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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 18:43

O merveilleuse surprise ! Mon quotidien favori, Le Soir, que je vitupère régulièrement, a publié, le 15 avril, douze pages, sans aucune publicité, je souligne, dédiées aux révolutions du monde arabe. Titré en première page « Le Soir du monde arabe et المساء », cet exemplaire restera longtemps dans mes archives. Cinq journalistes de la rédaction bruxelloise, dont la rédactrice en chef Béatrice Delvaux (que je vitupère ect…) ont décidé de consacrer l’essentiel de leur journal aux révolutions arabes en cours après avoir été sur place et demandé à neuf de leurs correspondants dans la région et à l’inaltérablement probe Colette Braeckman de les seconder. L’éditorial se termine par ces mots : « la curiosité et l’ouverture s’imposent comme une urgence envers ces jeunes Arabes qui nous ont donné une leçon. Et nous ont rendu confiance en l’humanité. »

 

Je suis ému de constater que les journalistes du principal quotidien francophone de Belgique aient été à ce point secoués par l’éveil arabe d’aujourd’hui qu’ils aient jugé important d’informer leurs lecteurs des aspects les plus cruciaux de ce qui se passe sur les rives sud et est de la méditerranée et dans la péninsule arabique et, d’une manière évidente, y aient apporté leur soutien.revolution-tunisienne-copie-1.jpg

 

Baudouin Loos, l’un d’entre eux, écrit à propos de la presse tunisienne : « Ainsi par exemple, le quotidien gouvernemental La Presse, qui diffusa pendant 23 ans de dictature des articles qui louaient le régime d’une manière délirante sinon débile, s’est transformé en journal où de vraies informations sont disponibles, y compris sous forme de reportages. Une petite révolution ! » Et je souris dans ma barbe  à l’idée que Le Soir a subi, lui aussi, « une petite révolution ». Certains s’inquiètent d’une osmose possible entre le monde arabe et notre monde, ils n’ont pas tort.

 

Une chose transparaît clairement dans ces douze pages, c’est que les révolutions arabes qui ont éclaté au début de cette année, sont loin d’être terminées et que les peuples en colère qui les ont menées en sont très conscients. (La révolution française a duré dix ans avant d’être récupérée puis anéantie par la classe dominante). Cet aspect-là de ces révolutions est déterminant : elles sont loin d’être terminées. Il y aura encore de nombreuses souffrances, de nombreux rebonds et de nouveaux progrès. Je souhaite que les journalistes du Soir et d’ailleurs se rendent dans ces pays tout le temps que dureront ces révolutions et ne relèguent jamais cette « confiance en l’humanité » dans un coin obscur de leurs pages intérieures.

 

Gérard DE SELYS

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Published by gerardselys
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Feuilly 19/04/2011 08:51


De fait, les peuples arabes nous ont rappelé qu’il était possible de dire « non » et de se révolter. On voudrait que nos propres peuples n’oublient pas la leçon. En effet, ce qui a été dénoncé à
Tunis comme au Caire, c’est la mauvaise répartition des richesses. D’un côté une minorité qui s’enrichit scandaleusement (le clan Ben Ali par exemple) et de l’autre un peuple instruit, souvent
diplômé et sans avenir sur le marché du travail. Quand la fracture sociale devient trop importante, cela casse.

Evidemment nos dirigeants ( à travers leur presse), nous font croire que ces révoltes ne nous concernent pas. Il s’agirait simplement d’abattre quelques dictateurs infréquentables (à qui pourtant
ils rendaient visite il n’y a pas si longtemps ou qu’ils recevaient chez eux en grande pompe) tandis que chez nous règnerait la Démocratie.

Mais quelle Démocratie ? Le monde de l’argent et le capitalisme aveugle est en train de nous étouffer et nos jeunes, pourtant diplômés, se retrouvent eux aussi sans emploi et tirent le diable par
la queue tandis qu’une caste minoritaire s’enrichit honteusement. Il se pourrait donc bien qu’un jour, malgré la mer qui nous sépare et les différences de culture et de religion, le vent de révolte
qui secoue les pays arabes ne se mette à souffler chez nous. Le Soir l’aurait-il compris ?