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  • : Gérard de Sélys, Réflexions, analyses et délires sur l'actualité et les médias.
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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 08:33

C’est dans le train. Une Africaine et sa petite fille s’installent et se serrent en s’excusant sur une banquette déjà occupée par un homme imposant à la peau très blanche et au visage constellé de points de beauté. L’homme vrille l’Africaine du regard, se lève et s’en va en grommelant des choses pas aimables sur je ne sais quelle invasion. Me vient alors une idée : avez-vous déjà vu des Africains avec des points de beauté blancs sur la peau ? Moi pas. Jamais.

point-de-beaute.jpg

 

Or, nous savons que la race humaine est apparue en Afrique et que, donc, tous, blancs, noirs ou jaunes de peau que nous sommes, nos ancêtres ont très probablement eu tous la peau noire. Les points de beauté constellant ou piquetant aujourd’hui les peaux blanches ne seraient donc que des héritages génétiques de notre peau d’origine. Tous les blancs, sauf rares exceptions, portent donc sur la peau la marque de leur africanité. Ils portent tous des traces visibles de leur négritude. Un argument qu’il serait bon de développer aux personnes à la peau blanche et aux idées noires.

 

Gérard DS

 

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 18:38

La Belgique a un gouvernement démissionnaire. En Belgique, on dit d’un gouvernement démissionnaire qu’il est « en affaires courantes ». Un gouvernement en « affaires courantes », en Belgique, il gère comme il peut, il gère menu, il pousse les poussières sous les tapis, recouvre les meubles de housses blanches, répare les fuites d’eau, débouche les égouts, s’occupe de tenir la maison en ordre pour le prochain gouvernement. Mais, en Belgique, nous le savons depuis quelques jours, un gouvernement concierge peut déclarer une guerre et la mener. En Belgique, une guerre est donc une affaire aussi courante que déboucher les égouts ou escamoter la poussière. Quelle chance ont les Libyens que le gouvernement belge en affaires courantes n’ait pas le droit de disposer des ogives nucléaires américaines entreposées sur le territoire belge.


 Votre serviteur en affaires courantes

 


explosionnucleraire.jpg

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 19:51

 

En bon petit soldat lèche queue et maladroit, Peter De Krom, le ministre belge de la Guerre, n’a pu s’empêcher, ce dimanche 20 mars, de se réjouir de l’opération de « stabilisation de la région » menée en Libye. Il n’avait sans doute pas compris que ce qu’il avait entendu dans les cercles étroits des dirigeants de l’OTAN voulait dire « stabilisation des révolutions » agitant l’Afrique du nord et le moyen orient, autrement dit : « arrêt de ces révolutions » point. C’est dangereux des révolutions pour l’OTAN. Imaginez que cela s’étende et donne des idées à d’autres ! D’ailleurs, comme par hasard, les médias occidentaux développent ces jours-ci les analyses des « zones à conflit » de cette région du monde : Egypte, Tunisie, Algérie, Bahrein, Yémen, Syrie, Maroc, Soudan…

 

La « no fly sone » (zone d’exclusion aérienne) décrétée par le Conseil de sécurité des Nations unies a-t-elle à peine commencé par la destruction de blindés libyens au sol et le bombardement d’objectifs terrestres que, sans doute, le monde se rend-il compte que l’on s’est fourré dans une nouvelle aventure délirante. Et monstrueuse. Comme les bombardements « humanitaires » du Kosovo qui ont mis au pouvoir un maffieux de la pire espèce (trafiquant d’organes arrachés des dépouilles de prisonniers serbes assassinés par ses hommes de main).

 

Retenons donc : sta-bi-li-sa-tion. Comme « devoir d’ingérence humanitaire », « frappes chirurgicales » et autres néologismes odieux, « stabilisation » est le nouveau mot d’ordre destiné à tromper.

 YF16-copie-1.jpg

Gérard DE SELYS

 

 

 

 

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 17:38

Conformément à la résolution 1974 des Nations Unies votée en urgence la nuit passée, les forces aériennes américaines, françaises, britanniques et belges ont bombardé dès 15 heures 37, ce samedi 19 mars, les points névralgiques de Manama, capitale du Bahrein et de Riyad, capitale de l’Arabie saoudite. Conformément à la résolution 1974, il s’agit de protéger et soutenir la révolution démocratique Bahreinite harcelée et réprimée dans le sang par les forces du roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa, dont la famille exerce une dictature sans pitié depuis deux siècles, et de forcer l’Arabie Saoudite à retirer les troupes qu’elles avait envoyées le 14 mars à Manama  pour soutenir le régime A-Khalifa. Des navires de guerre Américains, belges et britanniques ciglent en outre vert les côtes yéménites pour soutenir la révolution démocratique durement réprimée par le régime du dictateur Ali Abdullah Saleh. Nous avons appris de source militaire non autorisée qu’un YF16 belge s’est abîmé dans le golfe persique, au large de Manama, après que ses ailes se soient séparées, l’une ayant été assemblée et Flandre et l’autre à Gosselies. Le pilote a pu s’éjecter sans problème, son siège éjectable bruxellois ayant fonctionné à la perfection.

 

Nous apprenons par ailleurs que le diplomate britannique et les huit membres du commando du SAS britannique arrêtés en Libye, alors qu’ils livraient des armes aux forces rebelles, ont été incarcérés à Guantanamo pour négligence et maladresse susceptibles de dévoiler les véritables intentions des puissances occidentales.

 

Enfin, le journaliste mondialement connu et spécialiste du monde arabe, Robert Fisk, est sous enquête judiciaire pour avoir écrit que « La seule chose qui nous intéresse en Libye est le pétrole. Point. On s’en fout pour le reste que les Libyens s’entretuent. »

 

Gérard DE SELYS

 

www.independent.co.uk

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 13:09

 

Il était directeur de l’agence d’approvisionnement de l’Euratom (Communauté européenne de l’énergie atomique, créée en 1957). Il allait chercher parfois du combustible à l’aéroport de Bruxelles et s’asseyait alors sur les conteneurs de plomb contenant de l’uranium. Il s’en vantait. Un jour, il ramena d’Afrique du sud un bloc de penchblende (minerai d’uranium) serti dans un coussin de velours rouge et un petit coffret de bois précieux, beau cadeau du gouvernement (de l’apartheid) à un officiel européen en charge d’achats prometteurs. Tout fier, il plaça ce minerai sur une table bien exposée dans sa maison. Sa famille, comme les amis de passage, s’extasiait devant la fluorescence magique de cette drôle de pierre. Jusqu’au jour où un galopin revint de l’université, où il l’avait emprunté, avec un compteur Geiger (instrument de mesure de rayonnements ionisants). Celui-ci pétarada à la folie devant le bijou verdâtre. Le gamin expliqua à Monsieur le directeur qu’il mettait la santé de sa famille en danger. Monsieur le directeur s’emporta, et affirmant que l’énergie nucléaire était l’avenir de l’humanité, refusa de se défaire de son cadeau. C’est finalement la protection civile, alertée par le sale gamin qui vint chercher le morceau d’avenir de l’humanité. C’est à cette époque-là que l’on construisit les premières centrales nucléaires en Europe. Les dirigeants et responsables d’alors n’étaient pas physiciens. Aujourd’hui non plus d’ailleurs. Ils envisageaient l’avenir de l’humanité en termes d’économie de marché et de réduction de coûts de production (de l’électricité).

Et les accidents ? Quoi, les accidents ? Et les déchets ? Quoi, les déchets ? Et les générations futures ? Quoi les générations futures ?

 

Gérard DE SELYS

 Tihange.jpg

 

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 21:41

  J’étais allé acheter mon journal du jour. En sortant du magasin, je vois une voiture se garer. A la forme de sa calandre, je me dis que ça doit être une Aston Martin comme la Dinky Toys que j’avais reçue à huit ans. Mais je n’en revenais pas, je pensais que ces voitures n’existaient plus que sous forme de rares ancêtres ou de… Dinky Toys entassées dans des boîtes Chicita de brocanteurs. Je m’approche donc du rutilant véhicule couleur « Casino royal » et vais voir ce qui est écrit sur le capot arrière. C’est bien Aston Martin. A ce moment là, un homme, la cinquantaine, sort lentement du bolide, lentement parce que c’est très bas ces machins là et qu’à cinquante ans on n’a plus la souplesse d’un Ken de formule un. Il me toise. Il est vêtu d’un costume croisé haut de gamme. Je suis habillé plus sobrement et porte un bonnet blanc qui me donne l’air de venir d’ailleurs, d’un de ces pays où éclatent des révolutions depuis quelques temps. Il me retoise, comme si j’étais le dernier étron souillant le trottoir. Je lui dit : « excusez-moi, je suis venu voir si c’était vraiment une Aston Martin, j’avais une Dinky Toys… ». Il me retoise encore un coup et me coupe : « vous savez,  pour avoir une voiture pareille, il faut beaucoup travailler, beaucoup  travailler. » Et il me tourne le dos.

 

Renseignement pris, il faut effectivement beaucoup travailler, cette voiture coûte 157.000 €, soit l’équivalent de 6 millions 280 francs belges. Une belle maison. Et elle peut aller jusqu’à 305 kilomètres à l’heure. Une belle vitesse ! Il faut sans doute beaucoup travailler pour payer les amendes pour excès de vitesse. La moitié des accidents graves sont provoqués par des excès de vitesse. Il faut beaucoup travailler pour provoquer des accidents graves. J’étais un peu désolé des propos de ce monsieur qui a beaucoup travaillé pour s’acheter une belle voiture qui en jette et dont la vitesse jette les autres au fossé. Il n’a jamais envisagé, dans son abyssale vacuité cérébrale, que la plupart travaillent d’arrache-pied sans pouvoir se payer de voiture,  et qu’il arrive à des attardés comme moi de ne plus vouloir de voiture. Par respect pour les générations futures. Entre autres raisons.

 

Gérard DE SELYS

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 23:27

L-origine-du-monde.jpg« 135 nouvelles manière de tuer vos ennemis. » « Enorme massacre orchestré de main de maître. » « Les points (…) sont multipliés en fonction de votre dextérité à faire mal.» « Enflammez vos ennemis, il vous suffira de quelques balles pour les achever. » « Ne vous contentez pas de la simple balle dans la tête, essayez de varier les armes (…) vous en serez largement récompensé. »

 

J’ai trouvé ça dans mon quotidien belge « favori » aujourd’hui. Oui, oui. Abondamment illustré et titré « Le manuel du savoir flinguer », un article de plus d’une page, vante les mérites d’un nouveau jeu vidéo ; « exemple qui mérite d’être suivi » se pâme le journaliste en conclusion.

 

Excusez-moi. Je ne comprends pas. Comment, alors qu’un « réseau social » censure « L’origine du monde » de Gustave Courbet, comment peut-on publier des horreurs pareilles ? Ce n’est pas un appel au meurtre, c’est vrai, c’est un appel au jeu. Pas grave, les jeux. C’est bien de jouer. Surtout si c’est sur une planète lointaine et qu’il faut éliminer les « sauvages locaux ».

 

Alors, dans sa petite tête de piaf, le joueur se défoule. Et la frontière entre le défouloir et la réalité s’estompe. Et le joueur, un jour, se défoule pour du vrai. Sur sa femme, sur ses enfants, sur ses voisins, sur l’automobiliste qui a osé encombrer sa route, sur les « sauvages » venus d’aillleurs.

 

A ce manuel du savoir flinguer, j’oppose, c’est vrai d’une toute petite voix, un bête manuel du savoir vivre. Voire du savoir aimer.

 

Gérard de Sélys

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 15:49

Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, OTAN, Union européenne, autant de pays et d'organisations qui étaient restés pratiquement sans voix lors du début des révolutions tunisiennes et égyptiennes. Aujourd'hui, auto-encouragés par leurs médias-aux-bottes, ces pays et organisations menacent d'intervenir militairement contre le régime dictatorial de Kadhafi. Pourquoi? Pour la démocratie?

 

Je vous invite à aller chercher des éléments (effrayants) de réponse sur le lien:

http://michelcollon.info/Libye-revolte-populaire-guerre.html

 

 Bombardiers-et-democratie.jpg

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 16:53

 

J’habite au bord de la Meuse. Tous les jours, dès l’aube, passent des péniches qui me font voyager alors que je suis assis, là, somnambule, à prendre mon petit déjeuner dans la cuisine. Dès sept heures du matin, arrivent sur la rive d’en face, les ouvriers du chantier de construction du futur réseau de récolte des eaux usées de Namur. Ils courent, marchent, creusent, comblent, recreusent plus loin, couchent d’énormes tuyaux rouges dans de profondes tranchées. Comme ils sont coiffés de leur casque obligatoire, de loin ils ressemblent à des Playmobil. On ne voit d’abord que les casques mobiles dans l’obscurité matinale, on distingue progressivement leurs mouvements, puis leurs corps avec l’arrivée de la lumière. Ils s’engouffrent dans d’énormes trous, manient de grandes pelleteuses, soudent, tirent avec peine de lourds câbles et manient inlassablement pelles, marteaux et barres à mine.

 

Ce matin, les voyant une fois de plus débarquer dans le froid, je me suis demandé si leurs proches, leurs femmes et leurs enfants, savaient ce qu’ils faisaient. Savaient si leur travail était facile, ou difficile dans le gel ou sous la pluie, ou joyeux parce que les jours allongent, que les bourgeons s’ouvrent et que les pissenlits fleurissent ? Et je me disais que non, personne ne sait vraiment ce qu’ils font, comment ils sont et ce qu’ils ressentent sous leurs casques. Et je me disais qu’une partie de leur vie était un mystère. Qu’ils n’en parlaient pas ou très peu autour d’eux. Comment raconter avec fierté qu’on a pataugé dans la boue pendant huit heures ? Comment décrire la frayeur qu’on a ressenti lors de sa chute dans une tranchée ? Comment raconter les heures d’ennuis dans un bureau ? Comment faire partager l’humiliation infligée par un chef ? Comment dire les petites joies d’une journée banale ? Comment se plaindre du dos après avoir soulevé trois tonnes de marchandises du tapis d’une caisse enregistreuse ?

 

Les travailleurs ne vendent pas seulement leur force de travail. Ils vendent aussi une partie de leur vie au silence et à l’oubli. Et j’ai rêvé. Rêvé que, comme l’instituteur Roberto Benigni lâchant une vingtaine d’enfants dans une immense raffinerie de pétrole pour qu’ils y rencontrent leurs pères dans le film Chiedo asilo (Pipicacadodo en français), femmes, hommes et enfants pourraient voir leurs parents au travail, sur leur lieu de travail, découvrir leur conditions de travail, découvrir ce qu’ils sont pendant la plus grande partie de leur vie éveillée. J’ai rêvé que les petits Playmobil de l’autre côté du fleuve seraient enfin reconnus, sous leurs casques, comme des êtres humains.

 

Gérard DE SELYS

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 14:56

Les beaux esprits et les puissants qui prétendent nous affamer sortent la grosse artillerie. Pas une semaine sans nouvelles tentatives de nous préparer à la saignée.


Travailleurs, citoyens, chômeurs, pensionnés, soyez courageux, et responsables. Vous avez déjà pris la crise de plein fouet ? Tant mieux, ça vous endurcit. Car demain il vous faudra faire d’autres sacrifices. Il en va de notre «trajectoire budgétaire» (sic), de "l'orthodoxie budgétaire" (sic, sic), de la «confiance des investisseurs internationaux» (re-sic), de «l’assainissement des finances publiques», de la «compétitivité de nos entreprises»,  de la «confiance des marchés», de l’avenir de vos pensions, etc., etc. Un langage éculé, mille fois répété, une «propagande du quotidien» martelée ad nauseam.

Le 16 février dernier, c’est Guy Quaden, le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, qui se fendait d’une banderille sans équivoque à l’occasion de la présentation du rapport de la BNB. Résumons le propos : Monsieur le Baron préconise pour notre bien à tous un serrage de ceinture généralisé. Avec la bénédiction d’un monde patronal en liesse, il presse les politiques d’«annoncer un programme économique et budgétaire» permettant, pour «assainir», de faire «les économies nécessaires». Bien entendu, il les exhorte également à «s’abstenir d’alourdir encore les prélèvements sur le travail». Si possible, il faudra en outre augmenter au passage quelques taxes à la consommation, relever l’âge de la pension, travailler plus et plus longtemps, et sans doute mettre à mal notre système de retraite légale. En un mot : hors l’austérité, point de salut !

Mais ce n’est pas tout : Guy Quaden, sous les vivats de la FEB, d’Agoria et du Syndicat neutre des indépendants, se fait sans surprise l’écho de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français Nicolas Sarkozy, qui ont récemment exprimé leur volonté de supprimer le système d’indexation qui existe encore dans certains Etats d’un autre âge, au nom d’un «pacte de compétitivité» européen. Rebelote : il s’agit bien évidemment d’étendre aux 27 pays de l’Union des politiques d’austérité et de régression sociale – report de l’âge du départ à la retraite, coupe dans les dépenses sociales, attaque en règle des services publics, des salaires, etc.

Voilà donc une énième tentative de supprimer ou, à tout le moins, de détricoter l’index, après celle – jusqu’ici avortée, grâce au «non!» retentissant des travailleurs – des représentants du patronat dans le cadre des négociations autour du projet d’Accord interprofessionnel.

Le 20 février, Jean-Claude Trichet, Empereur de la Banque centrale européenne (BCE), en remettait très subtilement une couche pour ne pas être en reste : gare à toute augmentation salariale ! Ce serait, selon lui, «la dernière bêtise à faire».

Si nous n’étions pas à ce point habitués à leur arrogance, nous serions tout bonnement abasourdis devant le cynisme, l’indécence et la veulerie de ces brillants esprits. Car enfin : alors que les intérêts privés qu’ils représentent nous ont fait, nous font payer LEUR crise en toute impunité, alors que ces intérêts privés renouent avec des bénéfices, des salaires et des bonus stratosphériques tout en faisant les poches à la collectivité, les revoilà à l’offensive pour nous mettre sur la paille et démolir l’un après l’autre les mécanismes et les systèmes sociaux qui, depuis des décennies, nous protègent tant bien que mal de leur rapacité.

Sûr qu’il ne s’agit pas là de «bêtises». Non : ce sont des politiques anti-sociales déterminées et parfaitement coordonnées.

Il va donc nous falloir leur apporter des réponses également coordonnées et déterminées. Soyons clairs, Monsieur le Baron, Monsieur l’Empereur, messieurs les tristes sires du Bel 20 et de la grosse galette : déjà, la colère du monde du travail est grande face à vos pratiques et intentions prédatrices. Déjà, la colère gronde de tant d’injustices répétées, de ces milliards qui vous engraissent en même temps que vous éludez l’impôt, les cotisations sociales, que vous confisquez ce qui devrait revenir à la collectivité (merci les cadeaux fiscaux en tous genres, les intérêts notionnels et autres entourloupes comptables) et que, cerise sur le gâteau, vous traitez d’assistés d’autres que vous-mêmes, notamment des allocataires sociaux condamnés à vaciller entre la précarité et la misère.

Alors sachez que nous n’avons pas l’intention de nous laisser piétiner. Que nous n’avons pas pour vocation la servitude. Sachez que toucher à l’index, à nos salaires, à nos pensions – parmi les plus basses d’Europe ! –, à notre Sécurité sociale, serait, pour le coup, la dernière bêtise à faire. Et que nous la prendrions pour ce qu’elle est : tout simplement une déclaration de guerre. Sachez enfin – mais vous le savez – qu’une oligarchie, cela se renverse.

 

Carte blanche de Nico Cué, dans Le Soir du 7/03/2011.

 Nico Cué, Secrétaire général des Métallurgistes Wallonie-Bruxelles de la FGTB.

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