

Dimanche, en milieu de soirée, une marée rouge a envahi Caracas en direction du centre-ville, devant le regard bienveillant des centaines de militaires déployés pour surveiller le scrutin. Entassés par dizaines dans des pick-up et de vieilles guimbardes, ou à trois sur leurs motos chinoises, les supporteurs du président Chávez ont déboulé des quartiers périphériques, le drapeau or-bleu-rouge à la main, agrémenté parfois d’une bouteille de rhum. Grisés par la victoire, les premiers groupes ont rapidement entamé le fameux «Uh, ah, Chávez ne s’en va pas». 

Aux pétards ont succédé les feux d’artifice, puis quelques coups de feu en l’air.

Alors que la majorité se concentrait autour du palais Miraflores, siège de la présidence, des groupes se rassemblaient dans les beaux quartiers, comme pour narguer les électeurs du candidat de l’opposition, Henrique Capriles Radonski. Sans incident.

Une heure plus tard, c’est vêtu d’un survêtement rouge vif qu’est apparu le Président au balcon du palais, lançant : «Vive le Venezuela, vive la patrie, vive la révolution bolivarienne, vive le 7 octobre !»… Le public a répondu au son de «Chávez, mon ami, le peuple est avec toi». Devant un parterre de militants devenus étonnamment calmes, Chávez a remercié l’opposition d’avoir respecté les résultats, avant de réveiller la foule en s’exclamant : «Aujourd’hui, camarades, nous avons montré que notre démocratie est une des meilleures au monde, et nous allons continuer à le montrer !».

Sympathisants et militants du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV, au pouvoir) sont venus en famille. Juan, 8 ans, qui porte haut un portrait de Simón Bolivar, répète en rigolant avec ses copains : «Viva Chávez, c’est le futur de la patrie». Les militants travaillant dans les programmes sociaux du gouvernement et les fonctionnaires sont fortement représentés dans la foule, mais la victoire du Président est essentiellement fêtée par tout un petit peuple reconnaissant des acquis sociaux. Jesus arbore une chemise sur laquelle est inscrit «Fièrement chaviste». Il souffle allègrement dans une petite trompette, avant de s’arrêter pour expliquer : «Je vis dans un refuge un peu plus loin, c’est un ancien institut de géographie que Chávez a exproprié pour que nous, les réfugiés des pluies de 2010, puissions nous y installer. Que Dieu le bénisse !».

Du côté du siège de campagne de Capriles, dans le quartier le plus riche de Caracas, l’ambiance est évidemment plus morose. Les rares militants venus soutenir leur champion, à peine une centaine, sont abattus. Simon, un avocat, raconte tristement qu’il croyait «vraiment en la victoire» : «C’est un coup derrière la tête. C’était la première fois que Chávez était en difficulté, et là, c’est reparti pour six ans». Alors que le candidat battu explique que «pour gagner il faut savoir perdre» et que «la parole du peuple est sacrée», Omaira, une petite propriétaire, s’emporte contre «les Colombiens régularisés pour voter Chávez» et «les mensonges du gros», avant de jurer qu’elle va «s’installer en Espagne».

Vers minuit, Caracas a deux visages : celui de la fête et celui des lendemains qui déchantent.


Description : ttp://foreignpolicyblogs.com/wp-content/uploads/Election-Day-Venezuela-Oct.-7-0261.jpg

 

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