Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Gérard de Sélys
  • Le blog de Gérard de Sélys
  • : Gérard de Sélys, Réflexions, analyses et délires sur l'actualité et les médias.
  • Contact

Recherche

Liens

23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 16:59

Le taux de chômage était passé de 8,8% à 44% en cinq ans. Les capacités de production de l’industrie n’étaient utilisées qu’à 41%. Les ouvriers qui n’étaient pas licenciés devaient travailler jusqu’à 14 heures par jour. Le rendement par ouvrier et par heure augmenta de 16%. Les salaires réels nets diminuent de 36% dans le même temps. Les industriels et banquiers obtiennent 1,37 milliards de réduction d’impôt mais les impôts indirects sur les produits de première nécessité augmentent de deux milliards. Le parlement vote la suppression ou la diminution des allocations de chômage pour 1,2 millions de chômeurs. Le gouvernement fait de « l’assainissement des finances publiques » son objectif principal. Une « taxe d’urgence » de 4% est prélevée sur les salaires des fonctionnaires et des employés. L’assurance maladie est amputée de 300 millions. Certaines taxes sur les produits de base sont relevées de 600%. Un an plus tard une ordonnance diminue les salaires de 10 à 15%, impose l’annulation des conventions collectives, supprime le droit de grève, instaure la diminution des allocations et l’augmentation des cotisations sociales et proclame l’état d’exception. Hitler remporte les élections législatives en mars.en-europe-la-crise-economique-alimente-le-racisme.jpg

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 19:20

Qui a demandé, un jour, la punition du gouvernement américain pour avoir, le premier et le seul, lâché deux bombes atomiques sur deux villes japonaises, tuant 250.000 personnes ?

 

Pourquoi Obama et Hollande veulent-ils infliger une punition au gouvernement syrien ? Une punition, ce vieux concept religieux qui n’a jusqu’ici, dans l’histoire, qu’entraîné des « dérives » s’apparentant aux crimes les plus barbares.

 


Quel gouvernement occidental a infligé une punition à Franco ou Salazar, Pinochet ou Videla ?BombeA.jpg

 

La barbarie pour répondre à la barbarie?

 

Devrons-nous assister, impuissants, à une nouvelle horreur de l’histoire ?

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 19:53
Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 20:32

L'humanité la vit depuis des centaines de milliers d'années, cette autre ère.

Depuis des siècles, on nous fait croire que la violence, l'envie, la compétition et la guerre sont inscrits dans nos sources historiques et dans nos gènes.


Rien n'est plus faux. L'humanité est fondamentalement bonne, empathique et généreuse.


Nous entrons dans un ère qui change tous ces concepts fallacieux.

Paix.jpgEt qui peut changer le devenir de l'humanité.


Il faut lire "La bonté humaine, altruisme, empathie, générosité" de Jacques Lecomte. Ed. Odile Jacob, Paris 2012.


Ce n'est pas gnagnan, ce n'est pas frelaté, ce n'est pas anti-scientifique.


Je viens de finir ce livre que j'ai voulu écrire il y a trente ans. Et je me suis dit en le terminant: enfin!

 

Lisez-le d'urgence.


http://www.psychologie-positive.net

http://www.bonte-humaine.net

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 18:18

ecoli3

 

Description : http://www.scoop.it/resources/img/post/icon_rescoop.pngScoop.it!

Découverte d’un gène viral mortel dissimulé dans des céréales OGM commercialisées

 

 

From independentsciencenews.org - February 11, 10:21 AM

Cet important article met en lumière le fait que 54 caractères OGM sur 86 actuellement approuvés pour utilisation, ou en gros 63 %, contiennent un étrange gène viral nommé  »gène VI », qui, selon les recherches, altère la fonction normale des céréales.

 

Cette altération est présente dans une majorité d’OGM largement cultivés et commercialisés aujourd’hui, dont les maïs NK603 et MON810, ainsi que les graines de soja Roundup-Ready, tous produits par Monsanto. Et les chercheurs ont découvert que ce gène mutant peut induire des changements accidentels dans le phénotype, qui peut entraîner des mutations physiques et biochimiques graves dans les organismes.

 

»Au cours de l’analyse d’identification d’allergènes potentiels dans les céréales OGM, l’AESA a découvert tardivement que la séquence de régulation génétique habituelle des OGM commerciaux encode aussi un fragment important du gène viral », explique Independant Science News (ISN) à propos de la découverte.

 

Basée sur une recherche antérieure impliquant un lien entre gènes viraux, plantes et santé humaine, la nouvelle découverte soulève de sérieuses inquiétudes sur la sécurité de nombreux OGM à production commerciale actuels. Comme le but inhérent des gènes viraux est de désactiver un hôte ce qui autorise une invasion pathogène, leur présence dans des aliments contenant des OGM représente une grave menace aussi bien pour les plantes que pour la santé humaine.

 

Le Gène VI, preuve tangible que les OGM sont impropres à la consommation humaine

 

Jusqu’à présent, l’industrie de la biotechnologie a maintenu que les OGM sont virtuellement identiques aux organismes naturels, et qu’il n’y a aucune différence structurelle ou fonctionnelle entre les OGM et les céréales cultivées naturellement pour leur devenir dans le corps humain. Mais la présence du gène VI dans une grande majorité d’OGM déboulonne complètement ce mythe. Comme les céréales naturelles ne possèdent pas le gène VI, elles ne risquent pas d’engendrer les mêmes infections virales que les OGM en contenant. Selon l’analyse sur la fonction du gène VI, le défaut génétique facilite non seulement l’assemblage de virus potentiellement tueurs dans le tissu de la plante, mais il supprime aussi les défenses naturelles contre les maladies, rendant les céréales et peut-être les humains qui les mangent, plus sensibles aux maladies.

 

La présence du gène VI laisse les céréales transgéniques

 

fondamentalement sans défenses contre les maladies et les envahissement de virus et on pense qu’il cause une expression de gène aberrante dans les céréales qui le possèdent. Cela veut dire que la séquence génétique toute entière d’une plante peut muter à cause du gène VI, résultant en une production de protéines incohérentes dans les cellules de la plante, une expression à tort et à travers du gène dans l’organisme et même des malformations de croissance.

 

Les scientifiques connaissaient depuis des années la présence de gènes viraux semblables dans les OGM, mais ils n’ont jamais précisé exactement la manière dont ces gènes et les changements génétiques énormes qu’ils induisent affectent la santé humaine. Et aucun gouvernement ayant approuvé des OGM commerciaux contenant des gènes viraux n’a jamais exigé que des tests de sécurité corrects soit faits pour identifier toute menace potentielle sur la santé, ce qui veut dire que l’humanité sert de cobaye collectif à cette expérience scientifique de biotechnologie à grande échelle.

 

»Une information pertinente sur l’existence du gène VI était librement disponible dans la littérature scientifique bien avant la première approbation biotech, » ajoute l’ISN sur ce scandale.

 

Source: independentsciencenews.org

repris par : Natural News

 

Traduit par Hélios pour le BBB

 

Lire aussi:

 

Etats-Unis – 32 millions de dollars pour empêcher l’étiquetage des OGM en Californie

 

Bataille en Californie sur l'étiquetage obligatoire des aliments OGM

 

La Californie rejette par référendum l'étiquetage obligatoire des OGM

Bruxelles rejette définitivement l'étude Séralini sur les OGM

Les OGM vus de Bruxelles : circulez, il n'y a rien à voir !

PDF: Guide des produits avec ou sans OGM à télécharger | Greenpeace France

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 17:35

130 euros pour avoir cueilli des fleurs pour leur grand-mère dans un parc. C’est ce à quoi ont été condamné deux enfants de trois et cinq ans aux Pays-Bas. 

 

En Belgique, le parlement veut ramener l’âge des jeunes qui peuvent encourir une SAC, sanction administrative communale, à 14 ans, plutôt que 16 aujourd’hui.garcon-puni-dans-le-coin.jpg

 

Quel acte délictueux, la loi parle « d’incivilité », peut être frappé d’une SAC ? Selon les cas déjà vécus : jeter des boules de neige, cueillir des fleurs, faire partie d’un groupe bruyant, ne pas être à l’école en semaine aux heures de cours, chanter trop fort dans la rue, distribuer des tracts, se rassembler à plusieurs dizaine dans l’espace public, ce qui peut être qualifié par le sanctionneur de « mauvaise utilisation de l’espace public ». N’importe quoi, à la seule discrétion du verbalisant.

 

Ce sont en effet des agents communaux (de plus en plus des vigiles de sociétés privées) ou de simple flics qui infligent les SACs et c’est eux et seulement eux qui estiment ce qu’est une incivilité. Jamais une incivilité et la SAC qui la sanctionne n’est évaluée par la justice ou ne peut être contestée devant un juge.

 

L’Etat belge, comme d’autres Etats européens, a décidé de punir les victimes de ses propres politiques : fermetures de maisons de jeunes, abandon du soutien aux activités culturelles, définancement de l’enseignement augmentant dramatiquement le « décrochage » scolaire. Il encourage donc les communes dont il coupe les budgets à se servir d’un nouvel impôt déguisé frappant une population qui n’avait pas à s’en acquitter jusqu’à présent : les enfants (la charte des droits de l’enfant des Nations Unies défini l’enfant comme une personne humaine de moins de 18 ans).

 

Non seulement les communes se sont trouvé un nouveau moyen de s’enrichir, mais elles soutiennent les tenants du discours de la « responsabilisation ». Un chômeur reste chômeur parce qu’il le veut alors qu’il y a du travail, un délinquant assume ses actes, un jeune turbulent turbule n’importe comment alors qu’il résiste à une société qui le méprise s’il est pauvre ou s’il est basané.

 

Beurk.

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 12:26

Dacca.jpg

 

 

Par Jean Flinker

 

Depuis le 24 avril 2013, date de l’effondrement d’un immeuble de huit étages dans la banlieue de Dacca (Bangladesh), le bilan de la catastrophe est monté à 427 morts, 149 disparus et 1.200 blessés. Trois mille personnes travaillaient dans le building qui s’est écroulé. D'après le premier ministre bangladais, les salariés avaient été contraints de retourner travailler malgré les fissures apparues la veille dans l'immeuble.

Lentrepreneur qui a construit lédifice a été arrêté ; soupçonné davoir  enfreint le code de la construction du pays. Trois propriétaires dateliers ont été interpellés par les forces de lordre. Un autre propriétaire, un industriel espagnol, est mis en cause et recherché : David Mayor est le directeur général de Phantom-Tac,une société conjointe à parts égales entre Phantom Apparels (Bangladesh) et Textile Audit Company (Espagne), installée sur plus de 2.000 mètres carrés dans l’édifice qui sest effondré.

MISES EN CAUSE. La polémiquetouche désormais les sociétés occidentales pour lesquelles travaillaient les cinq ateliersde confection du Rana Plaza. Dans les gravats, on aen effet retrouvédes chemises bleuesétiquetées «United Colors of Benetton». La société italienne a affirmé que «les gens concernés dans l’effondrement de latelier au Bangladesh ne faisaient pas partie de nosfournisseurs». La Fédération des ouvriers du textile au Bangladesh a pourtant découvert des documents portant mention d’une commande de 30.000articles en septembre 2012. Une société travaillant dans le Rana Plaza,la New Wave Bottoms, indique également travailler avec le groupe textile de la Péninsule. On sait, par ailleurs, que les ateliers de confection sous-traitaient pour la marque espagnoleMango et la britannique Primark. Mango, qui a présenté ses «regrets»,a admis avoir passédes commandes pour 25.000 articles, précisant quil sagissait toutefois déchantillons et qu’elle n’était pas clientedes ateliers détruits. 

Des étiquettes destinées à la marque américaine de prêt-à-porter féminin Cato ont été également trouvéessur les lieux du drame. Lorganisation Clean Clothes Campaign, basée à Amsterdam, accuse quant à elle la marque européenne C&A, la britannique Bon Marché, lespagnole Corte Ingleset la canadienne Joe Fresh dêtre en affaire avec les ateliersdévastés. Le groupe de distribution danois PWT a reconnu avoir recours à ces ateliersdepuis sept ans.

Des militants de la Fédération des ouvriersdu textile et de lindustrie au Bangladesh disent enfin avoir découvert, dans les décombres, des étiquettes de la marque Tex du groupe Carrefour. Ce dernier a néanmoins assuré qu’aucune des entreprisesqui étaient en activité dans cet immeuble «ne fait partie de notre liste de fournisseurs au Bangladesh». Idem pour l’américaine Walmart qui dit enquêter sur des accusations similaires… 

COLÈRES. Ce mercredi 1er Mai, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé en une lugubre fête du travail pour dénoncer les conditions d'exploitation  liées à la sous-traitance, fustiger les bas salaires et réclamer des sanctions radicales envers les propriétaires des sweatshops. Brandissant des banderoles et des drapeaux rouges, les protestataires n’arrêtaient pas de scander «Pendez les tueurs, pendez les propriétaires d'ateliers» en défilant dans les rues de la capitale, Dacca.

La plupart des 4.500 usines du textile sont restées fermées depuis une semaine, un coup d'arrêt brutal pour l'économie du pays alimentée en grande partie par les 20 milliards de dollars annuels générés par cette industrie. La Première ministre, en s'adressant au Parlement, a exhorté les ouvriers à reprendre le travail et critiqué les attaques dont ont été la cible plusieurs usines.


 


http://shawglobalnews.files.wordpress.com/2013/04/bangladesh-building-april26-14.jpg?w=1024&h=682

  http://www.ctvnews.ca/polopoly_fs/1.1257727!/httpImage/image.jpg_gen/derivatives/landscape_1020/image.jpghttp://www.straitstimes.com/sites/straitstimes.com/files/WomenProtesters0105e.jpg

 

http://sphotos-b.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/p480x480/321560_368414886596952_1288271004_n.jpg jean flinker







Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 14:25

Jean-Paul est mort, ce 23 avril.

Voici son dernier grand discours politique prononcé dans son jardin JPDES2.JPGle 1er juillet 2012 à l'occasion de la fête du PTB Namur .

 

Bonjour!

Content que vous étiez là hier!

Je voulais faire un speech, mais je n’ai pas trouvé le moment formel pour le faire car c’était une rencontre informelle.

Alors je vous le livre ‘en différé’, les technologies sont faites pour ça et puis, si je ne le fais pas, je l’aurais fait pour rien.

 

La recherche de soi-même en roulant en voiture

 

J’ai intégré le message ‘pas de gsm au volant’, alors je me cherche plutôt moi-même en roulant. Je vais au profond de mon être en levant un peu le pied. Je me découvre au volant.

Je constate que ma voiture n’a pas été nettoyée à l’intérieur depuis le siècle dernier. C’est significatif pour mon être, pour mon ‘moi-même’. Aucun aspirateur n’est passé par là. Pourtant j’ai des aspirations.

L’extérieur de la voiture : la pluie s’en occupe. C’est la nature à l’œuvre, c’est bien. Pas besoin d’un carwash à 5 euros. Oui, en fait, je trouve que les gens qui sont dans une file d’attente au carwash se font déjà laver un peu le cerveau avant d’y entrer. Très pratique. « Je me sens propre puisque je laisse nettoyer ma cage ». En plus c’est moins couteux que d’aller chez un psy : 5 euros contre 30.

 

Au parking du Delhaize, je me gare. Une autre voiture se gare à côté de moi. Le chauffeur en sort et commence à dire des choses. Je n’entends rien car j’ai le rock à la radio, plein tube. J’ouvre quand même la fenêtre pour rester communicatif. Il me dit : « comment je vais sortir de ma voiture ? Vous n’êtes pas bien garé dans la case, pas très perpendiculaire. »

Mais il en était sorti !

Dans des cas pareils il ne faut pas penser à crever ses pneus pendant qu’il fait ses courses. Non, c’est de la violence anti-Delhaize cela et Delhaize n’est pas l’ennemi principal. Il faut avoir quelques réponses toutes faites et déconcertantes en tête pour de situations pareilles. Tu dis : « il ne pleut pas aujourd’hui. » Sauf s’il pleut. Alors tu dis : « les diables rouges font ça bien pour l’instant, je les vois en demi-finale ! » Evidemment il faut rester un peu au courant de l’actualité pour pouvoir inventer des réponses déconcertantes.

 

Et puis, il y a ceux en voiture qui te collent derrière, à un mètre. Généralement des voitures un peu plus performantes que la mienne, des fanas du salon de l’auto quoi. Cela m’empêche de réfléchir à mon « en moi », Oui, comment veux-tu que je retrouve mes racines avec un type qui me colle derrière ?

La moindre petite ligne droite et ils essaient de te dépasser. Ne rien faire à ce moment-là, laisser faire, sauf si la ligne droite n’est pas longue et qu’il y a un virage en vue. Alors, accélère, sors tout de ta machine. Et si un adversaire arrive dans le virage et que ça fait bingo avec ton dépasseur impatient, alors arrête-toi, prends quelques photos et mets-les sur facebook.

J’ai eu une fois une amende. Pas pour les photos, mais parce que je n’avais pas d’extincteur dans ma voiture.

 

Oui, je retrouve mon fort intérieur dans ma voiture. Je ne déteste pas les files. J’ai du temps pour ‘moi’. A l’aise. Avancer de deux mètres par minute, c’est mieux que d’attendre un train annulé. Depuis que les trains sont privatisés ils ne laissent plus d’espace pour mon ‘en-moi’. Une gare devenue société anonyme c’est comme si je m’assieds devant un magasin de sacoches de luxe. Je n’ai jamais acheté une sacoche, voire de luxe. Avant on jouait aux cartes dans le train. Il ne fallait pas être à temps, ni en retard. C’est fini tout ça. On a à peine le temps d’essayer de rentrer dans le train et on reste debout.

 

La voiture me donne du temps pour la méditation. Le long de l’autoroute je sais donner de l’attention aux panneaux : « ici on travaille à une berme écologique ». J’ai dû faire des efforts à comprendre, y passer plusieurs fois. Il y a un trou dans ces panneaux, fait pour regarder à travers. Un peu comme avec un masque de carnaval. J’ai toujours regardé à travers ce trou et je n’ai jamais vu quelqu’un qui y travaillait. Plus tard j’ai appris qu’il y avait des travailleurs il y a bien longtemps, dans ces bermes, maintenant plus. J’ai compris l’écologie.

En train on ne voit pas ce travail en autogestion dans les bermes. Mais on voit les potagers près de la gare du nord à Bruxelles. C’est attendrissant de voir comment les marocains de Schaerbeek sont bien intégrés dans le paysage. Ils sont bien sur les rails.

En voiture on ne voit pas ça.

En voiture à Schaerbeek, un jeune marocain, aussi en voiture, me rentre dedans à un feu rouge, légèrement. Je me dis : je dois quand même montrer que je l’ai senti et je sors de la voiture. De sa fenêtre il me crie : pas grave monsieur, juste touché, pas de bosse ! Je vois que lui il en a déjà quatre. Bon, laissons passer, je n’ai qu’à venir en train la prochaine fois. D’un geste intégré (ça veut dire sans paroles ni émotions) je lui fais signe de résignation. Je crois qu’il a dû se dire : ouf, voilà un belge bien intégré !

 

La voiture est un sanctuaire. Je n’y prie pas, je me confesse à moi-même et en général je reçois le pardon avant d’être arrivé à destination. Oui…, il y a des files…

 

“Un chat errant a été signalé sur la E411. Celui qui parvient à l’écraser peut appeler RTBF info-mobile au numéro gratuit 0800… Il recevra deux tickets gratuits pour le concert d’Elton John (la vache…) au Sportpaleis d’Anvers.”   

 

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 13:44
Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article
21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 23:18

Harcelement-au-travail-copie-1.jpgTrouvé ce jour sur facebook, ça se passe en Belgique…Hommage à cette “chômeuse anonyme”… 

 

“Je suis au chômage. En mars, si je n’ai pas retrouvé d’emploi, mes allocations seront rabotées au minimum. Ca n’est pas grave, je n’ai pas peur. Parce que la misère, celle où on n’a pas de quoi se chauffer ni même de manger, je connais : je l’ai déjà vécue. Des accidents de vie qui se succèdent, puis la maladie : je suis tombée au fond du gouffre. Un gouffre de plusieurs années.

Puis, j’ai retrouvé du boulot. Un CDI dans la fonction publique, au salaire pas mirobolant mais qui paraissait être des monts d’or par rapport à mes allocations de chômage minimales. C’était au Forem, en 2005. A l’entretien d’embauche, j’ai demandé à ne pas être en contact avec les demandeurs d’emploi. Parce que je ne cautionnais pas le « plan d’accompagnement des demandeurs d’emploi » encore récent, mais que j’avais subi en tant que chômeuse déjà, et , qu’ayant déjà fait de l’accompagnement, je savais que c’est dur pour le moral. Il faut avoir le coeur bien accroché, et quand on est sensible, et que votre compassion vous submerge d’ émotions, on ne peut juste pas le faire, à moins de devenir aigri.

Ils en ont tenu compte et me voilà devenue conseillère en recrutement. Le poste consistait à rédiger les offres d’emploi pour les employeurs désireux de recruter. J’ai aimé mon métier, au début. Les tâches étaient variées et on pouvait avoir le sentiment d’apprendre pendant quelques années. Le contact avec les employeurs n’était pas déplaisant non plus. Les premières années, le tout a été agrémenté de très nombreux modules de formation dont le contenu, malgré leur intitulé, est davantage destiné à vous forger à la culture d’entreprise Forem, très présente, qu’à vous donner des compétences métier.

Celles-ci ne s’enseignent pas, elles s’apprennent sur le tas. Au début vous êtes coaché par un collègue, puis par votre supérieur. Si vous vous intéressez, que vous passez du temps à lire, à essayer de comprendre, de faire des liens pour pouvoir mieux cerner votre fonction, vous la maîtrisez de mieux en mieux. C’était mon cas : j’étais curieuse et consciencieuse, et j’ai réussi à devenir un élément efficace. C’est aussi ce qui, plus tard, ne m’a pas permis de pouvoir continuer à faire ce métier.

La rédaction des offres s’accompagne d’autres tâches connexes qui permettent de leur donner de la visibilité. Parmi celles-ci : le mailing ciblé. On interroge la base de données pour voir si des candidats correspondent au profil, et on leur envoie un courrier avec l’offre et un talon réponse.

Au début, cette tâche n’était pas obligatoire et était laissée à l’appréciation de l’agent. Puis, elle est devenue de plus en plus présente. On nous a demandé de faire du chiffre dessus, avec des objectifs à atteindre, qui augmentent chaque année. Ces objectifs étaient collectifs, pour l’équipe, mais chacun recevait également un tableau avec les résultats de chacun, noms masqués. On savait donc où on se classait dans l’équipe. Et on faisait aussi des spéculations sur « qui est la tête du peloton » ou « qui est le dernier ». Emulation à l’américaine dans le service public. Diviser pour mieux régner. On avait en outre des entretiens individuels d’évaluation avec la hiérarchie, où on nous poussait à faire toujours plus de chiffre.

Pendant quelques années, je l’ai fait de bon coeur. Parce que, la propagande organisée par le Forem lui-même pour ses agents étant très efficace, on nous avait persuadé que ce que nous faisions était utile à la société, bon, juste. Que grâce à cela, on pourrait sauver la sécurité sociale en luttant contre les abus. Qu’on permettait aussi, en proposant des offres aux personnes, de les aider à retrouver un emploi plus facilement. Bref, je me sentais utile, et ce que je faisais ne me déplaisait pas trop.

De plus, au début, ces propositions d’offres étaient libres. C’était une simple information aux demandeurs d’emploi qui pouvaient être les plus concernés par l’offre. Puis on a vu la mise en place de flux informatiques, grâce auxquels les résultats des talons réponse étaient systématiquement envoyés à l’Onem. Au début, je n’ai pas compris, toujours persuadée d’aider à endiguer les abus.

Puis, petit à petit, j’ai vu. Des personnes qu’on savait en fraude parce qu’ils nous l’avaient dit ne pas se faire sanctionner. J’ai compris que ce plan d’accompagnement ratait sa cible. J’ai vu, sur l’ordinateur, les premières sanctions apparaître suite à mes envois ciblés. Des personnes n’ayant pas répondu, ou mal, à mon talon réponse. Certains d’entre eux avaient réellement postulé, mais omis de renvoyer le talon réponse. D’autres, de bonne foi, l’avaient mal rempli car ils connaissaient mal leurs droits et obligations. D’autres encore étaient hors délai, attandant la réponse de l’employeur pour renvoyer le talon. D’autres encore, au logement précaire, n’avaient pas reçu l’offre, envoyée en envoi simple.

Les envois se faisant plus systématiques, les sanctions y-liées le sont devenues aussi. Mais je me disais que c’étaient « de mauvais chômeurs qui ne cherchaient pas » qui se faisaient sanctionner. On m’aidait beaucoup à le penser, aussi. L’endoctrinement d’Etat est une machine puissante.

Puis, avec l’apparition de la gestion des métiers en pénurie, les envois ciblés sont devenus, en termes de charge de travail, la moitié de mon temps de travail. Les envois étaient systématiques, et on avait des règles et procédures à respecter pour leur mise en place.

Systématiquement, aussi, je passais le plus clair de ma journée à répondre au téléphone le lendemain d’un envoi massif sur certains métiers, comme celui d’aide ménagère. Un nombre considérable de personnes me téléphonait pour me dire que je les avais convoqué, mais, qu’ayant perdu la convocation, elles n’en connaissaient pas le jour. Je ne convoquais pas les gens. Jamais. De plus, pour avoir mon numéro de téléphone, il fallait être en possession du document envoyé.

Au début, je n’ai pas compris. Puis, oui. J’ai alors cessé de pouvoir dormir. Ces gens, une bonne partie d’entre eux ne savait pas lire. 25% d’illetrisme dans ma région, selon les statistiques de l’Asbl Lire et Ecrire. Certaines personnes me suppliaient pour que je supprime l’envoi dans l’ordinateur, parce qu’elles connaissaient l’employeur avec lequel elles devaient prendre contact, et ne voulaient pas aller travailler là. Je ne savais pas le faire : techniquement ça n’est pas possible.

Ca a muri dans ma tête : si on m’envoyait postuler à un endroit que ma conscience réprouve, disons chez Shell ou chez Coca-Cola dans mon cas, quelle serait ma réaction ? N’a-ton pas le droit de s’épanouir dans son travail, tous ? N’a-t-on pas le droit de choisir le métier qu’on veut faire, et de se sentir fier et heureux de le faire ? J’étais en train de faire à ces gens ce que je n’aurais pas voulu qu’on me fasse. Et j’étais payée pour ça. Je voyais sur l’écran la valse des sanctions.

Parfois, quelqu’un me téléphonait, fâché, comme pour soulager sa colère. Pour me faire savoir que, à cause de mon courrier, ses enfants n’auront pas de quoi manger à leur faim ce mois-ci. Ca n’arrivait pas souvent, mais ça arrivait. Parce que les chômeurs ne font pas d’esclandre, en principe. Ils ont honte. La société les stigmatise pour qu’ils aient honte. Ils se cachent.

Alors, j’ai compris qu’il n’y avait ni bon ni mauvais chômeur. Qu’il n’y avait que des victimes de ce système néo-libéral complètement inique. Qu’il n’y avait que des gens tombés au fond du gouffre, comme moi, quelques années auparavant. Tombés tellement bas qu’ils n’ont plus ni la force ni l’espoir de pouvoir se relever un jour. Des gens englués comme des mouches dans leurs situations, dans leurs pièges à l’emploi, dans les égoûts du système. Des gens qui n’ont rien demandé à personne et qui préfèreraient souvent avoir une autre vie.

J’ai aussi compris que ce système soit-disant méritocratique mis en place pour les chômeurs a quelque chose de totalitaire : ceux qui peuvent suivre survivront, les autres n’ont pas le droit d’avoir de quoi se loger, se chauffer, se nourrir et se soigner. Ils n’ont pas le droit de vivre. Arbeit macht freï. Que, que l’on cherche assidûment un emploi ou pas, cela ne dispense personne de devoir se loger, se nourrir, se chauffer, se soigner. Et que donc, penser qu’il faut sanctionner les « mauvais chômeurs », c’est penser qu’il faut les empêcher de pouvoir subvenir à leurs besoins vitaux, donc les laisser crever ou les condamner à devenir des délinquants. Et que les gens, monsieur et madame tout le monde, quand ils parlent des chômeurs, être un bon ou un mauvais chômeur ne dépend pas du comportement objectif de la personne, mais bien du lien qui nous lie à elle. Les personnes qu’on connaît bien et dont on connaît le train de vie, les difficultés quotidiennes, sont toujours de bons chômeurs. Le mauvais chômeur, c’est l’autre, celui dont on ne sait rien et sur lequel on fantasme toutes sortes de trucs. Le voisin d’en face, la cousine du voisin, le voisin de la cousine du cousin. Celui qu’on imagine paresseux, tricheur, voleur faute de pouvoir se dire que l’Etat ne nous protège pas, et que demain, ça sera peut-être nous.

Le soir, je rentrais, seule, chez moi, dans ma maison achetée à crédit, et je pleurais. Je buvais, aussi. Beaucoup trop parfois. Ca me permettait de dormir un peu pour pouvoir y retourner le lendemain. A ce stade, j’ai commencé à essayer de négocier avec cette réalité. Mon chiffre a commencé à baisser considérablement. Je faisais de plus petits envois, ne ciblant que la moitié des personnes, par exemple. Des fois, je lançais le mailing mais j’ « oubliais » de l’envoyer à temps. Il fallait alors annuler tout l’envoi. Je faisais le plus souvent possible aussi, des mailings d’information, sans envoi à l’Onem, contournant ainsi des procédures pourtant rigides.

La hiérarchie et les collègues s’en sont aperçus, et n’ont pas apprécié. Je faisais baisser le chiffre de l’équipe. Le harcèlement a commencé. J’ai commencé à sombrer, n’étant plus soutenue par personne au sein de mon équipe. La médecine du travail l’a acté. La personne de référence pour le harcèlement au sein de mon administration n’a pas voulu m’aider. J’ai commencé à tomber de plus en plus souvent malade, et de plus en plus longtemps. Je n’avais même plus la force de chercher un emploi ailleurs. J’étais vidée de tout. Je n’étais plus moi-même.

A mon retour, j’ai eu un avertissement. On pointait mon manque de professionnalisme, et mon agressivité. J’en ai profité pour dire à mon chef que dorénavant, je refuserais de faire des mailings sur lesquels des gens sont sanctionnés. Que je travaillerais davantage s’il le faut, mais que je ne ferais plus ça. Il l’a accepté, mais m’a demandé de ne pas en parler à mes collègues. Elles s’en sont très vite rendues compte. Ca s’est envenimé. J’ai passé les trois derniers mois à ne pouvoir rien faire, et à pleurer toute la journée sur mon bureau.

Au début, c’étaient des crises de larmes passagères. Puis, elles se sont amplifiées jusqu’à remplir toute ma journée. Puis ça a commencé dans le train, le matin, pour se prolonger le soir au retour, puis le soir et la nuit. Puis je n’ai plus pu. J’ai été suivie par une conseillère interne pour envisager un changement de poste. J’ai aussi cherché du travail ailleurs. J’ai même fort bien réussi un examen écrit. J’ai été conviée à l’oral, mais je n’ai pas pu m’y rendre. J’avais pourtant passé de nombreux jours à le préparer. J’ai craqué nerveusement. Je n’ai même pas eu la force d’appeler le recruteur pour prévenir.

On m’a mise en arrêt maladie, longtemps cette fois. Le médecin conseil m’a interdit de reprendre le travail. Il avait pris contact avec le médecin du travail qui avait acté mon harcèlement, et aussi avec mon médecin traitant. Des démarches ont été entreprises pour que je sois licenciée pour raison médicale.

Aujourd’hui, je suis à nouveau au chômage, de l’autre côté de la barrière. Je sais à nouveau ce que ça fait d’être considérée comme une bonne à rien, une profiteuse, un rebut de la société. J’ai suivi une formation d’un an pour pouvoir changer de métier. Mais, à quarante ans, recommencer une vie professionnelle à zéro, sans expérience dans le domaine, ce n’est pas si facile qu’on pourrait le croire.

Et pourtant, je suis heureuse, car je suis fière de moi : j’ai obéi à ma conscience. Aujourd’hui, je dors bien la nuit. Je ne suis plus dépressive, malgré les probables ennuis d’argent qui ne tarderont pas à arriver. Aujourd’hui, je me regarde sans honte dans le miroir. Aujourd’hui, je lis cette petite maxime, et elle me laisse un petit sourire au coin des lèvres :

« Ne fais jamais rien que ta conscience réprouve, même si l’Etat te le demande ». (Albert Einstein).

Une chômeuse anonyme, Hainaut”

Repost 0
Published by gerardselys
commenter cet article